On l’a tous dit au moment de son décès, le 26 juillet 2013. JJ Cale était une influence majeure pour quiconque conçoit son rock relax, méticuleux, « easy going » (à ne pas confondre avec « easy listening »!). Ce n’est pas pour rien qu’on l’appelait JJ Cool.

Eric Clapton n’a jamais caché à quel point il admirait son aîné. Déjà, il lui doit deux de ses plus grands succès de sa carrière: Cocaine et After Midnight sont des morceaux que Cale a composés et enregistrés avant que le Slowhand en fasse des hymnes d’aréna. Clapton n’avait même pas à modifier les morceaux de Cale. Il y insufflait un solo inspiré, une touche plus rock et le tour était joué. Les deux hommes ont pu jouer ensemble que par de rares occasions, dont celle-ci, assez récente.

Clapton et Cale allaient finalement concrétiser un album commun en 2006, avec « The Road to Escodido », le seul album composé ensemble.

Au lendemain de l’annonce du décès de JJ Cale, Eric Clapton n’a pas eu de mal à convaincre d’autres grands du rock à se joindre à lui pour un ultime hommage à Mr Cool. C’est ainsi qu’on retrouve des pointures comme Mark Knopfler (sur la douce Someday), Tom Petty (sur l’excellente Rock’n’Roll Records, une chanson un peu oubliée, puis I Got the Same Old Blues), Willie Nelson (Songbird).

Une surprise est la présence de la pop star John Mayer, sur deux titres dont la douce ballade Magnolia. L’histoire ne dit pas s’il pensait à son ex-épouse Katy Perry en chantonnant « you’re the best I’ve ever had ». Le jeune chanteur a beaucoup épaté le Slowhand par la justesse et la sensibilité de son interprétation. Un autre beau moment dans l’album est la présence de Don White, un des musiciens et collaborateurs de longue date de Cale. Il y chante deux morceaux entouré par Clapton et ses amis. La veuve de Cale, Christine Lakeland, musicienne elle aussi, y chante Crying Eyes, pour clore l’album.

Le film docu-promo ci-dessous raconte l’enregistrement de cet album hommage.

Ce qui est de plus étonnant est la voix de Clapton. Elle est quasiment identique à celle du défunt. Sur des morceaux comme Cajun Moon, on dirait presque qu’ils ont repris les pistes de chant de JJ Cale. J’adore quand Clapton ne force pas sa voix lorsqu’il chante. Il arrive à faire des merveilles beaucoup plus senties que lorsqu’il s’époumone. Pensez à sa version acoustique de son classique Layla, édition « Unplugged » (de 1992) versus la version originale de 1970. On y découvre le chanteur plus que le guitariste.

photo: Brian Rooney

photo: Brian Rooney

Et comme les enregistrements originaux de Cale, la plupart des chansons se terminent en fade out, une mode qui est devenue très rare dans la musique d’aujourd’hui.

Bref, on aurait pu faire un album double de ces reprises fidèles à l’esprit du compositeur et interprète original tellement on y sent le plaisir qu’ont Clapton et ses amis à les jouer. Quelle belle façon de célébrer la vie.

Pour terminer, un documentaire datant d’il y a quelques années, dans lequel Cale parle de sa carrière alors que sa compilation « Anyway the Wind Blows » était publiée.

Le documentaire complet relatant l’enregistrement de l’album est disponible sur VH1 mais malheureusement pas au Canada. Avis aux lecteurs qui nous arrivent d’ailleurs.

On peut écouter une playlist des chansons de JJ Cale en cliquant ici.

Eric-Clapton-The-Breeze-an-Appreciation-of-JJ-Cale

ERIC CLAPTON AND FRIENDS
The Breeze: An Appreciation of JJ Cale
(EPC Entreprises, 2014)

-Genre : cool rock
-Dans la même veine que Tom Petty, Dire Straits, Eric Clapton

Lien vers l’achat en ligne (iTunes)
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About The Author

Nicolas Pelletier
Fondateur et rédacteur en chef
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Mélomane invétéré et rédacteur agréé, Nicolas pratique la critique en mode olympique: il parle de tout, tout le temps, depuis 1991. Il a publié 4 500 critiques de disques et concerts dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur en chef de 2009 à 2014. Nicolas a publié "Les perles rares et les grands crus de la musique" en janvier 2013, un ouvrage de 1250 pages en deux tomes.