Le jazz, c’est sérieux. Mais pas toujours! Les Hot Sardines reprennent ce type de jazz cabaret qui fait cliquer des doigts, qui fait sourire, qui donne du swing à la vie!

La chanteuse Miz Elizabeth a du soleil dans la voix (le classique Bei mir bist du shoen avec ses digigidoodoo) et les musiciens qui l’accompagnent – dirigés par Evan “Bibs” Palazzo — ne la laissent jamais tomber. Clarinettes, piano de saloon, contrebasse, guitare rythmique et batterie à balais sont toujours dynamiques dans leur exécution, créant un réel party dans nos oreilles. On comprend beaucoup mieux les documentaires sur les années 1920, 30 et 40 qui racontaient que le jazz était la musique populaire des jeunes avant que n’arrive le rock’n’roll avec Elvis Presley, Buddy Holly, Bill Haley et les autres. Ce n’est pas le jazz à la Keith Jarrett qui faisait danser mais bien celui de Fats Waller, Django Reinhardt et les Andrews Sisters que les Hot Sardines font revivre sur ce sympathique album.

Le romantisme est également à l’honneur avec l’élégante Wake Up in Paris où les violons viennent enrober la voix légèrement nasillarde de Miz Elizabeth. La grande majorité de cet album éponyme est constitué de musique swing, très entraînante (Zazue, en français) dont l’énergie positive est plus que contagieuse. La chanteuse Miz Elizabeth est très juste dans ses interprétations. Touchante comme une grande chanteuse jazz lorsqu’il le faut (I Cant Give You Anything But Love), allumée et pétillante lorsque la pièce l’exige, elle ne tombe jamais dans la caricature, ni le pastiche.

Plus riche musicalement que les Lost Fingers, plus agile et énergique que Pink Martini, les Hot Sardines font un excellent travail à garder vivante une musique tellement essentielle au bonheur qu’on se doit de s’en payer une dose régulièrement.

Miz Elizabeth a grandi en France, au Canada et en Côte d’Ivoire, et  est diplômée d’un Masters en Medias et Communications au London School of Economics (rien que ça!). Elle a appris à chanter en suivant des enseignements sur YouTube, lorsque blasée de son choix de carrière. Palazzo, quant à lui, joue du piano depuis l’âge de 3 ans (!) et est originaire de New York. Il est diplômé en théâtre à l’Université des Arts de Philadelphie. C’est par une annonce qu’ils mirent tous les deux sur Craigslist qu’ils se rencontrèrent en 2007. Jason Prover (trompette), Alex Raderman (percussions), Nick Myers (clarinette/saxophone) et Evan Crane (contrebasse/sousaphone) complètent la formation.

Leur tout premier album a été lancé la semaine passée, réalisé par Eli Wolf (qui a travaillé avec Norah Jones, Al Green, Elvis Costello & the Roots).

the-hot-sardines-album

THE HOT SARDINES
The Hot Sardines
(Decca/Universal, 2014)

-Genre: jazz swing
-Dans le même esprit que les Lost Fingers, Ben Charest, les Andrews Sisters

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Nicolas Pelletier

Mélomane invétéré plongeant dans tous les genres et époques, Nicolas Pelletier a publié 6 000 critiques de disques et concerts depuis 1991, dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur en chef de 2009 à 2014. Il publie "Les perles rares et grands crus de la musique" en 2013, lance le site RREVERB en 2014, et devient stratège numérique des radios de Bell Média en 2015, participant au lancement de la marque iHeartRadio au Canada en 2016. Il dirige maintenant la stratégie numérique d'ICI Musique, la radio musicale de Radio-Canada.