La formation folk-rock montréalaise Will Driving West a fait paraître son troisième album en juin dernier. Après plusieurs détours, « Fly » est finalement paru de manière indépendante. Même si cet album ne renouvelle pas le genre, il est tout de même doux, planant et joliment atmosphérique.

Will Driving West est mené par l’auteur-compositeur-interprète David Ratté. Andréa Bélanger (basse, voix et banjo), Camille Paquette-Roy (violoncelle) et Benoit Caron (batterie) complètent le groupe. Après deux albums bien reçus par la critique («The Breakout » en 2010 et « Castles » en 2012), le quatuor avait complété son album au début de l’année et avait été approché par une maison de disques de Vancouver. Il n’y a toutefois jamais eu d’entente et le groupe a dû faire les choses par lui-même.

Ce disque tire aussi ses sources d’un autre projet de Ratté. Ce dernier est l’auteur-compositeur derrière le groupe Man An Ocean, projet instrumental qui fait surtout de la musique de film.  Ratté a ainsi composé la musique pour les films « L’affaire Dumont », de Podz, et « Finissants », de Rafaël Ouellet. Il avait été engagé pour faire la trame sonore d’un film l’année dernière, mais ce projet est tombé à l’eau.

will driving west. Crédit Dan Fontaine

Dan Fontaine

Astucieux, il a récupéré une partie de la musique composée pour ce film et l’a intégrée à « Fly » (qu’on peut écouter en entièreté sur bandcamp). Il s’agit des quatre pièces instrumentales Eyes Closed, représentant chacune une saison, du printemps à l’hiver. Celle sur le printemps ouvre d’ailleurs l’album et donne le ton, avec un motif planant à la guitare électrique et un harmonica envoûtant. Deux ou trois chansons se glissent entre chaque épisode instrumental. Il y a plusieurs jolies ballades mélancoliques (Ghost, No Empty Promises, Fly) qui reposent sur la voix légèrement rauque et feutrée de Ratté – qui semble d’ailleurs être un mélange entre celle de Bright Eyes et de Elliott Smith.

Après une introduction au banjo, Grow nous présente les belles harmonies vocales de Ratté et Bélanger, et la pièce mène à un crescendo intéressant. The Night est une belle chanson d’amour qui est brillamment construite. La superbe Pieces décrit les espoirs déchus d’un jeune adulte qui se cherche mais finit par trouver un sens à sa vie. Détonnant du ton mélancolique de l’album, The Adventure est une pièce joyeuse et surtout très accrocheuse qui rappelle les hymnes fédérateurs de groupes comme Mumford & Sons et Of Monsters And Men.

Will Driving West a donc pondu un très bel album, bien équilibré entre les voix, la guitare acoustique, le banjo et le violoncelle. Les arrangements sont élégants et raffinés, et les quatre interludes instrumentaux installent bien l’ambiance chaleureuse et sympathique de l’album. C’est un disque à écouter à tête reposée, dans lequel on n’embarque peut-être pas à la première écoute, mais qui mérite tout de même qu’on s’y investisse.

will driving west fly
WILL DRIVING WEST
Fly
(Indépendant, 2014)

-Genre : folk-rock mélancolique
-Dans le même genre que Seabear, Damien Rice, Bright Eyes, Elliott Smith

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WILL DRIVING WEST : Sympathique et atmosphérique
Originalité70%
Authenticité85%
Accessibilité80%
Direction artistique85%
Qualité musicale80%
Textes75%
79%Overall Score
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90%

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Benoit Bergeron
Blogueur - RREVERB
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Curieux de nature, Benoit est un boulimique musical qui consomme de presque tous les genres. Du punk au classique, en passant par le folk, le psychédélique et le rockabilly, il sait apprécier les subtilités propres à chacun de ces courants musicaux. À travers des centaines d’heures d’écoute et de lecture de biographies, il tente de découvrir les motivations et les secrets derrière les plus grands albums et les œuvres grandioses des derniers siècles. Il parcourt aussi les salles de spectacle de Montréal, à la recherche de vibrations directes.