C’est avec une énergie ahurissante et devant salle comble que LA FEMME s’est attaqué aux planches du Bar Le Ritz P.D.B. hier soir. Le groupe était à nouveau en sol montréalais afin de nous présenter son excellent premier album “Psycho Tropical Berlin”. Dès le premier élan, avec la pièce Amour dans le motu, les spectateurs entassés pour l’occasion étaient déjà conquis. Et ce malgré le son, tout de même, loin d’être impeccable et précis.

En effet, dès les notes initiales, le claviériste Marlon Magnée ne cessait de faire signe (sans succès) à l’ingénieur de hausser le volume des synthés. Étrangement, cet imbroglio sonore a catapulté la section rythmique et les guitares, contrairement au mix du disque, plus en avant et conféré à l’ensemble un tout autre aspect; comment dire un peu plus bruyant et insouciant; mais oh combien intéressant et bénéfique à mon sens.

 

La femme 3

 

Une facture ainsi involontairement beaucoup plus dynamisée et punk qui va comme un gant au band français. Un petit quelque chose des formations post-punk britanniques tel Gang of Four par exemple qui m’a totalement captivé. Leur musique originale, hardie et primitive nous a été livrée, quasi sans interruption et tel un coup de poing; avec une détermination scénique très méritante, compte tenu de l’espace limité offert par la fort petite et sympathique salle. Coup de cœur suprême pour la chanteuse Clémence Quélennec qui envoûte littéralement l’auditoire. Quelle présence hallucinante!

Les moments forts ont certainement été multiples, mais lors notamment de Sur la planche et d’Antitaxi, près de la moitié du «floor» du Ritz s’activait; pogo, yéyé et trash, au son à la fois surf et ténébreux du groupe. Le tout semblait émaner d’un spaghetti western trash sous influence. Ce sont beaucoup de sensations, en effet, sur les planches du Bar Le Ritz, que La Femme nous a fait ressentir hier soir, et ce pendant près de 2 heures. Une de ses soirées de spectacle mémorable et magique qui, selon moi, ne peut se matérialiser que dans de minuscules salles intimes pleines à craquer. Le groupe a un bel avenir en perspective et je lui souhaite longue vie et à bientôt.

 

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Martin Curadeau
Blogueur - RREVERB

L'écoute d'un disque est un instant privilégié de rencontre avec l'essence même d'un créateur. Maelstrom de sons, myriades d'émotions et petits morceaux d'âmes à l'état brut. Bien que la musique dite émergente (tel le rock indé.) est au centre de ses intérêts, sa curiosité n'a pas de bornes et il ne résiste, pour ainsi dire, à aucun style. Être transporté, chaviré, surpris et envouté par des albums est un rendez-vous quotidien.