Nos amis Français chez LONGUEUR D’ONDES ont publié un papier sur les récentes FrancoFolies de Montréal. Les meilleurs et moins bons moments, selon eux. Voici les Francos de Montréal vues par Serge Beyer!

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CARTE D’IDENTITÉ : Les FrancoFolies de Montréal, www.francofolies.com société sans but lucratif, crée par Alain Simard, Guy Latraverse, et Jean-Louis Foulquier, restent le plus grand événement de chanson d’expression française au monde. Elles s’installent dans le centre-ville et son « Quartier des spectacles ». Un peu comme si Paris coupait ses Champs-Elysées pour y installer d’immenses scène gratuites !

MÉTÉO : Pourrie pour le départ, hot ensuite !

LES PLUS : Cette 26ème édition a attiré un bon nombre de festivaliers anglophones et une belle couverture de presse en langue anglaise.

LES MOINS : La pluie qui a lapidé certains spectacles.

DU FLAIR : Il y a plus de 3 ans, les Francos invitaient Stromae avant même que sorte son premier hit… Cette année il remplit deux Centre Bell www.centrebell.ca (soit 22 000 personnes). Stromae, qui a lui-même choisi Karim Ouellet pour faire ses premières parties ici et en Europe, parce qu’il l’avait découvert sur une scène extérieure des Francos lors de son passage en 2011 !

STROMAE crédit: Frédérique Ménard-Aubin (Spectra)

STROMAE
crédit: Frédérique Ménard-Aubin (Spectra)

CREATIONS : Parce que les Francos ont soutenu Malajube depuis ses débuts, elles ont investi dans Fontarabie, le nouveau projet du chanteur-guitariste du groupe, Julien Mineau. Elles participent aussi à la création de spectacles qui ne pourraient exister ailleurs et autrement, comme « Fioritudes » autour de Serge Fiori (Harmonuim), Pierre Lapointe en show intime et unique au Musée Grévin ou « La symphonie rapaillée », l’œuvre du poète Gaston Miron métamorphosée par Blair Thompson aux arrangements musicaux, avec Louis-Jean Cormier et Martin Léon à la direction artistique. Et, bien sûr, la formule « Chaque soir un événement spécial » sur la Place des Festivals.

ESPOIRS : On A Créé Un Monstre, bon rock franco avec deux chanteurs, Jacquemort quintette mélodique à deux synthés, Louis-Philippe Gingras folk en dessous, rock en dessus, Tex Lecor sort de ce corps !

BOF : Tout un plat autour de Le Couleur, du disco 80′s assez fade, ça vaut vraiment le coup ? Tout comme le foin autour de Plaza Francia : oui la musique tango-électro est nickel, classe, oui Catherine Ringer chante toujours aussi bien, c’est vrai. Mais on dirait qu’elle tourne dans une tragédie ; ça sonne faux, rien ne dépasse. Seuls moments où le spontané reprend le dessus : la reprise du « Libertango » de Grace Jones et l’inexorable « Marcia Baila ». Bref, quand elle ne chante pas en espagnol.

VOIX EHÉRÉES, LE CONCOURS : Depuis Karkwa qui avait lancé le style, c’est la grande mode montréalaise. Et les gagnants 2014 sont : Monogrenade tout en tensions et ruptures, et Julien Mineau (de Malajube ) avec son projet « Fontarabie », qui propose une symphonie-rock d’excellente facture.

SUCCÉS D’ESTIME : La Maison Tellier, évoquant les chants indiens par moment, Barcella se démenant comme un diable, Navet Confit pourtant bien énergique, n’ont pas attiré les foules espérées pour cause de collision horaire avec d’autres méga-shows gratuits.

DÉCOUVERTE : Antoine Corriveau au look dandy-cowboy pourrait bien prendre la relève d’un sombre Jean Leloup.

