Que de dilemmes déchirants, lors de tels événements; presque toutes les plages horaires présentent des choix crève-cœur! Et la troisième et dernière journée du Festival Arts et Musique OSHEAGA 2017 n’a pas fait exception à cette règle! Devant si orgiaque et faste buffet, la sélection entre tel et tel groupe devient carrément, pour le mélomane, torture momentanée!

 

Même après maniaque préparation, je me suis retrouvé, dimanche, à modifier, ici et là et passablement, mon itinéraire initial. Parfois pour judicieux et préférables choix, mais, ailleurs aussi, vers des bifurcations, disons, discutables. Rien pour se faire mal, ceci dit, car devant brochette si intéressante d’artistes, la vie demeure assez glorieuse quand même, merci beaucoup! J’ai toutefois réussi, champion, à abstraire de mon excursion : Crystal Castles, Die Antwoord et Death from Above! Faut le faire, mais, je vais bien; la fatigue, j’imagine! Gardons l’accent sur d’autres coups de cœur du jour :

 

Photo: Pat Beaudry

 

BISHOP BRIGGS (Scène de la Rivière – 14:45)

La petite démone hyper stylée Bishop Briggs a fait une entrée en scène avec une énergie fracassante, portant sa pièce, Dark Side. Telle une version « miroir sombre » du petit ange pop parfait Zara Larsson qui venait de terminer son concert, sur la scène opposée. La chanteuse, au parcours international, nous a offert un riche électro-pop, aux rythmes tonitruants, du type de ce qu’il y a des plus accrocheurs, tout en demeurant profond. Électrisante, tout en voix, jamais mièvre, l’artiste fut une très belle découverte! À savourer, en boucle, les extraits de son premier EP: River, The Way I Do et Wild Horses!

 

WHITNEY (Scène de la Vallée – 15:25)

Porté par un coup de tête vers la scène de la Vallée, j’y ai trouvé, au détour, un habile groupe d’une sensibilité folk hautement intéressante. Les mélancoliques Whitney mènent un rock classique, rempli de « soul » aux lueurs intenses, intelligentes et spleenétiques à souhait! Formé de la rupture de Smith Westerns, le guitariste Max Kakacek s’allie ici au batteur d’Unknown Mortal Orchestra, Julien Ehrlich. Leur premier album, “Light Upon the Lake“, regorge de pièces à la fois tendres et tristounettes, mais qui frisent la perfection! Rien qui ne réinvente le genre, aucunement, mais, de beaux joyaux de compositions pop très calqué sur les années soixante-dix, sans jamais tomber dans les clichés!

 

Photo: Pat Beaudry

 

RUN THE JEWELS (Scène de la Rivière – 17:40)

Après un léger problème de micro, d’entrée de jeu, El-P et Killer Mike n’ont pas déçu une seule seconde, le temps d’un puissant « set » faisant régner basse, prose, philosophie et vibrations cataclysmiques sur le Parc Jean-Drapeau! Incontestablement parmi les formations hip-hop de prédilection du moment, Run the Jewels offre une énergie sur scène assez unique! Votre humble serviteur fut en extase lors de Nobody Speak (de DJ Shadow), totalement sur un nuage, ce jusqu’au rappel avec la pièce Run the Jewels, de l’album de 2014.

 

ALABAMA SHAKES (Scène de la Montagne – 20:20)

Ma palme, en ce dimanche, va incontestablement au blues rock d’Alabama Shakes! Les vibrations sonores chaudes émanant de la scène de la Montagne, au soleil couchant, créèrent l’un des moments les plus fameux de l’édition 2017. La voix incandescente et vintage de Brittany Howard était purement féérique ce soir-la! La magie du soul a œuvré comme je l’ai rarement entendu pour une prestation simplement sublime!

 

Photo: Pat Beaudry

 

Le festival Osheaga, 3 jours de pur bonheur auditif et total, est maintenant terminé! Quels pénibles moments nostalgiques seront à avaler les heures et les jours prochains! Misère, suis-je le seul? Ah si l’on pouvait vivre ainsi 365 jours par année, non!? La clôture ainsi tombée, c’est aussi l’heure de petits bilans, en vrac et en bref!

 

Configuration du site : celle-ci a super bien fonctionné, je dois dire! Un lieu très attrayant et fonctionnel, sans heurts majeurs sinon que la disposition plus étroite (sur le long) a parfois rendu les déplacements massifs un peu hasardeux. Cela ne donnait pas beaucoup de largeurs pour les migrations (surtout celles chancelantes de fin de soirées) entre les scènes et entre les deux sections principales du site. Rien de trop grave par contre!

 

Appréciation générale de la sélection : Géniale! Si de forts noms sont préférables et moussent la vente de billets, je suis d’avis que c’est la programmation dans son ensemble qu’il faut évaluer! Les trois principaux groupes ne meublent même pas 5 heures, tandis que le festival s’étend sur trois jours! Et même si je fais partie de ceux qui étaient totalement de glace vis-à-vis des trois têtes d’affiche de 2017, j’ai été plus que charmé par le reste de la liste offerte. Quel incroyable événement ce fut, j’ai déjà hâte de m’y retrouver l’an prochain! D’ici la, souvenirs, dodo et à bientôt!

 

 

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Martin Curadeau
Blogueur - RREVERB

L’écoute d’un disque est un instant privilégié de rencontre avec l’essence même d’un créateur. Maelstrom de sons, myriades d’émotions et petits morceaux d’âmes à l’état brut.

Bien que la musique dite émergente (tel le rock indé.) est au centre de ses intérêts, sa curiosité n’a pas de bornes et il ne résiste, pour ainsi dire, à aucun style. Être transporté, chaviré, surpris et envouté par des albums est un rendez-vous quotidien.