Les fans de rock débridé comme Nick Cave le faisait à ses débuts vont adorer le nouvel album d’Iceage! Le chanteur Elias Bender Rønnenfelt prend le même type d’intonation dramatique intense pour déverser son fiel (On My Fingers). Leurs concerts amènent une grande dose d’énergie qui défoule.

Au niveau musical, on croirait à la résurrection du Birthday Party: les musiciens sont intenses, mais assez bordéliques. Comme tous bons punks, ils maîtrisent leur rockabilly (The Lord’s Favorite) et peuvent contenir leur fougue, lorsque nécessaire. Mais on sent que ça bouille là-dedans!!

Ceux et celles qui aiment leurs chanteurs musicalement compétents n’apprécieront pas du tout ce groupe punk danois. Sa façon de faire est beaucoup plus basée sur l’énergie punk et la livraison directe de son propos. Le gars va du point A au point B à travers le chaos musical (How Many) qui l’entoure. Sa propre fougue fait qu’il peine lui aussi à rester dans les tracks… et c’est aussi bien ainsi! Personne ne veut vivre dans un monde musical lisse et sans écueils. La vie en rafting au milieu de rapides est plus excitante qu’endormie dans une barque au milieu d’un lac sans vie.

Iceage s’est formé à Copenhague alors que Rønnenfelt, le guitariste Johan Surrballe Wieth, le bassiste Jakob Tvilling Pless et le batteur Dan Kjær Nielsen (je vous mets au défi de retenir leurs noms) avaient en moyenne 17 ans, en 2008. Après un premier album qui ne sortira pas du Danemark « New Brigade » en 2011, ils signent chez Matador pour « You’re Nothing » (2013) et ce tout nouvel opus « Plowing Into The Field of Love ».

Sur la pièce Glassy Eyed, Dormant and Vield, les références aux premières manifestations musicales de Nick Cave sont assez évidentes. On se demande presque si certains moments ne sont pas calqués sur The Mercy Seat. Une trompette tente de se frayer un chemin à travers les guitares omniprésentes et les pétarades de batterie; on l’entend à peine. Plus loin, la voix douce et très grave de Rønnenfelt ressemble beaucoup à celle du grand Australien (Stay), les lignes de basses vrombissantes et les grands élans de Pless ramènent encore et toujours la fougue des Bad Seeds et du Birthday Party. J’y reviens constamment, mais c’est criant.

iceage-plowing-into-the-field-of-love

ICEAGE
Plowing into the Field of Love
(Matador/Escho, 2014)

-Genre: punk intense
-Dans le même genre que Birthday Party, premiers albums de Nick Cave & the Bad Seeds, Ought

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Nicolas Pelletier
Fondateur et rédacteur en chef
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Mélomane invétéré et rédacteur agréé, Nicolas pratique la critique en mode olympique: il parle de tout, tout le temps, depuis 1991. Il a publié 4 500 critiques de disques et concerts dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur en chef de 2009 à 2014. Nicolas a publié "Les perles rares et les grands crus de la musique" en janvier 2013, un ouvrage de 1250 pages en deux tomes.