COUP DOUBLE : Le lendemain de son grand soir gratuit sur une Place des Festivals dense et surexcitée, pour présenter son « Punkt », (en tenue de cycliste flyé) Pierre Lapointe était en concert intime au Musée Grévin en complet coloré et classe. Tout son répertoire est réorchestré pour quatre guitares sèches et autres parcimonieux instruments. Il reprend aussi Françoise Hardy, Beau Dommage et… Céline Dion ! Un homme détonnant s’il en est…

Pour le fun, retenons ses propos pour le moins originaux entre les chansons : « Ca fait sept ans que je n’ai pas éjaculé, c’est bien trop dégueulasse ! »… « Je vous propose de faire un grand gang bang de tendresse »…

LE DUO : Justement, Pierre Lapointe invitant -M- pour un « Nostalgic du cool » à la guitare sèche, avec solo de kazoo à rendre Zaz jalouse…

NAUFRAGE PATHÉTIQUE : Une fois de plus cramé sur scène, Rachid Taha lit les textes de ses chansons, n’arrive pas à rebrancher son micro, perd le rythme, harangue le public (clairsemé d’ailleurs) se moque de la tenue vestimentaire d’Akim, l’un de ses musiciens qui assure pourtant les voix et le show à sa place, comblant ses lacunes… bref, la tournée de trop ?

UNIQUE : Frànçois & the Atlas Mountains propose un show épatant. Quatre excellents musiciens (dont deux batteurs) et un leader sans arrêt en mouvement, chorégraphiant son corps (quand il n’est pas aux claviers et à la guitare) au rythme d’une élégante pop-rock.

LA PETITE PHRASE : « Tous les six mois les médias nous balancent un sondage qui dit que le Québec indépendant c’est inutile, c’est fini… Eh bien non ! Il faut résister, il faut tenir debout ! » Loco Locass plus revendicatif que jamais, et écœuré des dernières élections poursuit : « Nous voulons une constitution basée sur la volonté du peuple ! »

TIERCÉ GAGNANT : En troisième position trois Acadiennes : Les Hay Babies (gagnantes du concours Francouvertes en 2013) qui reviennent cette année avec un « full band » qui étoffe magistralement leur folk-trad énervé. Elles dépoussièrent le style et charment le public en emmenant un univers nouveau. (Notons Philippe Brach gagnant des Francouvertes cette année, qui assure la première partie avec panache.)

LES HAY BABIES (Crédit: Frédérique Ménard-Aubin)

LES HAY BABIES
(Crédit: Frédérique Ménard-Aubin)

En deux, les Français d’Hippocampe Fou qui proposent un hip-hop « aquatique » intelligent, très bien écrit, loin du bling-bling. La scénographie, bien que millimétrée, est fluide, à l’opposé des déambulations désordonnées et des gesticulations clichés habituels. Si on ajoute une présence incroyable et un dialogue permanent avec le public, on a rarement vu quelque chose d’aussi fin et fun dans ce milieu !
Et sur la première marche les Cargo Culte et leur hip-rock des plus détonants aux textes léchés, revendicatifs ou drôles, saupoudrés de second degré bienvenu. Encore un groupe qui a tout compris : ne pas se prendre pas au sérieux tout en travaillant sérieusement !

CHIFFRES : Depuis leur déménagement en juin (avant c’était en août), les Francos ont connu une augmentation de 54% de leur achalandage et annonce 1,3 million d’entrées sur le site. Une soixantaine de journalistes étrangers et près de 40 médias, 252 494 visites et 1 503 322 pages vues sur francofolies.com, les comptes Facebook et Twitter des FrancoFolies ont récolté 30 000 interactions et plus de 13 millions d’impressions pendant la durée du festival !

L’AN PROCHAIN : 12 juin au 20 juin 2015, la 27ème édition !

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About The Author

Serge Beyer
Collaborateur amical

Le fondateur et directeur du magazine Longueur d'Ondes est avant-tout un inlassable passionné de musique. Depuis 1982, la revue s’est spécialisée dans les scènes émergentes, les artistes autoproduits et essentiellement francophones. Serge visite les festivals de musique québécois depuis plus de 20 ans.