Ils sont jeunes, talentueux et bardés de diplômes, mais surtout audacieux et entrepreneurs. Nadia Monczak, violoniste, et Steven Massicotte, pianiste, forment non seulement un duo musical, mais aussi un couple, et ils ont une foule de projets en tête. On pourra les entendre, ce soir et demain, à l’Espace Oliver Jones.

Ils se sont rencontrés sur les bancs d’école, à l’Université de Montréal. Natif de Saint-Eustache, Steven Massicotte a commencé la musique à cinq ans, d’abord dans des cours d’initiation pour enfants en groupe, puis avec les leçons de piano. À l’université, il a étudié avec Jimmy Brière, Marc Durand et Jean Saulnier. Il détient maintenant un doctorat en interprétation de l’Université de Montréal.

Nadia Monczak est née en Pologne, mais sa famille est venue vivre à Montréal alors qu’elle n’avait que huit mois. Depuis, elle n’a pas cessé de voyager, partageant son temps entre le Québec et l’Europe, où elle se produit régulièrement. Son père étant violoniste, Nadia Monczak a commencé l’instrument toute jeune, mais c’est après avoir eu l’occasion de faire de la musique de chambre avec le pianiste Kevin Kenner – lauréat du Concours Chopin de Varsovie 1990, qu’elle a décidé de consacrer sa vie à la musique. Elle avait 17 ans.

« Ça a été un moment décisif. Cette expérience m’avait tellement émue que c’est à ce moment que j’ai décidé que c’était vraiment ce que je voulais faire dans la vie », raconte-t-elle.

nadia monczak violon 2007

Nadia Monczak en 2007

Depuis qu’ils ont terminé leurs études, il y a quelques années, les deux musiciens enchaînent les projets musicaux des deux côtés de l’Atlantique et tentent de gagner leur place au soleil. Il a 29 ans, elle en a 28. Tout récemment, Nadia Monczak a même eu l’occasion de jouer aux côtés du grand violoncelliste Mischa Maisky et le Zakhar Bron Chamber Orchestra, au Festival Interlaken, en Suisse.

La Société de musique Chopin

En 2012, Nadia Monczak fondait la Société de musique Chopin à Montréal, pour diffuser leurs récitals dans différentes salles. Les programmes de leurs concerts tournent souvent autour de thèmes littéraires. En mars dernier, ils donnaient le concert « À la recherche d’un Paris perdu », avec la jeune comédienne Mariana Tayler, qui lisait des extraits de la littérature de Paris des 19e et 20e siècle.

« J’adore lire et faire de la recherche, ainsi qu’établir des liens entre l’histoire, la littérature et la musique, dit Nadia Monczak. Avec les voyages, c’est pour moi une grande passion. Je trouve que faire des liens avec les autres arts et avoir des thèmes pour les concerts peut aider à l’interprétation.»

Pour le concert Mozart et les Russes, le public pourra participer en lisant des lettres de Mozart, dans l’intimité de l’Espace Oliver Jones, une petite salle d’environ 45 places. À l’entracte, tout le monde pourra déguster des chocolats rapportés d’Europe.

En dehors du duo et de ses activités d’enseignement, Steven Massicotte a un projet personnel : il diffuse des leçons de piano sur YouTube. Celles-ci sont axées sur des points techniques ou des œuvres particulières. Depuis un an, il a diffusé quelque 70 capsules vidéo. Si la plus récente porte sur la difficile Étude no 1, op. 10, de Chopin, d’autres portent sur des pièces plus accessibles au commun des mortels. C’est d’ailleurs une capsule sur le célèbre Prélude no 1 en do majeur BWV 846 du Clavier bien tempéré de Jean-Sébastien Bach qui lui a valu le plus de visites sur sa chaîne YouTube.

 

Musiciens entrepreneurs

En 2017, la concurrence est forte entre les jeunes diplômés en musique. D’autre part, le temps où l’on pouvait compter sur un poste permanent dans un orchestre ou une université est un rêve lointain pour les centaines de jeunes musiciens classiques professionnels qui se disputent les rares places disponibles. Pour réussir à vivre de son art, plus question d’attendre que le téléphone sonne. Il faut prendre le taureau par les cornes et lancer ses propres projets. C’est l’ère du musicien entrepreneur, un modèle de carrière qui a toujours existé, mais dont la réalité s’impose plus que jamais.

« Mon père était lui-même entrepreneur de nature, il a toujours mis sur pied des ensembles, des festivals, j’ai eu le bon exemple », dit Nadia Monczak.

Le couple a d’ailleurs suivi une formation spécialisée en affaires et en développement de carrière pour musiciens de calibre international à HEC Montréal, récemment. Ce programme de formation de 45 heures a été conçu par la Fondation Père Lindsay, qui perpétue la mission du regretté fondateur du Festival de Lanaudière, en collaboration avec HEC Montréal.

Pour le concert Mozart et les Russes, le duo interprétera les Sonates pour violon et piano K. 301 et K. 304, de Mozart ainsi que la Sonate pour violon et piano no 1 op. 80 de Prokofiev, entre autres.

Mozart et les Russes, Nadia Monczak et Steven Massicotte, 8 avril, 19 h, et 9 avril, 15 h. L’Espace Oliver Jones est situé au 5445, rue de Gaspé, dans le Mile-End.
Leur concert suivant, dédié à Schubert, aura lieu le 17 mai, 19 h, aux Pianos Bolduc, à Montréal.
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Caroline Rodgers
Blogueuse - RREVERB

Caroline a été foudroyée par la musique à l’âge de quatre ans en regardant un pianiste jouer dans un mariage. Par la suite, elle a consacré des années à apprendre cet instrument mais son talent sur le clavier aux touches noires et blanches étant limité, elle s’est tournée vers le clavier d’ordinateur en devenant journaliste. Si les classiques intemporels des grands compositeurs la font vibrer, elle n’est pas pour autant insensible aux charmes de la chanson francophone, du rock, du trad, du folk et leurs multiples déclinaisons.