Ils n’ont pas fini de battre fort, ces deux cœurs, visiblement touchés par la foule totalement conquise. Oh oui, du coeur, il y en avait à revendre lors de cette célébration fraternelle des Soeur Boulay, au Théâtre Maisonneuve, pour les Francofolies de Montréal. Une soirée intimiste, émouvante, drôle; plein de petits bouts de vie lancés, en chansons, mais en anecdotes aussi, d’une manière qui est 100% la leur; une spontanéité, une sensibilité incandescente et à fleur de peau, jamais au grand jamais mièvre. J’ai été carrément conquis par le charme complice et oh combien complémentaire des deux artistes. Elles se sont livrées dans la plus grande vérité pour la présentation du matériel de leur second album “4488 de l’amour”. Un disque qui, disons-le, a l’étoffe d’un classique en devenir de la musique québécoise. À voir toute la salle debout, dès les deux derniers morceaux avant les rappels, parler d’un succès retentissant est loin d’être trop fort.

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Photo: Benoit Rousseau

 

Une mise en scène sobre, mais efficace; jeux d’ombrages, petites maisons et ampoules suspendues du plafond. Musicalement sur la “coche”, les deux voix, en harmonie sublime, étaient accompagnées d’un duo de cuivres, et d’un batteur, percussionniste, claviériste sur la plupart des pièces. Elles deux, armées, tour à tour, de multiples instruments: guitares acoustiques et électriques, tambours, piano, etc.

 

Le spectacle s’est ouvert sur la très belle et attendue Les couteaux à beurre. Parmi le répertoire présenté, selon moi, les deux meilleurs morceaux de la soirée; le Ôte moi mon linge de Mélanie “Milou” Boulay, Mmmm, chaud! Et le Prière, aussi, avec Stéphanie Boulay, au piano, très touchante! Elles nous ont même “eu” avec une reprise surprise du Pour que tu m’aimes encore de Céline Dion; puis, ont fait monter un spectateur sur la scène, afin qu’il participe à un morceau! Des pirouettes du genre qui, pour plusieurs artistes, pourraient tomber dans le cliché le plus total mais le tout ici était délicieux et ressenti.

 

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Photo: Benoit Rousseau

 

Quelle chimie authentique et solaire qui est la leur! Un vrai plaisir de les voir vibrer avec autant de douceur, mais, aussi se dévergonder, se dévêtir l’âme, nous faire rire et, surtout, oser l’authenticité brute! Un de mes concerts “coup de coeur” des Francofolies, jusqu’à maintenant! Je manque rarement de surabonder dans les superlatifs; ce soir je n’ai simplement pas envie de chercher d’autres angles techniques, de quérir la “shot” d’analyse pointue. J’ai juste le goût de me fermer les yeux et de me replonger dans ces splendides instants qui m’ont été offerts. De beaux moments, purs et rares qui me rappellent pourquoi j’écoute de la musique, au fond, et la place importante que cette forme d’art prend dans nos vies. Fameux!

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Martin Curadeau
Blogueur - RREVERB

L'écoute d'un disque est un instant privilégié de rencontre avec l'essence même d'un créateur. Maelstrom de sons, myriades d'émotions et petits morceaux d'âmes à l'état brut. Bien que la musique dite émergente (tel le rock indé.) est au centre de ses intérêts, sa curiosité n'a pas de bornes et il ne résiste, pour ainsi dire, à aucun style. Être transporté, chaviré, surpris et envouté par des albums est un rendez-vous quotidien.