Osheaga, c’est bien sûr un festival de musique. Mais c’est surtout un festival rassembleur. Plein d’amis y sont, plein de collègues ou de confrères y sont, on se croise, on se présente, on jase… On y voit des amis qu’on ne voit pas assez souvent, on savoure un bon concert, oui, mais on est surtout en train d’apprécier d’être ensemble.

Osheaga entre amis

Osheaga entre amis (photos Tim Snow)

Cette année, il y a aussi beaucoup de nouveautés fort intéressantes pour distraire le public – toujours constitué de jeunes gens d’à peine 20 ans pour la très grande majorité. Un jeu d’eau permet de danser entre les jets qui émergent du sol, des structures artistiques (ou commerciales) pour faire des selfies à profusion, et même un manège! Je dois souligner l’originalité de certains commanditaires qui s’efforcent à offrir une expérience unique aux fans d’Osheaga – qui peuvent être rapidement blasés. Une chambre d’hôtel éphémère, les grosses lunettes soleil « peace », le cœur des amoureux, la serre… C’est très bien fait, et, mieux encore, c’est fréquenté par beaucoup de monde, ce qui, au final, est l’objectif des marques qui investissent de fortes sommes dans la commandite d’Osheaga.

Grosses lunettes

Grosses lunettes (photo Pierre Bourgault)

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On dessine (photo Nico Pelletier)

Bien sûr, j’ai vu quelques concerts en ce vendredi, premier jour et soir d’Osheaga. Plein! De très bons comme WOLF PARADE, qui se sont réellement défoncés sur scène, suant à grosses gouttes. Spencer Krug et Dan Boeckner étaient ruisselants! Très dynamique, le band de Montréal a présenté plusieurs nouvelles chansons de son plus récent EP éponyme, et quelques « classiques » de leur répertoire. Très apprécié par les fans!

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Wolf Parade (photo Tim Snow)

D’autres concerts furent sympathiques, comme HALF MOON RUN, peut-être un peu trop doux pour ce début de soirée, sur la grande scène. C’est génial de constater la progression de la popularité de cet excellent trio, aussi de Montréal, depuis leur première présence en 2012. THE LUMINEERS, un groupe folk rock qui jouait avant Red Hot Chili Peppers a aussi donné une bonne prestation, un peu dans le genre des Bears of Legend aux Festival de Jazz il y a quelques semaines. Ce genre de groupe aux arrangements riches, et aux moments doux puis intenses est intéressant à entendre sur une grande scène extérieure. J’ai entre-aperçu les Britanniques de OH WONDER, de loin, car une immense foule s’était déjà massée devant la scène de la Vallée.

Half Moon Run

Half Moon Run (photo Pat Beaudry)

D’autres peu mémorables, comme DEAR ROUGE, qui fait un power pop un peu trop télégraphié. La chanteuse Danielle McTaggart a fait d’excellentes poses pour les photographes. Pas impressionné par WHITE LUNG non plus. Ça m’a semblé plutôt brouillon, criard.

Dear Rouge

Dear Rouge (photo Pierre Bourgault)

Mais ce que j’ai surtout apprécié est le fait d’avoir pu rencontrer de nouvelles personnes passionnantes, des amis que je n’avais pas vus depuis trop longtemps. Un gars très sympa m’a dit qu’il avait consulté mon guide à Osheaga juste avant de venir au festival, et ça m’a vraiment touché. C’est le fun de sentir que notre travail est apprécié! L’un me parle de son nouveau projet, l’autre de son nouveau chien, un autre de sa fille de 7 ans, avec passion, avec amour. Prendre des nouvelles de tout ce beau monde est vraiment nourrissant.

La foule! (photo Tim Snow)

La foule! (photo Tim Snow)

Et, oui, le clou de la soirée était la finale, le show des RED HOT CHILI PEPPERS. Voir ces jeunes skateux californiens à 50 ans est touchant: ils sont encore capables de rocker même s’ils se sont passablement calmés depuis les années 90. Ils sont surtout devenus d’excellents musiciens. Écouter les lignes de basse de Flea est un réel plaisir! Ce gars est en réelle fusion avec son instrument (comme le soulignait l’animateur James Corden dans le fameux Carpool Karaoke) et il fait vraiment ce qu’il veut : slap, mélodies, accords plus bruyants, glissades le long du manche, grimaçant, sautillant, dansant en même temps.

Flea, de RHCP

Flea, de RHCP (photo Pat Beaudry)

Le nouveau guitariste Josh Klinghoffer a vraiment bien paru, chaussant les grands souliers de John Frusciante sur plusieurs classiques du groupe. Il a ajouté de belles harmonies au chant sur Other Side et s’est même permis de reprendre le Chelsea Hotel de Cohen, en solo s’il vous plait! Lui et Flea se sont fait plaisir avec plusieurs courts jams, entre les chansons, sans autre but que de s’amuser sur un riff.

Chad Smith et Anthony Kiedis ont été fidèles à eux-mêmes: une machine rythmique, que dis-je, un train, derrière la batterie alors que le chanteur agrippait son micro à deux mains, maîtrisant chacune des pièces, la voix bien en selle.

Anthony Keidis a par ailleurs donné une entrevue à l’équipe d’iHeart Radio et explique justement comment il gère sa tournée, maintenant qu’il n’a plus 20 ans. Cliquez sur l’image ci-dessous pour l’entendre!

iheartradio anthony kiedis interview

Au niveau visuel, c’était vraiment réussi: projections haut de gamme, large spectre d’effets, mettant en vedette les quatre lascars équitablement. Pas de méga surprises, mais une réussite dans le domaine des concerts de qualité : bien faits et bien sentis.

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Red Hot Chili Peppers (Photo Pat Beaudry)

Pour samedi, j’ai hâte de faire connaissance avec Hiatus Kaiyote, le DJ Fakear, de voir une première fois Kurt Vile sur scène (je ne serai pas le seul…), de jaser avec d’autres amis… et surtout de faire vivre une première expérience d’Osheaga à ma fille de 13 ans qui m’accompagnera! Ça a des chances d’être une belle journée!

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La fontaine (photo Tim Snow)

Consultez nos playlists pour écouter les groupes qui jouent à Osheaga!

La section spéciale Osheaga est ici.

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About The Author

Nicolas Pelletier
Fondateur et rédacteur en chef
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Mélomane invétéré et rédacteur agréé, Nicolas pratique la critique en mode olympique: il parle de tout, tout le temps, depuis 1991. Il a publié 4 500 critiques de disques et concerts dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur en chef de 2009 à 2014. Nicolas a publié "Les perles rares et les grands crus de la musique" en janvier 2013, un ouvrage de 1250 pages en deux tomes.