En ouverture de la Série Célébrités du Festival de musique de chambre, les Swingle Singers se produisaient au Théâtre Maisonneuve hier soir. Ce mythique groupe vocal a capella a été fondé en 1962 à Paris par Ward Swingle (qui est d’ailleurs décédé en janvier dernier). La formation originale s’est dissoute en 1973, puis reformée à Londres l’année suivante. Le groupe, formé aujourd’hui de sept chanteurs, poursuit donc ses activités depuis toutes ces décennies, avec un niveau d’excellence qui ne s’est pas démenti lors du spectacle d’hier.

Les Swingle Singers sont constitués des sopranos Joanna Goldsmith-Eteson et Sara Brimer, de l’alto Clare Girard, des ténors Oliver Griffiths et CJ Neale, du baryton Kevin Fox et du baryton-basse Edward Randell. Ces sept chanteurs nous l’ont prouvé tout au long de la soirée : ils savent chanter! Le répertoire du spectacle est par ailleurs très varié, des arrangements de chansons populaires à des chansons traditionnelles, en passant par des airs classiques et des compositions originales.

Comme en ont témoigné l’ingénieuse polyphonie sur le Concerto Grosso de Corelli et le magnifique contrepoint sur Little Organ Fugue de Bach (le groupe a d’ailleurs fait sa renommée avec les pièces de Bach dans les années 60), les interprétations de musique classique étaient superbes. Un des meilleurs moments du spectacle a été sans contredit le Clair de lune de Debussy, chanté de manière onirique. Interprété à la toute fin, Libertango, de Piazzolla, a été magnifique aussi. The Diva Aria nous a permis de constater le talent de Sara Brimer, avec sa voix perçante et cristalline.

Le septuor a interprété des chansons de Mumford And Sons (After The Storm), Elbow (Weather To Fly) et John Martyn (Counldn’t Love You More). En rappel, les Swingle Singers ont aussi livré un superbe medley de Blackbird et I Will, des Beatles. La pièce la plus originale a été un duo entre Randell et Fox. Ceux-ci ont joué un Bass And Drum Demo, montrant tout leur talent de bruiteurs. Les deux chanteurs ont d’ailleurs apporté une touche importante, avec leurs effets vocaux très intéressants. Notons aussi que le groupe utilisait des séquenceurs leur permettant d’enregistrer un extrait qu’ils produisaient en début de pièce, et d’ainsi superposer plusieurs couches d’effets et de voix. À un certain moment, on aurait dit qu’il y avait 25 chanteurs sur scène!

Très varié et dynamique, le concert n’a pas été ennuyant une seule seconde. En première partie, le quatuor vocal québécois Qw4rtz est venu réchauffer le public. Ils ont interprété seulement deux chansons, mais c’était assez pour nous montrer tout leur aplomb. Ils ont conclu avec un intéressant medley composé de L’amour de Karim Ouellet, et d’un autre vers d’oreille, soit On leur a fait croire, d’Alex Nevsky. Belle manière d’ouvrir le concert!

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Benoit Bergeron
Blogueur - RREVERB
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Curieux de nature, Benoit est un boulimique musical qui consomme de presque tous les genres. Du punk au classique, en passant par le folk, le psychédélique et le rockabilly, il sait apprécier les subtilités propres à chacun de ces courants musicaux. À travers des centaines d'heures d'écoute et de lecture de biographies, il tente de découvrir les motivations et les secrets derrière les plus grands albums et les œuvres grandioses des derniers siècles. Il parcourt aussi les salles de spectacle de Montréal, à la recherche de vibrations directes.