Le visage grimaçant, les veines seyantes dans le front, chaque vers chanté par Jesse Mac Cormack semblait souffrant, en ouverture de la soirée Cat Power, dans un Metropolis encore peu rempli. Le jeune montréalais a pris l’audacieux pari de chanter seul, armé de sa guitare électrique qu’il effleurait à peine, s’offrant de pauses comme pour vraiment montrer au public que lui, était là pour laisser ses tripes sur la scène.

Les gars de son band (deux bassistes et un batteur) se sont joints à lui à la moitié de la deuxième pièce escaladant tranquillement la côte de l’intensité musicale. Bien que plus brouillon, McCormack peut faire penser à un Jeff Buckley ou, plus près de nous, Leif Vollebekk: des chanteurs qui se livrent corps et âme.

Pas évident d’affronter une foule pas spécialement venue pour te voir, dans une salle aussi grande que le Metropolis. Encore moins évident d’essayer de la séduire et de garder son attention avec des moments qui sont soit intimistes ou rock bruyant. Visiblement frustré par les feedbacks fréquents dans ses moniteurs, Mac Cormack s’en est un peu pros à sa guitare acoustique durant un morceau, arrachant une corde. Hormis ces petits pépins techniques, il a tout de même pu étaler son habilité sur la 6-cordes, dans un style viscéral à la Daniel Lanois, en plus nerveux.

JESSE MAC CORMACK LIVE

Un morceau avec 3 basses!

Jesse Mac Cormack nous a laissés sur un high, avec une pièce jouée avec trois basses! Il est capable de créer des grooves viscéraux, une intensité brute… À découvrir si vous aimez le genre.

JESSE MAC CORMACK chantait le mercredi 29 juin 2016, à la Place-des-Arts dans le cadre du Festival international de Jazz de Montréal, en première partie du concert de Cat Power.

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Photos exclusives, Nico Pelletier, RREVERB tous droits réservés 2016

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Nicolas Pelletier
Fondateur et rédacteur en chef
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Mélomane invétéré et rédacteur agréé, Nicolas pratique la critique en mode olympique: il parle de tout, tout le temps, depuis 1991. Il a publié 4 500 critiques de disques et concerts dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur en chef de 2009 à 2014. Nicolas a publié "Les perles rares et les grands crus de la musique" en janvier 2013, un ouvrage de 1250 pages en deux tomes.