Cet article est le premier de deux sur une compilation des réalisations de Phil Spector de 1958 à 1969.

Admiré par les Rolling Stones et les Beach Boys, mais craint par l’industrie du disque, Phil Spector est sans contredit le plus grand réalisateur de l’histoire du rock. À lui seul, il a changé la manière dont on conçoit le rôle du réalisateur. Et surtout, avec ses « petites symphonies pour enfants», il a changé la manière avec laquelle on perçoit (et écoute) la musique populaire, qu’il a contribué à élever au rang d’art.

Trente-cinq de ses grandes réussites se retrouvent sur un album double paru en 2011 : « The Essential Phil Spector ». Cette compilation est organisée de manière chronologique, s’étalant de 1958 à 1969. Parce qu’elles sont relativement différentes et abandonnent quelque peu la sonorité particulière de son âge d’or, ses réalisations postérieures à ces années (avec entre autres The Beatles, John Lennon, George Harrison, Dion, Leonard Cohen et The Ramones) ne sont généralement pas incluses dans les compilations de ses œuvres, et celle-ci ne fait pas exception.

La première pièce sur le disque, To Know Him Is to Love Him, a démarré la carrière de Spector. Écrite par ce dernier et inspirée d’une épitaphe qui figure sur la tombe de son père (il s’est suicidé quand Phil avait 9 ans), cette délicate chanson s’est retrouvée au sommet du Billboard en 1958, alors que Spector avait seulement 18 ans. Son groupe d’alors, The Teddy Bears, n’a pu répéter ce succès, et Spector s’est tourné vers la réalisation, manière plus efficace de mener à terme ses visions musicales et de s’assurer un revenu plus substantiel.

Spector s’est ensuite taillé une place au Brill Building, à New York, le centre de la musique pop américaine dans les années pré-Beatles. Il a appris aux côtés des légendaires auteurs-compositeurs-réalisateurs Jerry Leiber et Mike Stoller. Il a d’ailleurs écrit la classique Spanish Harlem avec Leiber, interprétée par Ben E. King.

Ses réalisations de l’époque sont aussi superbes : la dynamique Pretty Little Angel Eyes, par Curtis Lee, et la jolie Every Breath I Take, de Gene Pitney. Parue en 1961, cette dernière pièce offre d’ailleurs un avant-goût de ce que Spector allait accomplir dans les prochaines années.

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Phil Spector, The Essential

PHIL SPECTOR
The Essential Phil Spector
(Sony Music, 2011)

-Genre : Pop orchestrale
-A influencé The Beach Boys, The Walker Brothers et le mouvement shoegaze

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PHIL SPECTOR : L'ascension d'un géant
Originalité100%
Authenticité90%
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Textes85%
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Benoit Bergeron
Blogueur - RREVERB
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Curieux de nature, Benoit est un boulimique musical qui consomme de presque tous les genres. Du punk au classique, en passant par le folk, le psychédélique et le rockabilly, il sait apprécier les subtilités propres à chacun de ces courants musicaux. À travers des centaines d'heures d'écoute et de lecture de biographies, il tente de découvrir les motivations et les secrets derrière les plus grands albums et les œuvres grandioses des derniers siècles. Il parcourt aussi les salles de spectacle de Montréal, à la recherche de vibrations directes.