Cette fois, le géant Jimi Hendrix réussit un album double des plus complets. Le chef d’œuvre de sa brève carrière. Riche en blues longs et langoureux (Still Raining, Still Dreaming), en psychédélisme (And The Gods Made Love en intro, 1983 – A Merman I Should Turn to be et Moon Turn the Tides) qui témoignent de son plaisir à jouer en studio et en forts singles (Come on – part 1, Crosstown Traffic et le All Along the Watchtower, une reprise de Dylan complètement renouvelée et réussie).

 

C’est aussi sur « Electric Ladyland » qu’on découvre l’excellent chanteur soul qu’était Hendrix. Sur Have You Ever Been to Electric Ladyland, c’est bien plus près des artistes Motown que de Led Zep qu’il se situe. Sur Hot Summer Nights, c’est Jimi lui-même qui chante toutes les pistes de voix, créant un effet gospel qu’on ne lui connaissait pas. Dès sa sortie – fort attendue à l’époque – l’album est salué comme étant « de toute beauté » et « en avance sur son temps ».

Et que dire de la photo intérieure regroupant une horde de femmes nues, tenant les albums précédents d’Hendrix?

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Sa guitare est lourde, présente et savamment touchée par ce maître musical qu’était Jimi Hendrix. « Electric Ladyland » est un plaisir absolu d’un bout à l’autre.

Ce bref documentaire raconte le contexte.

 

Faits peu connus, c’est Linda McCartney qui a pris les photos de la pochette et Hendrix qui joue la plupart des lignes de basse, Noel Redding étant alors occupé avec son propre groupe, Fat Mattress. L’histoire veut que le réalisateur Chas Chandler s’impatiente avec la minutie d’Hendrix, qui reprennait constamment certaines pistes jusqu’à ce qu’elles soient parfaites. Les sessions d’enregistrement sont « bordéliques et désorganisées » alors que plusieurs amis sont présents et jouent avec Hendrix.

 

C’est ainsi que Jack Casady, de Jefferson Airplane et Steve Winwood, de Traffic, se retrouveront à la basse et à l’orgue sur la version de 15 minutes du grandiose Voodoo Chile (Slight Return), qu’on retrouve sur « Electric Ladyland ». Ce sera le seul album d’Hendrix à atteindre le premier rang des palmarès aux États-Unis, il ne se rendra qu’au sixième échelon dans son Angleterre natale.

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JIMI HENDRIX EXPERIENCE
Electric Ladyland
(Reprise, 1968)

-Genre : rock psychédélique
-Dans le même genre que les Rolling Stones, Marvin Gaye

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Nicolas Pelletier
Fondateur et rédacteur en chef
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Mélomane invétéré et rédacteur agréé, Nicolas pratique la critique en mode olympique: il parle de tout, tout le temps, depuis 1991. Il a publié 4 500 critiques de disques et concerts dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur en chef de 2009 à 2014. Nicolas a publié "Les perles rares et les grands crus de la musique" en janvier 2013, un ouvrage de 1250 pages en deux tomes.