Pour clore ma Virée classique, je me suis déplacé vers la Maison symphonique, où on annonçait un mystérieux « Pierre Lapointe intime ». Accompagné de l’organiste en résidence de l’OSM, Jean-Willy Kunz, Lapointe a présenté des versions remaniées de six de ses chansons. En complément, deux pièces du compositeur allemand Kurt Weill ont été interprétées.

En introduction, Kunz a joué la célébrissime Toccata et Fugue en Ré mineur de Johann Sebastian Bach. Dès les premières notes, le public s’est exclamé devant la grandeur du son de cet imposant « Orgue Pierre-Béique», baptisé en l’honneur du fondateur et premier directeur-général de l’OSM. Il s’agissait donc d’une belle occasion pour plusieurs fans de Lapointe de découvrir cet instrument inauguré en mai dernier (et peut-être la Maison symphonique, ouverte il y a trois ans). Construit au coût de 5 millions de dollars, l’orgue compte 6489 tuyaux, dont 279 sont visibles de la façade extérieure. La console électrique de l’orgue était placée sur la scène.

Voici un court reportage sur la fabrication de cet orgue.

Pierre Lapointe s’est ensuite montré, vêtu d’un discret pantalon noir et d’un long veston rouge foncé. C’est bien différent de son attirail scénique habituel! De son plus récent album, « Punkt », La date, l’heure, le moment a été interprétée. Ce choix allait de soi, puisque Jean-Willy Kunz est celui qui joue l’orgue sur la version originale. Les deux comparses ont ensuite enchaîné avec Place des abbesses, une chanson que Lapointe affirme n’avoir pas joué depuis 10 ans (Kunz était chargé de sélectionner les pièces pour ce spectacle). Retour à « Punkt » : Monsieur a vu sa mélodie remaniée.

Pierre Lapointe au lancement de PUNKT

Pierre Lapointe au lancement de PUNKT (photo: Spectra)

Nous restions là, de l’album « Les Sentiments humains », a suivi, avec un majestueux accompagnement à l’orgue. Son premier « tube », Le Columbarium, a ensuite bénéficié d’un arrangement nuancé et juste. Les différentes couleurs et sonorités que permet cet orgue, avec ses quatre claviers manuels, son pédalier et ses 109 registres, semblent infinis.

Lapointe a ensuite chanté des pièces de Kurt Weill, écrites en collaboration avec Bertol Brecht, qui ont eu une grande influence sur lui et qu’il considère comme le parfait mariage entre musique classique et musique populaire. De L’Opéra de quat’sous, Lapointe a interprété La Complainte de Mackie, au texte sombre sur une musique légère. La Chanson de Bilbao, de la comédie musicale Happy End, a été le prochain choix de Lapointe. Il s’est fourvoyé dans les paroles qui devaient être débitées à un rythme effréné. Il s’est arrêté, la foule l’a applaudi, et il a recommencé comme si de rien n’était!

En guise de rappel, un superbe arrangement d’orgue a accompagné Au bar des suicidés, que le public a chanté à l’unisson, avec joie et exubérance. Tous semblaient avoir le sentiment d’avoir assisté à un événement unique. Unique, mais beaucoup trop court. Espérons seulement que l’aventure se répétera dans une formule plus extensive.

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Benoit Bergeron
Blogueur - RREVERB
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Curieux de nature, Benoit est un boulimique musical qui consomme de presque tous les genres. Du punk au classique, en passant par le folk, le psychédélique et le rockabilly, il sait apprécier les subtilités propres à chacun de ces courants musicaux. À travers des centaines d'heures d'écoute et de lecture de biographies, il tente de découvrir les motivations et les secrets derrière les plus grands albums et les œuvres grandioses des derniers siècles. Il parcourt aussi les salles de spectacle de Montréal, à la recherche de vibrations directes.