Après un album complet lancé en janvier 2014, « Brèches », Prince Mychkine faisait déjà paraître la semaine dernière un mini-disque de quatre chansons, « Absence ». Derrière ce nom de scène, qui représente le personnage principal du roman  « L’idiot », de Dostoïevski, se cache Marc-André Labonté, multi-instrumentiste qui a finalement osé se lancer dans une carrière musicale à la fin de la vingtaine. Les pièces de ce EP sont de belles envolées poétiques et métaphoriques, avec une instrumentation proche du shoegaze et du psychédélique, tout en demeurant très mélodique.

Ayant pris beaucoup d’assurance grâce à des cours de chant suivis peu après la parution de l’album complet, Prince Mychkine livre ses chansons avec conviction et aplomb. La voix est donc infiniment plus en avant dans le mix par rapport à « Brèches ». Le EP s’ouvre avec la planante Varathane (Mal de tête), dominée par la guitare et les synthétiseurs. L’urgence de la batterie donne un élan irrésistible à la chanson, avec un texte poétique possiblement à propos d’une ancienne flamme : « Et toutes tes lames mutilent mon calme. Le cortex sombre dans un corps grisé, c’est comme sniffer du varathane ». Chandelle débute de manière paisible, puis décolle à mi-chemin, emportée par des mélodiques guitares qui s’entremêlent. La fin redevient sereine musicalement, mais avec des paroles hargneuses : « Un champ de bien-être recouvre toutes les ruines des êtres immondes. Une bague à ton doigt pour chaque aile de vie que ton cœur plombe ».
Les chansons peuvent être écoutées en entièreté sur la page bandcamp de l’artiste.

prince mychkine par Cindy Boyce 2

Prince Mychkine et ses musiciens, photographiés par Cindy Boyce

La métaphorique Quatorze est très bien construite et variée, alternant d’un moment plus calme, piano-voix-guitare, à un épisode où dominent des guitares enveloppantes. La fin étonne, alors qu’un magnifique basson (joué par Julie-Christine Parent) s’ajoute à l’instrumentation rock et aux voix! Chanson la plus courte du lot, Autonomie ajoute des sonorités électroniques aux guitares, batterie, basse et piano. Le mix est très bien fait, chaque élément est bien balancé, et le texte montre une belle sensibilité : « Chaque pierre des édifices délabrés sélectionnée pour s’écrouler. Faut s’adapter à l’effritement, laisser vos visages s’éloigner doucement ».

Prince Mychkine a donc produit un séduisant mini-disque. Véritable homme à tout faire, Labonté a composé, interprété et réalisé toutes les chansons sur « Absence ». Prince Mychkine deviendra cependant davantage qu’un projet solo, alors que Labonté entend donner plus d’espace à ses camarades qui l’accompagneront sur scène lors de ses prochains spectacles. Un autre album complet est également déjà en préparation. Bref, on aura Prince Mychkine à l’œil lors des prochains mois!

prince mychkine absence
PRINCE MYCHKINE
Absence
(Disques Inquiets, 2014)

-Genre : indie-rock mélodique
-Dans le même genre que Bernhari, Dumas, Malajube

Lien vers l’achat en ligne (Bandcamp)
Lien vers la page Facebook de l’artiste

Séduisant PRINCE MYCHKINE
ORIGINALITÉ 70%
AUTHENTICITÉ 80%
ACCESSIBILITÉ 75%
DIRECTION ARTISTIQUE80%
QUALITÉ MUSICALE80%
textes75%
77%Overall Score
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90%

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Benoit Bergeron
Blogueur - RREVERB
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Curieux de nature, Benoit est un boulimique musical qui consomme de presque tous les genres. Du punk au classique, en passant par le folk, le psychédélique et le rockabilly, il sait apprécier les subtilités propres à chacun de ces courants musicaux. À travers des centaines d’heures d’écoute et de lecture de biographies, il tente de découvrir les motivations et les secrets derrière les plus grands albums et les œuvres grandioses des derniers siècles. Il parcourt aussi les salles de spectacle de Montréal, à la recherche de vibrations directes.