C’est toute une performance renversante, hautement théâtrale, avec une sélection musicale surprenante alliée d’un visuel sanglant et infâme à souhait que Skinny Puppy a présentée hier soir au Metropolis. À eux seuls, sur scène, la soirée aurait été déjà mémorable, mais accompagnés, en premières parties, de trois autres non moins brillants groupes, comme hier soir, et c’est à un mini festival industriel sublime que nous avons eu affaire. En effet, Frontline Assembly, Haujobb et Youth Code, sans avoir volé la vedette, ont livré d’excellents courts spectacles bruyants, énergiques et vils à la masse noire gothique rassemblée en adoration devant eux. La bande de Nivek Ogre et de cEvin Key a définitivement livrée la marchandise avec brio, je dois dire que, bien qu’un peu (beaucoup) vendu d’avance; j’ai été soulevé mainte fois en cette splendide soirée!

 

Le spectacle s’est amorcé par Fritter (Stella’s Home) avec l’entrée d’un Nivek Ogre, masqué et costumé sordidement (bien entendu), revêtant, en effet, une espèce de parka camouflage et une ombrelle à la main. Fidèle à lui-même, les changements de costume, plus sombres les uns que les autres n’auront cessé de se succéder tout au long du spectacle. cEvin Key, pour sa part, était perché sur un piédestal, derrière son appareillage de synthétiseurs, en arrière-plan et il y restera pour la totalité du spectacle; manipulant avec soin les dispositifs électroniques indispensables. En arrière et aussi sur une espèce d’amalgame d’écrans sur structure pliable, au centre de la scène, des vidéos aussi stroboscopiques que violents ont renforcé l’expérience visuelle, sans pause. Les sombres admirateurs en délire sur le plancher au-devant de la scène n’ont cessé de demeurer énergisés au maximum, soufflés par les délires agressifs et revendicateurs de ce groupe légendaire. Pour ma part, il n’était pas question d’assister à ce spectacle ailleurs qu’au plein centre du «pit» en devenir et j’y ai passé près de la totalité de la performance.

 

Bien que Skinny Puppy soit loin d’un groupe à balades langoureuses, la sélection en a été une qui misait sur l’ensemble des pièces du répertoire et non simplement sur les morceaux les plus populaires, martelant et violents. En cela, je comprends le commentaire de certains, qui auraient aimé entendre principalement les morceaux lourds comme Tin Omen de l’album “Rabies” qui manquait à l’appel. Il ne faut pas croire que celles-ci furent absentes tout de même, mais les pièces plus mélodiques comme Testure ont aussi été mises à l’avant. Ce à mon grand contentement et j’ai ainsi adoré l’ensemble des titres choisis qui représentaient plus justement la discographie macabre du groupe. La soirée s’est terminée sur Assimilate en deuxième rappel et nous en aurions repris encore. L’électro-industriel n’est certes pas un style très accessible, mais pour quiconque s’en intéresse un tant soit peu, l’évènement de l’année avait lieu samedi, pour le second soir de cette nouvelle tournée qui s’annonce déjà mythique. L’industriel est bel et bien vivant! Oh oui!

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Martin Curadeau
Blogueur - RREVERB

L’écoute d’un disque est un instant privilégié de rencontre avec l’essence même d’un créateur. Maelstrom de sons, myriades d’émotions et petits morceaux d’âmes à l’état brut.

Bien que la musique dite émergente (tel le rock indé.) est au centre de ses intérêts, sa curiosité n’a pas de bornes et il ne résiste, pour ainsi dire, à aucun style. Être transporté, chaviré, surpris et envouté par des albums est un rendez-vous quotidien.