“Déséquilibre”, le premier album de KPLR ne lésine pas et s’ouvre fermement, après un court silence, annonçant sans voile ni détour ses couleurs, avec un chœur du trio n’étant pas sans évoquer Astronomy Domine de Floyd. Et si l’influence de la musique rock progressive est tout de même manifeste (et voulue?), c’est à tout un assemblage riche et panaché, représentant un bon tronçon du spectre des résonances rock auquel nous sommes confrontés: du sludge, au rock indé, au métal carrément en passant par de la guitare acoustique et des impulsions plus classiques.

Ainsi, immédiatement, le groupe francophone de Québec composé de Frédéric B. Girard, Didier Noreau et David St-Germain nous agrippe avec un titre plutôt costaud, Lâcher prise. La pièce s’esquisse tout en progressions mélodiques pour virevolter plus tard vers des tumultes rock plus chargés et grandioses. À mon tour de ne pas perdre de temps et ainsi vous révéler franchement que j’estime beaucoup cet album. Le trio ne cesse d’habiter l’espace sonore entre mes écouteurs et mon crâne depuis sa parution en novembre; il ne s’agit de rien de moins que d’une célébration intrépide de la guitare et du rock et je le revisite très souvent. Et si l’album, de 8 titres, est tout de même concis, il ne laisse place à aucun remplissage tout au long de ses 45 excellentes minutes. Bravo, on a opté ici pour un coup de poing de qualité, avec du caractère, et ce sans compromis.

Carnivores a un petit quelque chose des Vulgaires Machins dans la guitare, le son et le texte; “C’est permis, permis de fracasser, c’est gratuit pour les enfoirés…” Tout en ténèbres bondées d’échos avec son harmonica distant et obscur aussi. Un kaléidoscope de tons, de « flange »… Les harmonies alternatives sont habilement honorées aussi sur l’album et j’entends, malgré l’identité bien propre de KPLR, des échos de Karkwa. Scaphandre, qui bénéficie d’une certaine couverture radiophonique en ce moment, se révèle comme un autre des extraits incontournables de l’album avec son style brit rock nuancé.

 

 

Au final, le disque est légèrement plus sidéral que cérébral et c’est bien correct comme ça, dans le genre; tout un kaléidoscope de rock pesant, mais tout de même très intelligent et disons-le psychédélique même par moments. Aucun déséquilibre ici, la seule noirceur réside dans la thématique visée par les textes seulement. Encore une fois, généralement attendu de ce genre de musique. Côté son, le tout est très léché et riche, on ne peut plus efficace et un adroit mélange de divers styles savamment amalgamés. Je ne puis dire que c’est le disque le plus inédit que j’ai entendu, mais le groupe est en pleine possession de sa science, et oh combien intéressant dans ce périple vaste, rêveur et audacieux, présentant un important volet varié de tonalités. J’ai vraiment l’impression que c’est un groupe à surveiller, sans faute, et qui n’a pas fini de nous interpeller. KPLR c’est pour moi, à l’heure actuelle l’un des 4-5 groupes rock les plus prometteurs de la province, rien de moins.

 

KPLR3

KPLR
Déséquilibre
(KPLR, 2014)

-Genre: Rock alternatif
-Des rugissements semblables à ceux de Malajube, Besnard Lakes, Fontarabie

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KPLR - Astres en mouvement
Originalité85%
Authenticité90%
Accessibilité80%
Direction Artistique85%
Qualité Musicale90%
Textes80%
85%Overall Score
Reader Rating: (3 Votes)
77%

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Martin Curadeau
Blogueur - RREVERB

L'écoute d'un disque est un instant privilégié de rencontre avec l'essence même d'un créateur. Maelstrom de sons, myriades d'émotions et petits morceaux d'âmes à l'état brut. Bien que la musique dite émergente (tel le rock indé.) est au centre de ses intérêts, sa curiosité n'a pas de bornes et il ne résiste, pour ainsi dire, à aucun style. Être transporté, chaviré, surpris et envouté par des albums est un rendez-vous quotidien.