Le groupe de Floride Hundred Waters était de passage hier à la SAT pour nous mettre des étoiles plein la tête. Dès son entrée sur scène, la chanteuse Nicole Miglis, vêtue d’un manteau aux airs rétro futuristes et coiffée comme une princesse (elle me rappelait l’impératrice de l’Histoire sans fin), est devenue la reine de la soirée, régnant sur le public comme sur ses fidèles sujets. Nous transportant au bout de quelques instants dans leur univers fantasmagorique, le groupe laissait déjà présager une performance remarquable. La voix enlevante de Miglis (autant sinon plus live que sur disque) et la justesse de ses acolytes, Trayer Tryon, Paul Giese et Zach Tetreault, étaient au rendez-vous pour un envoûtement absolu.

En plus d’être humble et authentique, Miglis avait une intensité bien contagieuse. Entre mélancolie, force et délicatesse, elle nous a invité chaleureusement à nous immerger dans son monde. L’éclairage travaillé, en étrange symbiose avec la musique, et un habile choix de chansons ont également contribué à l’effervescence de la soirée. Leur son, évoquant toujours curieusement les éléments (eau, feu, vent, etc.), était fluide, éthéré et électrisant, autant que sur disque et frôlant bien souvent la perfection. Présentant plusieurs morceaux de leur plus récent et acclamé album «The Moon Rang Like A Bell» et certaines pièces plus anciennes, même les chansons plus vaporeuses ont su captiver le public.

Parmi les moments forts, la ténébreuse Cavity – pour la chair de poule – et l’éblouissante Murmurs, aussi pure et perçante que sur l’album. La reine nous a ensuite mené vers un climax et une ambiance plus festive (on se souvient que le groupe a déjà étonnament collaboré avec Skrillex, mais attention, l’influence est assurément subtile), pour nous faire redescendre de ce septième ciel tout en douceur, avec un généreux rappel. Hundred Waters nous a ainsi fait plonger, décoller et planer avec beaucoup trop d’adresse pour avoir jamais envie d’atterrir…

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Vanessa Hauguel
Blogueuse - RREVERB
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Née à Montréal au milieu des années 80 (entre une chanson de George Michael et de Foreigner), Vanessa Hauguel se passionne pour la musique depuis qu'elle est tombée amoureuse de David Bowie et de Prince à 9 ans. Assoiffée de nouveaux artistes, elle aime aussi revisiter les oeuvres des artistes plus établis. Ayant un faible pour le rock indépendant, le classique, le folk, le New-Wave, et tout ce qui sort de l'ordinaire, elle vous invite à pourchasser le meilleur de la musique (en vous dictant ses états d'âmes au passage).