Le secret pour survivre à une couverture d’un festival comme POP Montréal est de bien choisir ses concerts et les lieux de performance, afin de bien gérer son énergie. C’est un “sprint marathon festivalien” dont le but est d’attraper le maximum de bons bands parmi les 400 prévus en cinq soirs! 400 EN CINQ SOIRS! On va en viser une vingtaine cette année, je ne vois pas comment je pourrais en couvrir plus et rester sain d’esprit.

Le lancement du festival a eu lieu au Quartier Général de POP, comme à chaque année, où des DJ performaient dans différentes pièces et quelques artistes jouaient en après-midi, autour d’un sympathique BBQ.

dj pop montreal

Et plus tard en soirée, je me lance!

20:50 J’arrive au Théâtre Fairmount pour aller voir les rigolos Brooklynois de Phony Ppl mais me fais refouler à l’entrée car sold-out, pas d’accès média. Bon… heureusement, il ne manque pas de concerts ce soir dans le coin. Je monte au Rialto pour aller voir ce qui se passe en attendant le concert de Petra Glynt à 10 h 40.

rialto marquise

Le band rock Weird Star, qui se décrit comme “si AC/DC avait oublié comment jouer”, m’intrigue. J’arrive au Rialto, occupé par un rassemblement de (grands) jeunes hommes gothiques… Je suis perplexe. Ah, mauvaise salle, c’est au STUDIO Rialto, la petite salle au 3e étage qu’est prévu ce concert. J’y arrive finalement à 21:15. Personne. Suis-je à la bonne place? “Oui, oui, m’assure-t-on, ça commence dans 10 mins.” Ok.

Chacune des salles du Rialto est très belle. Ce mélange de boiseries anciennes, et de grands espaces bien éclairés en font un édifice attachant. On a envie d’y rester!

rialto rouge

Le Rialto

Finalement, un quatuor très rock, un peu punk dans la façon de chanter/hurler arrive sur scène et lâche 25 minutes d’énergie plutôt mélodique avec de bonnes guitares. Dommage que le chant soit complètement étouffé. Une trentaine de personnes auront profité de cette performance punchée de Weird Star.

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Weird Star, photo Nico Pelletier

Les choses ont vraiment commencé à décoller avec l’énergique flow du rappeur néo-écossais Mitchell Bailey, qui du haut de ses 20 ans affichait une belle assurance.

Mitchell Bailey

Mitchell Bailey, photo Nico Pelletier

Encore mieux, les Brésiliens The Baggios ont vite démontré qu’ils étaient dans une classe supérieure avec leur rock psychédélique très 70s. Parfois plus blues rock, parfois plus grunge rock, le trio peut compter sur Julio Andrade, un chanteur et guitariste très solide. Par moments, on se serait crus à Woodstock pendant les perfos de Santana ou de Ten Years After. Y a pas à dire les Brésiliens ont le rythme entraînant dans le sang, même dans un format rock. Très intéressant de voir le claviériste jouer la ligne de basse d’une main, et l’orgue de la droite. J’ai acheté le CD, on va réécouter ça.

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The Baggios, photo Nico Pelletier

Vers 23 heures, l’artiste multidisciplinaire nommée “Petra Glynt” s’est exécuté en solo, avec ses programmations, ses toms et effets vocaux. La musique d’Alexandra Mackenzie n’est pas facile d’accès. Un lourd héritage de Diamanda Galas, Nina Hagen et autres exploratrices vocales à la Björk ou Fever Rey teinte son chant alors que sa musique se tient dans l’électro industriel. Le tout ne colle pas toujours ensemble, d’ailleurs.

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Petra Glynt, photo Nico Pelletier

Je quitte le Rialto pour le Quai des Brumes où m’attend Common Holly, une Montréalaise qui partage son univers en solo après avoir participé aux formations Half Walf et Land of Talk.

La jeune femme n’a pas pu faire taire tout le monde dans le bruyant bar, mais plusieurs se sont massés devant la scène pour mieux se laisser bercer par la douce et très jolie voix de Brigitte Naggar. Cette Common Holly a un très beau potentiel et on espère certainement l’entendre davantage, sur scène comme sur disque.

Common Holly

Common Holly, photo Nico Pelletier

La suite de POP Mtl 2017 demain! Soyez-y!

 

Photos: Nico Pelletier pour RREVERB, tous droits réservés

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About The Author

Nicolas Pelletier
Fondateur et rédacteur en chef
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Mélomane invétéré et rédacteur agréé, Nicolas pratique la critique en mode olympique: il parle de tout, tout le temps, depuis 1991. Il a publié 4 500 critiques de disques et concerts dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur en chef de 2009 à 2014. Nicolas a publié "Les perles rares et les grands crus de la musique" en janvier 2013, un ouvrage de 1250 pages en deux tomes.