Ça fait déjà 10 ans que le festival Osheaga fait partie de nos incontournables estival… Si le tout a débuté avec une programmation franchement plus alternative (rappelons nous que feu Sonic Youth était à toutes fins pratiques en tête d’affiche de la première édition), Osheaga 2015 présente aujourd’hui une programmation qui ratisse beaucoup plus large. Et le succès est au rendez-vous: le samedi affiche encore une fois complet, et il y a fort à parier que les autres journées feront de même. Si les “headliners” permettent des ventes aussi intenses, il reste tout de même quelques perles un peu “champ gauche” bien cachées sur l’affiche, qui feront que je braverai une fois de plus les 40 000 personnes pour revenir les poumons bien encrassés de poussière.

Vendredi:

Run The Jewels (15h25)
Le duo hip hip est en ascension constante vers le sommet depuis un peu plus d’un an, et pour cause. Ce sera enfin l’occasion de voir Killer Mike et El-P sur scène. Pour tous ceux qui n’auront pas la chance de se laisser porter par leur performance de la soirée précédente au Club Soda, ce sera un excellent prix de consolation.

The Kills (16h55)
Le duo ayant pris sa plus longue pause à vie et Alison Mosshart s’apprêtant à être une nouvelle fois de l’aventure Dead Weather dans les prochains mois, ce sera une rare occasion de renouer avec eux et l’incroyable présence scénique de deux bêtes de scène dont la réputation n’est plus à faire.

Thurston Moore (19h15)
Mon obsession pour l’ex emblême de Sonic Youth est fort documentée, mais il est indubitable que les deux derniers albums lui ont permis de finalement de détacher du passé de son groupe (et malheureusement de sa relation) pour assumer pleinement sa vision musicale. À voir pour le simple plaisir de découvrir comment les versions studio feront place à l’improvisation scénique.

Aussi à considérer le vendredi:
Stars (ils viennent tellement souvent que ce n’est même plus drôle, mais une performance intégrale de l’iconique Set Yourself On Fire est une proposition plutôt irrésistible);
Viet Cong (Le groupe canadien formé sur les cendres de Women a déplacé des montagnes avec la parution indépendante de son premier album).

Samedi 

Seoul (14h50)
Le premier album du montréalais vient de paraitre et pourrait bien devenir la trame sonore d’été de facto de tous ceux qui se donneront la peine de tourner le vinyle. Non seulement parfaitement approprié pour donner le ton sur une plus petite scène dans le cadre d’un début d’après-midi au soleil, mais aussi une façon enfin appropriée de rentabiliser le tristement célèbre stade olympique avec sa pochette.

Desaparecidos (19h15)
Personne ne s’attendait à un retour du projet punk de Conor Oberst (Bright Eyes) après un seul album et une décennie d’inactivité, mais c’est avec tous les membres originaux et une colère en bonne et due forme (sur Epitaph, rien de moins) que le projet est de retour. De quoi se défouler, mais aussi réfléchir si on lui porte l’attention méritée.

Kendrick Lamar (21h20)
Celui-ci se passe de présentation… Il a fait paraitre un opus magistral ce qui sera fort incontestablement l’album de l’année, il a le backing band le plus versatile du hip hop à l’heure actuelle et son flow est tout simplement aussi inimitable que savoureux. Sans contredit celui qui attirera la plus grosse foule du festival pour un 90 minutes qui promet d’être mémorable.

Aussi à considérer le samedi:

Weezer (pas le choix, juste par nostalgie, et parce que le dernier passage du groupe fut un party digne de ce qui devrait être une performance de festival);
Interpol (je me suis promis depuis longtemps déjà ne manquer aucun de leur passages à vie);
Nas (parce qu’il était temps).

Dimanche

The War On Drugs (17h20)
Près d’un an et demie depuis la parution de l’incontournable Lost In The Dream, celui-ci n’est toujours pas prêt de quitter ma rotation continue. Qui plus est, le groupe n’est toujours pas venu défendre son opus en sol montréalais, Ottawa étant le plus proche de la portion nord-américaine précédente de la tournée. Et pour avoir fait le détour, je peux vous dire que nous n’avez aucune raison de manquer les versions plus maitrisées que jamais où l’ambiant laisse toute la place à la force de frappe d’un rock assumé.

Tyler, The Creator (21h30)
Le hip hop est définitivement parmi l’échelon supérieur de l’offre de cette année et Tyler, The Creator sera aussi un incontournable. Mettez votre grill pour pleinement assumer les beats, mais surtout prenez le temps d’écouter toutes les subtilités de l’excellent dernier album.

Et finalement, le dimanche aussi:
Alt-J (c’est l’été après tout);
Philip Selway (le batteur de Radiohead trace de plus en plus son chemin dans un folk assumé);
Black Keys (NON, c’est une blague, si vous n’avez pas encore réussi à les voir à ce point-ci, il serait peut-être temps que vous sortiez de chez vous).

Pour connaitre l’horaire complet et vous procurez des billets, rendez vous sur le site officiel de Osheaga. Surtout, bon festival!

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Karl-Philip Marchand Giguère

Obsessif compulsif qui classe ses albums d’abord en ordre alphabétique d’artistes, puis de parutions (avec les simples sous les albums, question de confondre encore davantage les gens qui le visitent), Karl-Philip oeuvre dans l’industrie depuis plus d’une décennie. Il a touché à tout: maisons de disques, gestion de salles de spectacle et rédaction professionnelle pour de nombreux artistes. Il assiste à de nombreux shows lorsqu’il n’est pas désespérément en train d’essayer de faire de la place dans sa bibliothèque musicale.