Le conflit d’horaire est une partie intégrale de l’expérience Pop Montreal, alors c’est Ty Segall qui aura du être sacrifié hier soir. Avec tout de même 4 shows attrapés, retour sur ce samedi qui peut être indubitablement considéré comme un succès, d’autant plus qu’il avait débuté par un abus de côte de boeuf.

Panda Bear au Rialto

Impossible d’avoir accès au Ritz/Il Motore avant 23h pour cause de pleine capacité et ayant par conséquent manqué No Joy, la solution la plus simple consistait à se rendre quelques rues plus loin pour attraper Noah Benjamin. Sa présence plutôt statique sur scène fut largement compensée par le décor du magnifique théâtre, mais aussi et surtout de gigantesque projections liées notamment aux pochettes des albums. Bref, un public qui a répondu présent en emplissant les deux étages, mais qui semblait plus passif que conquis, malgré une voix toujours parfaitement au point.

Deafheaven au Ritz (Il Motore)

Sans équivoque l’un des shows les plus attendu du Festival cette année, le passage encore une fois complet de Deafheaven a été lourd, rapide, mélodique, parfois même planant. Bref, 55 minutes quasi indescriptibles. Seul bémol: l’absence de clavier sur scène enlevait une dimension de profondeur au moment les plus calmes, mais le tout était largement compensé par les explosions physiques. La salle nouvellement rénovée (le bar est maintenant à l’est, la scène inversée et esthétiquement intéressante) est beaucoup plus inspirante, mais toujours aussi complexe pour la vue. Si je me fie au son, il y avait bel et bien un batteur, mais on ne l’aura jamais aperçu.

Après que le public et le chanteur eut inaugurés l’aspect “body surfing” de la salle, le rappel n’a jamais eu lieu, remplacé par du feed-back interminable mais tout a fait approprié. Ne manquait que l’excellente pièce “Vertigo”, alors je vais la laisser trainer ici comme ça pour compenser.

The OBGMS à l’Esco 

Arrivé un peu trop tôt au Quai des brumes, faire un tour à l’Escogriffe voisin était tout à fait approprié. Ce fut l’occasion de découvrir The OBGMS (The oOohh Baby Gimme Mores), groupe Torontois dont le premier album paraissait la semaine dernière. Le quatuor était en grande forme et la salle s’est rapidement massée devant la scène pour une performance énergique que je n’aurai qu’entre aperçu visuellement, un peu trop bien installé en mode détente dans un coin de la salle. Ils auront terminés par un ode aux filles montréalaises, tout en lançant un message à ceux en couple… et ceux qui ne le sont pas. Une dualité à l’image de leur son parfois aussi touchant que rapide.

CTZNSHP au Quai des brumes

Leur premier album Doom Love a beau avoir été complété l’an dernier, CTZNSHP commencent à faire parler d’eux pour les bonnes raisons et pourraient bien devenir rapidement les nouvelles coqueluches montréalaises. Leur performance au Quai des Brumes sur une scène un peu trop petite pour accommoder tout le monde était parfaitement au point, bien balancée et avec le maximum d’investissement physique possible. Si on veut embarquer dans le jeu des comparaisons, pensez à du Interpol plus rapide ou encore à The Killers si c’était bon. Bref, au moment où les années 2000 deviennent un marché nostalgique, CTZNSHP ont su s’approprier et actualiser le son du tournant du millénaire. Après une excellente reprise plus qu’appropriée de “Heartbeat”, j’ai quitté avec le vinyle sous le bras, donc attendez vous à en entendre parler à nouveau.

CTZSHP au Quai des brumes. Crédit photo: Karl-Philip M. G.

CTZNSHP au Quai des brumes. Crédit: Karl-Philip M. G.

 

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Karl-Philip Marchand Giguère

Obsessif compulsif qui classe ses albums d’abord en ordre alphabétique d’artistes, puis de parutions (avec les simples sous les albums, question de confondre encore davantage les gens qui le visitent), Karl-Philip oeuvre dans l’industrie depuis plus d’une décennie. Il a touché à tout: maisons de disques, gestion de salles de spectacle et rédaction professionnelle pour de nombreux artistes. Il assiste à de nombreux shows lorsqu’il n’est pas désespérément en train d’essayer de faire de la place dans sa bibliothèque musicale.