Le spleen du grand suédois Jay-Jay Johanson se consomme bien le dimanche soir, relax, un verre à la main, avec ou en pensant à un être avec lequel on a des émotions.

Sur scène, le grand blond de 45 ans qui en fait 10 de moins ne bouge pas beaucoup. Les yeux fermés, les deux mains accrochées à son micro sur pied, il chante. Le même lyrisme, la même élégance, le même spleen se retrouvent dans pratiquement toutes ses chansons. Pas nécessairement tristes, seulement émotives.

Ces deux derniers soirs, il n’était accompagné que par le pianiste Erik Jansson (du moins je crois que c’est lui), des enregistrements sur ordi, ainsi que des portraits noirs et blancs projetés sur écran, en arrière-scène, plus grands que nature. Ces gens fixent la caméra sans bouger, ou si peu. Ces modèles volent parfois le show, puisque, enveloppés par la musique et le chant envoutants de Jay-Jay Johanson, ils deviennent le principal aspect captivant du concert, visuellement parlant. Reprenant le concept qu’avait popularisé Andy Warhol dans les années 60 avec sa série de portraits videos, muets, en noir et blanc, qui permettent selon lui à l’âme réelle du sujet de s’échapper du corps et de ses carapaces gestuelles, de dévoiler l’essence de la personne filmée.

Jay Jay Johanson concert montreal 2015

Si la voix de Johanson est tout simplement superbe, il était un peu dommage que si peu de musiciens humains ne l’accompagnent sur scène. Erik Jansson a fait de l’excellent travail à manipuler tous les claviers, mais parfois, entendre des enregistrements de guitare sèche, de flûte laisse de glace. Ça tue beaucoup de la magie du live, et ne permet aucune improvisation.

Au final, malgré ces quelques réserves, c’était un très beau récital, qui a remis sur la carte une des très belles voix des 20 dernières années.

JAY-JAY JOHANSON jouait au Gésù, les 21 et 22 février 2015, dans le cadre de Montréal en lumière.

Consultez le point de vue de mon collègue Karl-Philip Marchand-Giguère qui a quant à lui vu la performance de samedi.

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Nicolas Pelletier

Mélomane invétéré et rédacteur agréé, Nicolas pratique la critique en mode olympique: il parle de tout, tout le temps, depuis 1991. Il a publié 6 000 critiques de disques et concerts dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur-en-chef de 2009 à 2014. Il publie “Les perles rares et grands crus de la musique” en 2013, et devient stratège numérique des radios de Bell Média en 2015, participant au lancement de la marque iHeartRadio au Canada en 2016.