De la psychédélique Californie de la deuxième moitié des années soixante sont arrivés une multitude de groupes marquants. La plupart connurent une gloire relative et/ou courte (Jefferson Airplane, Grateful Dead, Mama’s & Papa’s) sur le nouveau continent, mais aucun d’eux ne marquera le rock comme le fera The Doors.

Trois fabuleux instrumentistes alliant rock à la Procul Harum à une bonne touche de jazz (Crystal Ship) supportent un impressionnant et charismatique chanteur du nom de Jim Morrison, qu’on entendait alors pour la première fois. Non seulement le gars avait l’allure du véritable sex-symbol (pantalons de cuir et regard obscène…) mais Morrison sait aussi chanter (ou du moins, s’abandonner au micro) et composer d’habiles vers menant dans son monde intérieur plutôt sombre (l’épique The End). Les Doors font aussi des chansons plus légères (Take It s it Comes) mettant en vedette de sordides histoires de sexe (Back Door Man, Light My Fire ou Soul Kitchen). Dans le contexte du milieu des années 60, ça choquait!

L’alcool (Alabama Song – Whiskey Bar) et les drogues hallucinogènes (Break On Through – To the Other Side) faisaient largement partie du mode de vie représenté par les Doors, ça transparaît dans leur musique. Ce premier album s’écoute bien d’un bout à l’autre. Le jeu de claviers, autant à l’orgue qu’au clavecin, de Ray Manzarek est imbattable dans toute l’histoire du rock alors que le guitariste Robbie Krieger (principal co-compositeur avec Morrison) et le batteur John Densmore gardent un groove jazzy, capables d’ambiances sombres et de tourbillons énergiques à la Velvet. Un mélange unique pour un groupe unique, qui lance sa carrière sur des chapeaux de roue.

Les musiciens survivants expliquent comment ont été conçues les grandes chansons de cet album éponyme, puis suivent un documentaire et une entrevue récente (2013) avec le batteur John Densmore, qui retourne sur les lieux qu’ils fréquentaient en Californie à cette époque.

« The Doors » est enregistré en août 1966, après que les chansons aient été jouées maintes et maintes fois au Whisky a Go Go et au London Fog, puis lancé le 4 janvier 1967. Seulement six jours ont été nécessaires au réalisateur Paul Rothchild et l’ingénieur Bruce Botnick pour boucler l’album, sur une enregistreuse à quatre pistes. Il s’est vendu plus de 17 millions d’exemplaires (en date d’avril 2014), ce qui en fait l’album des Doors le plus populaire à travers le monde. Le « Sgt. Pepper » des Beatles l’empêchera toutefois d’atteindre le #1 du Billboard, malgré la popularité du single Light My Fire.

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THE DOORS
The Doors
(Elektra, 1967)

-Genre : rock
-Dans la même foulée que Procul Harum, The Yardbirds, Velvet Underground

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Nicolas Pelletier

Mélomane invétéré et rédacteur agréé, Nicolas pratique la critique en mode olympique: il parle de tout, tout le temps, depuis 1991. Il a publié 6 000 critiques de disques et concerts dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur-en-chef de 2009 à 2014. Il publie “Les perles rares et grands crus de la musique” en 2013, et devient stratège numérique des radios de Bell Média en 2015, participant au lancement de la marque iHeartRadio au Canada en 2016.