Après un premier EP sorti l’année dernière, le Français Arnold Fish (nom de scène de Fabien Versmessen) fait paraître cette semaine son premier album complet, le planant « In The Land Of The Elephant Blues ». Inspiré autant par The Beatles, The Beach Boys, The Kinks, The Zombies, David Bowie ou les premiers albums de Pink Floyd, Arnold Fish a quand même su trouver sa voie pour présenter un album suffisamment original et audacieux. Cet opus plaira sans aucun doute aux amateurs de pop psychédélique de la fin des années 60, dont l’album semble tout droit sorti.

Originaire de Lille et membre du groupe We Are Toxic, Versmessen roule sa bosse depuis une vingtaine d’années. Il a fondé le projet Arnold Fish en 2013, et a tout écrit, joué et réalisé seul, sans aucune assistance extérieure! « In The Land Of The Elephant Blues » s’ouvre sur l’ambiance cinématique de l’instrumentale The Guilty (Il Copevole), qui comprend une brillante partie d’orgue, en plus du clavecin, du mellotron et de la guitare planante. Le ton est donné : Arnold Fish nous fera voyager dans un autre univers, voire une autre époque. L’intensité monte d’un cran avec la pièce suivante, l’entraînante A Colorful Festival. Le groove devient très prenant sur Jeffrey (The Funky Voodoo Man), habilement construite, tout comme A Beautiful Car Crash (qui débute avec des bruits d’accidents d’automobiles).

Au-delà des ambiances psychédéliques et des effets sonores surprenants, Arnold Fish nous montre aussi qu’il a un talent certain pour la mélodie, ce qui est essentiel pour faire une pop psychédélique réussie. Fish ne craint pas par ailleurs des références aux classiques. Love Lust contient de magnifiques harmonies vocales et rappelle par moments Penny Lane, des Beatles. L’excellente The Boogeyman semble un croisement entre In Another Land, des Rolling Stones, et Cabinessence, des Beach Boys. Le piano électrique de Lady Harrington rappelle pour sa part Supertramp.
Voici une sélection de chansons de l’album. Ce dernier peut être écouté en entier sur la page bandcamp de l’artiste.

L’accent français de Fabien Versmessen ressort souvent, et ressemble parfois à un accent anglais à la David Bowie ou à la Syd Barrett, notamment sur la très bonne Santa Monica (rappelant d’ailleurs un album live de Bowie : « Santa Monica ’72 ». Et d’ailleurs, peut-être Arnold Fish a-t-il tiré son prénom du premier single de Pink Floyd : Arnold Layne?). Seule chanson en français du disque, Ma galaxie est sûrement aussi celle qui a la sonorité le plus rock, avec une guitare mordante. The Battle For The Crown est une planante ballade avec un ingénieux crescendo. L’enveloppante partie de mellotron dans le refrain de The Golden Bell est tout simplement géniale!

« In The Land Of The Elephant Blues » est donc un album souvent très référentiel, mais qui s’approprie tout de même les forces des grands classiques des années 60. Arnold Fish accomplit en quelque sorte un brillant hommage au psychédélisme. Il ne cherche pas tant à être original qu’à recréer à sa manière l’univers rêveur et joyeusement décadent de l’âge d’or du rock psychédélique. Il est également toujours périlleux de ressortir des instruments d’époque comme le mellotron, mais Fish l’utilise avec parcimonie, savoir-faire et intelligence. Chapeau!

arnold fish in the land of the elephant blues
ARNOLD FISH
In The Land Of The Elephant Blues
(Garden Of Dream Records, 2015)

-Genre : pop-rock psychédélique
-Dans le même genre que The Beach Boys, The Beatles, Pink Floyd – période Syd Barrett

Lien vers l’achat en ligne (bandcamp)
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Lien vers la chaîne YouTube de l’artiste

Voyager dans un autre univers avec ARNOLD FISH
Originalité70%
Authenticité80%
Accessibilité80%
Direction artistique90%
Qualité musicale85%
Textes75%
80%Overall Score
Reader Rating: (1 Vote)
91%

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Benoit Bergeron
Blogueur - RREVERB
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Curieux de nature, Benoit est un boulimique musical qui consomme de presque tous les genres. Du punk au classique, en passant par le folk, le psychédélique et le rockabilly, il sait apprécier les subtilités propres à chacun de ces courants musicaux. À travers des centaines d’heures d’écoute et de lecture de biographies, il tente de découvrir les motivations et les secrets derrière les plus grands albums et les œuvres grandioses des derniers siècles. Il parcourt aussi les salles de spectacle de Montréal, à la recherche de vibrations directes.