Après quatre mini-disques, l’artiste français Lull (nom de scène de Florian Pessin) a fait paraître un premier album complet au mois de septembre dernier. Intitulé « The Epilogue », cet opus déploie des sonorités américaines, du folk au country, en passant par le rock et le soul. On se plaît à écouter ces 12 chansons parfois très dynamiques, mais à l’atmosphère souvent intimiste et introspective.

Florian Pessin est originaire de Grenoble, mais est passé par New York il y a quelques années. Il avait fondé son projet Lull en référence à une face B de Radiohead, époque « OK Computer ». Il a produit quatre EP et s’est finalement entouré de quatre autres musiciens en 2012 afin de mener à terme cet album.

La très belle Wasted Afternoons ouvre l’album. Le son de guitare évoque presque du soul à la Stax, et plus loin on retrouve de vibrants cuivres. La voix du Grenoblois est magnifique, un brin éraillée et laissant transparaître beaucoup de vécu. Vient ensuite l’excellente I Don’t Get It, qui est plutôt country, mais toujours magnifique : cette fois, c’est le violoncelle qui nous berce. Un entraînant motif à la guitare acoustique se fait entendre au début de la convaincante The Life We Want. On est ici dans une ambiance folk-rock, avec une touche de rockabilly dans la guitare électrique. Le premier tiers de l’album se conclue avec la très belle ballade folk Young And Stupid, qui est plus dépouillée et subtile.

Menée par le violoncelle, Heartbreak Has No Warning est un très bon véhicule pour la voix de Florian Pessin, lui qui y met beaucoup d’âme. Dès après, on revient à un folk intimiste avec Raise My Soul. Le rock effréné (presque garage) de You Can’t Make Rain Anymore est cependant beaucoup moins réussi. Les deux chansons suivantes, No Guarantee et Wasted Afternoons (Reprise), sont plus apaisantes – et mieux rendues. Aux accents country-rock, Stay Tuned Tonight est très énergique. Le folk prenant de It’s Alright Now et le joli folk-rock de The Sun concluent l’album de brillante manière.

La production soignée et bien balancée de « The Epilogue » permet à la voix puissante et expressive de Florian Pessin de rayonner tout au long du disque. Lull nous propose finalement un americana très diversifié qui rappelle Andrew Bird, Ray Lamontagne ou encore The Tallest Man On Earth. Lull réussit à trouver un équilibre entre ces différentes sonorités. « The Epilogue » est donc un très bon album, et il sera intéressant de suivre le parcours de ce talentueux artiste français.

lull the epilogue
LULL
The Epilogue
(2014, Musicast)

-Genre : folk-rock/americana
-Dans le même genre que The Tallest Man On Earth, Andrew Bird, Ray Lamontagne

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LULL : L'Amérique, de New York à Grenoble
Originalité70%
Authenticité85%
Accessibilité80%
Direction artistique80%
Qualité musicale85%
Textes80%
80%Overall Score
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98%

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Benoit Bergeron
Blogueur - RREVERB
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Curieux de nature, Benoit est un boulimique musical qui consomme de presque tous les genres. Du punk au classique, en passant par le folk, le psychédélique et le rockabilly, il sait apprécier les subtilités propres à chacun de ces courants musicaux. À travers des centaines d'heures d'écoute et de lecture de biographies, il tente de découvrir les motivations et les secrets derrière les plus grands albums et les œuvres grandioses des derniers siècles. Il parcourt aussi les salles de spectacle de Montréal, à la recherche de vibrations directes.