Tous redoutaient déjà, étaient préparés, ponchos pas loin, etc… C’était su mais, au soleil incandescent qui brillait sur l’irradié Parc Jean-Drapeau, tôt hier après-midi, l’espoir se maintenait. L’optimisme de s’en tirer sans pluie luisait dans les cœurs de la massive foule attroupée pour l’ouverture de l’édition 2017 d’Osheaga. Mais non, Dame Nature a finalement frappé, pas à peu près, et, le déluge a œuvré, ce à maintes reprises, sur nos têtes, toute la journée. Les orages ont aussi chaviré la programmation ici et là.

 

En effet, déjà que Solange avait, en fin de journée jeudi, annoncé son absence pour cause de logistique. Ce fut au tour de Noname et de De La Soul de devoir tristement annuler leur performance. Andy Shauf, de son côté, a vu son concert écourté de la presque totalité, à mon grand désarroi. Le premier orage violent de l’après-midi, vers les 14hXX, a carrément fait stopper les concerts pendant un bon 45 min. BADBADNOTGOOD, les Torontois très attendus, devaient se produire à cette heure-là. Ils ont pu toutefois profiter des annulations et prendre la plage horaire, un peu plus tard, de De La Soul. Ce chamboulement d’horaire m’a cependant fait rater leur performance (je me suis mal renseigné). Maudits soyez-vous nuages, vengeance, un jour, j’aurai!

 

Photo: Tim Snow

 

Température à part, sauf petits inconforts, le reste de la journée (humide) s’est déroulé de manière hautement festive et le nouveau site, érigé pour l’occasion, a tout de même bien fonctionné, sommes toutes et, résisté aux intempéries. J’ai hâte de voir ce qu’il aura l’air aujourd’hui (samedi) et comment le gazon synthétique réagira à une seconde journée de flotte. Mais le brasier allumé par une foule aussi enthousiaste, fêtarde et attisée par d’aussi rayonnants groupes n’est pas si facilement éteint par simple pluie. Nous avons eu droit à des prestations très à la hauteur, qui ne m’ont pas fait regretter une seule seconde la méprisable tyrannie de l’H2O sur la première journée du festival. Voici quelques moments forts:

 

BARNS COURTNEY (Scène de la Rivière – 13:30)

Le Britannique (ayant vécu à Seattle) et sa cohorte aspirent à offrir un rock brut qui s’apparente aux jams de sous-sol, réalisés entre amis. De la bonne guitare crue et un son très rock classique et garage. C’était mon premier contact, en concert, avec cette formation et j’ai été plus que charmé. Barns Courtney s’est présenté unijambiste, comme un seul homme, affublé d’un plâtre à une jambe, “tel un pirate…”, rien de moins! La foule modeste, mais bien présente, de début de journée, était aussi plus qu’enthousiaste. J’attendrai le premier album, à paraître cette année, avec impatience!

 

THE SHINS (Scène de la Montagne – 16:55)

Si vous ne connaissez pas l’excellent groupe du Nouveau-Mexique, The Shins, empressez-vous de mettre la main sur leurs albums. Bien qu’ils ont dû raccourcir un peu leur concert, la formation s’est fait pardonner, avant de nous quitter, avec une reprise inoubliable du “American Girl” de Tom Petty. Le fort sympathique groupe, mené par James Mercer, a offert le meilleur de ses pièces lors de cette courte prestation. Des morceaux du récent “Heartworms” en passant par les pièces phares des albums “Port of Morrow” et “Oh Inverted World!”

 

Photo: Tim Snow

 

CAR SEAT HEADREST (Scène Verte – 17:40)

Premier intense coup de cœur de mon festival! Ceci dit, il faut avouer, en toute transparence, que je suis déjà un admirateur invétéré des vibrations distorsionnées et aigres-douces de Will Toledo et de son Car Seat Headrest. L’album “Teens of Denial” est un des indéclassable bijou “indie rock” des 10 dernières années. Impossible d’être déçu, en concert, par la musclée performance du groupe. On a même pu observer, dans la foule, un homme étrange, en poncho bleu détrempé, entonner avec ferveur quasi mythique tous les morceaux, notamment: Destroyed by Hippie Powers et Drunk Drivers / Killer Whales. Eh ben!

 

BELLE AND SEBASTIAN (Scène de la Vallée – 18:30)

Le pop-intello du groupe écossais ne semble pas avoir fait l’unanimité hier après-midi. On avait l’impression d’assister à ce genre de première partie non convoitée, avec la moitié de la foule qui jasait bruyamment, indifférente. Même si la volonté et l’énergie du groupe y étaient, ayant moi-même assisté à la plupart des visites montréalaises de la formation, je dois dire qu’il manquait un petit “je ne sais quoi”! Le public paraissait blasé au possible! Perso, je suis un inconditionnel mais la liste de morceaux n’était pas optimale, il me semble, pour un événement aussi jeune et festif. Dommage, car le tout était tout de même très digeste et digne d’intérêt!

 

Photo: Pat Beaudry

 

MGMT (Scène de la Rivière – 19:30)

Quel moment électrisant, “psyché-délicieux” et hallucinant que la prestation d’une heure des protopunks-électro MGMT, hier à OSHEAGA! Sous un ciel s’acharnant encore une fois violemment sur la foule, les corps dansaient et s’extasiaient totalement! Un “set” quasi complètement bâti autour des succès inconditionnels du groupe: Brian Eno, Time to Pretend, Electic Feel, The Youth… Que dire de la version longue, extravagante, quasi prog de Kids! Celle-ci m’habitera encore longtemps! Ma fébrilité à l’annonce du nouvel album “Little Dark Age” prévu cette année vient d’être renouvelée pas à peu près!

 

JUSTICE (Scène de la Montagne – 20:30)

Ma visite, en ce premier jour, s’est terminée sur le retour dansant et tripatif au festival de Justice, qui nous y avait visités la dernière fois en 2012. À ce point, plus aucune intempérie ne pouvait venir à bout d’un public aussi galvanisé. La dernière note de MGMT venait de retentir et la foule s’est littéralement projetée, à la course parfois, vers la scène opposée afin de vivre le funk et la french touch jouissive du groupe et de son entrée avec Safe and Sound. L’île Notre-Dame a été ainsi mise à feu par la profonde basse de ce house épidémique; le TB-303 cru à l’honneur. Brillant!

 

Photo: Pat Beaudry

 

À demain!

 

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Martin Curadeau
Blogueur - RREVERB

L’écoute d’un disque est un instant privilégié de rencontre avec l’essence même d’un créateur. Maelstrom de sons, myriades d’émotions et petits morceaux d’âmes à l’état brut.

Bien que la musique dite émergente (tel le rock indé.) est au centre de ses intérêts, sa curiosité n’a pas de bornes et il ne résiste, pour ainsi dire, à aucun style. Être transporté, chaviré, surpris et envouté par des albums est un rendez-vous quotidien.