Aujourd’hui, je vous propose un nouvel article basé sur les recherches du public sur le populaire engin de recherche Google. Je me suis servi de l’outil « Trends » pour établir la courbe d’intérêt du public (souvent américain) envers différents groupes et artistes qui ont connu des hauts et des bas au cours des 10 dernières années. Il y a quelques semaines, j’avais comparé la popularité des stars féminines de la pop comme Rihanna, Shakira et Miley Cyrus au fil des ans (cliquez ici).

M– USE – la muse s’est-elle échappée?

On débute avec le trio britannique M– USE qui vient de sortir l’album « Drones », qui n’a pas eu la reconnaissance souhaitée, certainement pas à la hauteur de l’immense succès de « The Resistance » et de la tournée qui s’en est suivi.

Le graphique est assez clair… Malheureusement pour Matthew Bellamy et sa bande, l’intérêt pour le mot « Muse » sur Google n’a jamais été aussi fort qu’en septembre 2009, à la sortie de « The Resistance » justement, jusqu’aux 12 mois suivants. En octobre 2012, petit peak pour la sortie de l’album « The 2nd Law », bien moins haut, mais quand même supérieur aux deux petites hausses d’intérêt en 2015 que l’on voit à l’extrême droite du graphique : en mars, le single Dead Inside et en juin, le 7e album du groupe, « Drones ».

Certes, le groupe continue à remplir de grandes salles et à livrer des concerts grandioses. Mais à quel point se fieront-ils dorénavant sur leurs vieux succès? Réussiront-ils à remonter la pente? L’avenir nous le dira.

U2 – une dernière hausse d’intérêt… négatif!

Le groupe irlandais U2 roule sa bosse depuis 1976, ce qui en fait l’une des formations demeurée intactes, les plus durables de l’histoire du rock. Bono, The Edge, Adam Clayton et Larry Mullen Jr ont été les seuls membres du groupe, du jour 1 jusqu’au moment d’écrire ces lignes, ce qui est un exploit en soi. Mais si U2 a connu du succès tout au long de sa longue et riche carrière, les 10 dernières années ont visiblement été les plus difficiles du quatuor. Google Trends l’illustre.

Le dernier « peak » sur Google concernant U2 date du 9 septembre 2014, moment où le plus récent album « Songs of Innocence » a été lancé. Ce n’est pas tant les chansons qui ont causé cette hausse d’intérêt, mais le fait que iTunes a installé gratuitement (mais sans le demander) le nouvel opus sur tous les iPhones et ordinateurs Apple sur le marché, instantanément.

Des millions de clients se sont plaints à la compagnie de ne plus être capables de retirer les chansons de leurs appareils, en plus de semer des doutes éthiques sur le contrôle qu’a la compagnie sur lesdits appareils. Un coup pour l’orgueil des musiciens, il va sans dire.

 

Leurs précédents peaks ont eu lieu à la sortie de l’album « No Line on the Horizon », en février 2009, généralement bien reçu et vendu à 5 millions d’exemplaires (ce qui est peu selon les standards du groupe, mais beaucoup à cette époque). Leur plus gros peak date de l’album précédent « How to Dismantle an Atomic Bomb» en 2004. Le single Vertigo avait été utilisé comme musique dans la publicité du iPod d’Apple. La tournée suivant le lancement fut un immense succès, de laquelle fut tirée le film « U2 3D ».

LA ROUX – Victimes de la pression du 2e album?

La pression du 2e album. Plusieurs artistes ayant connu un grand succès avec leur tout premier opus sentent soudainement une grande pression à poursuivre leur œuvre au même niveau… mais les attentes sont cette fois bien plus élevées.

Parlez-en à Elly Jackson, alias La Roux. La demoiselle de 21 ans et son acolyte musicien Ben Langmaid marquent un grand coup en 2009 avec leur album éponyme et la multitude de tubes qu’il contient : In For The Kill, Bulletproof, Quicksand, I’m Not Your Toy, Fascination… Ils remportent le prix Grammy du meilleur album Electronic/Dance et sont au comble du bonheur.

 

  Mais le second opus, « Trouble in Paradise », lancé par Jackson dorénavant seule n’est pas à la hauteur. Peu de grandes chansons, premièrement, ni de buzz. Le graphique de Google Trends est assez cruel et sans équivoque. On verra si elle s’en remettra. On a aussi hâte de voir comment la jeune Lorde répondra au méga-succès de « Pure Heroine »…

INTERPOL – Moins recherchés qu’avant…

Le groupe new-yorkais Interpol était l’un des plus cools des années 2005 à 2007, avec la parution de leurs albums « Antics » (chez Matador Records) puis « Our Love To Admire » (sur la major Capitol Records), qui les faisait enfin émerger chez le grand public et jouer dans les grands festivals, comme Lollapallozza et Osheaga.

Paul Banks sortira un album solo en 2009 sous le nom Julian Plenti et dès 2010, avec la sortie de leur 4e album, éponyme, de retour chez Matador Records et le départ de leur bassiste des débuts, Carlos Dengler, l’intérêt pour le groupe n’est plus ce qu’il était. Interpol devait faire la première partie des 18 méga concerts aux États-Unis de la tournée 360º de U2, mais seulement 3 eurent lieu avant que Bono ne se blesse au dos et que la tournée soit cancellée. Tsé, quand ça va mal…

 

Espérons que ces quatre grands groupes pourront revirer la situation dans les prochaines années et redevenir les artistes influents qu’ils ont déjà été. C’est ce qu’on leur souhaite. C’est ce qu’on nous souhaite.

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Nicolas Pelletier

Mélomane invétéré plongeant dans tous les genres et époques, Nicolas Pelletier a publié 6 000 critiques de disques et concerts depuis 1991, dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur en chef de 2009 à 2014. Il publie "Les perles rares et grands crus de la musique" en 2013, lance le site RREVERB en 2014, et devient stratège numérique des radios de Bell Média en 2015, participant au lancement de la marque iHeartRadio au Canada en 2016. Il dirige maintenant la stratégie numérique d'ICI Musique, la radio musicale de Radio-Canada.