Comment ne pas craquer pour la pop jazzy de KAT EDMONSON?

La charmante Texane Kat Edmonson était de passage pour la troisième fois à Montréal. La jeune femme de 31 ans avait attiré une belle foule dans un Club Soda très attentif (en formule cabaret). Décontractée et mélancolique, sa musique est idéale pour un matin pluvieux d’automne. Même si c’était un chaud vendredi soir de début d’été, on n’a pas pu résister aux douces mélodies et à la voix enchanteresse et envoûtante d’Edmonson.

Kat Edmonson venait défendre son troisième album, « The Big Picture », sorti en 2014. Sur cet opus, elle trouve de plus en plus sa voie (et sa voix). Sa première offrande, « Take To The Sky » (2009), était composée essentiellement de standards du jazz et de reprises jazzy de chansons pop et rock. Sur « Way Down Low » (2012), Edmonson a composé sept des 12 chansons. Son nouvel album compte finalement 11 chansons originales aux sensibilités jazz rétro, mais avec un son de plus en plus pop et rock.

On avait ainsi affaire à une artiste qui a beaucoup gagné en maturité et en assurance au cours des dernières années. Son attitude sur scène laissait justement transparaître cela. Elle était très à l’aise et très drôle même. Elle parlait beaucoup, nous racontant la genèse de certaines de ses pièces. En tant qu’interprète, elle véhicule une émotion sincère et authentique. Sa voix est très particulière; son timbre me faisait vaguement penser à Cœur de Pirate. Sinon, sa voix est chaude et avec un beau vibrato, parfait pour les chansons qu’elle interprétait.

Edmonson était accompagnée de trois musiciens, qui se faisaient aussi discrets que le chant parfois murmuré de l’artiste principale. On sentait une belle cohésion entre les quatre, fruit d’une tournée qui est bien entamée. L’apport de chaque musicien était important, ce qui a donné de superbes versions de You Can’t Break My Heart, Oh My Love et Rainy Day Woman. La douce mélancolie de Hopelessly Blue est déchirante. Sa reprise de Just Like Heaven, du groupe anglais The Cure, est vraiment craquante. Kat Edmonson en fait une délicate chanson d’amour à laquelle il est bien difficile de résister. Il ne manquait plus que l’écho de la pluie…

Réagissez à cet article / Comment this article

commentaires / comments

About The Author

Benoit Bergeron
Blogueur - RREVERB
Google+

Curieux de nature, Benoit est un boulimique musical qui consomme de presque tous les genres. Du punk au classique, en passant par le folk, le psychédélique et le rockabilly, il sait apprécier les subtilités propres à chacun de ces courants musicaux. À travers des centaines d'heures d'écoute et de lecture de biographies, il tente de découvrir les motivations et les secrets derrière les plus grands albums et les œuvres grandioses des derniers siècles. Il parcourt aussi les salles de spectacle de Montréal, à la recherche de vibrations directes.