KT Tunstall n’est pas si connue de ce côté de l’Atlantique, mais dans son pays natal, elle est véritablement prophétesse, faisant mentir l’adage. En 2004, elle avait été en nomination aux prestigieux Mercury Awards ainsi que pour un Grammy, remportant un BRIT Award.

C’était à l’époque de son premier album « Eye to the Telescope ». La brune native de St-Andrews en Écosse avait un look à la PJ Harvey et une aura de vedette indéniable. Une apparition à l’émission de Jools Holland la propulse, puis la reprise de sa chanson Black Horse and the Cherry Tree lors de la finale d’American Idol en 2006 l’aide à percer en Amérique.

Ses chansons sont ensuite entendues dans plusieurs films tels que Le Diable s’habille en Prada ou Blind Dating, ainsi que mise en valeur dans certaines séries télé très populaires comme Ugly Betty, Ghost Whisperer, Medium, Esprit criminel, NCIS : Enquêtes spéciales ou Grey’s Anatomy. KT Tunstall était maintenant connue.

Aujourd’hui, à 38 ans, KT s’est calmée et lance un 8e album (si on compte le live, le spécial Noël et le disque acoustique…), intitulé « Invisible Empire // Crescent Moon » et dont les chansons sont d’une douceur insoupçonnée de la part de celle qui s’affichait avec panache et une Flying V au début de la décennie actuelle. Le disque débute avec un magnifique morceau folk intimiste, Invisible Empire. Le genre de morceau qui donne l’effet qu’on a écrit « une bonne chanson » vu l’efficacité de la mélodie et la simplicité de la suite d’accords.

Quelques-unes sont de facture folk classique, comme Old Man Song ou Made of Glass, mais dans celle-là on y décèle quelques accents jazz dans la façon de chanter, ce qui se confirme carrément avec la vaporeuse How You Kill Me. Tunstall a toujours voué un culte à Ella Fitzgerald, et ça parait enfin un peu plus dans sa musique. Sur la suivante, Carried, la voix de Tunstall est très semblable à celle de Norah Jones. Et comme cette dernière a pris un virage indie folk depuis deux albums, les territoires des deux beautés empiètent carrément l’un sur l’autre.

Au final, on a ici un album qui s’écoute très bien, qui est reposant par sa simplicité et très agréable dans le ton.

Pour la petite histoire, sachez que Kate Victoria Tunstall a été adoptée à la naissance par un couple écossais, un physicien et une enseignante. Sa mère était d’origine chinoise, et son père était Irlandais. Elle débute à l’âge de 20 ans dans un groupe nommé Oi Va Voi, mais ce n’est qu’en 2004 qu’elle percera enfin, en solo.

MISE-À-JOUR!

KT Tunstall sera en concert à Montréal le 21 septembre au Centre de la créativité Gésù (une superbe salle intimiste à la sonorité extraordinaire – ça promet!).

Cliquez ici pour vous procurer des billets.

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KT TUNSTALL
Invisible Empire // Crescent Moon
(Virgin, 2013)

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Nicolas Pelletier

Mélomane invétéré et rédacteur agréé, Nicolas pratique la critique en mode olympique: il parle de tout, tout le temps, depuis 1991. Il a publié 6 000 critiques de disques et concerts dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur-en-chef de 2009 à 2014. Il publie “Les perles rares et grands crus de la musique” en 2013, et devient stratège numérique des radios de Bell Média en 2015, participant au lancement de la marque iHeartRadio au Canada en 2016.