Mathieu Bérubé est un auteur-compositeur-interprète qui vient d’apparaître dans le paysage musical québécois. Il se démarque – vraiment – des autres avec un style très personnel, très inspiré sur les chanteurs folk des années 70 tels Maurice Bénin, Jim & Bertrand ou, plus récemment Tire le coyote. C’est à dire des compositeurs qui utilisent une poésie qui mélange la mélancolie du quotidien (Armistice) avec des éléments très originaux au niveau musical.

Ainsi on a de l’accordéon qui donne un effet Tom Waits sur Pieds nus et il nous sert une explosion joyeuse lorsque débarque sans avertissement la fanfare de cirque au refrain de Polichinelle, qui fait sonner le tout comme du Beirut. L’univers de Bérubé est un peu comparable à celui tout aussi délirant d’Alexandre Beauregard, principal parolier et chanteur du groupe Caltâr-Bateau.

 

“Saudade” est le genre d’album complètement déjanté, différent et unique, par rapport au reste de ce qu’on entend autour. Dans les dernières années, plusieurs excellents artistes folk ont émergé avec chacun leur style bien à eux: Philippe B, Stéphane Lafleur (Avec pas d’casque), Benoit Pinette (Tire le coyote) et Philippe Brach en sont quelques exemples notables. Mathieu Bérubé s’ajoute à cette exquise liste de poètes créateurs d’univers fascinants.

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Pas le type d’album où on trouve (ni cherche) des singles radio. Plus le genre d’oeuvre qu’on écoute pour tomber en amour avec un vers, pour être renversé par un portrait de situation bien mis en contexte. “Il n’y a plus de chemin qui mène à toi”, lance-t-il dans un triste constat sur Le Huard. Et, encore plus beau: “La vie me cerne et la vis se sert / Deux vertus se révoltent en vices / Je vois l’amour en temps de guerre / Comme deux coups de canon pour l’armistice”, sur la chanson Armistice, qui ouvre son tout premier album.

Il s’agit du premier opus de Mathieu Bérubé, originaire de Saint-Eustache. Il avait été remarqué durant les concours Ma Première Place des Arts, l’Étoile montante Ford (finaliste deux fois), au Festival international de la chanson de Granby (demi-finaliste) et qui a participé aux Francouvertes l’an dernier. Il est entouré de Mélanie Venditti au violon alto et au chant, Simon Piché-Castonguay aux claviers et au chant ainsi qu’Étienne Mason à la batterie et aux synthétiseurs. La réalisation est signée Benoît Parent (qui a aussi fait la prise de son et le mixage), Jérôme Dupuis-Cloutier et Mathieu Bérubé.

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La photo de Jean-Philippe Sansfaçon qui orne la pochette est un clin d’œil au film « Nostalghia » du réalisateur russe Andreï Tarkovski, paru en 1983, dans lequel un auteur retrace la vie d’un compositeur du 18e siècle qui se serait suicidé suite à son retour en Russie.

On peut également écouter le premier EP de Mathieu Bérubé de 6 chansons, « Du printemps plein la bouche », paru en 2013, gratuitement sur sa page BandCamp.

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MATHIEU BÉRUBÉ
Saudade
(Ad Litteram, 2016)

-Genre: chanson folk
-Dans le même univers que Tire le coyote, Carl-Eric Hudon, Caltâr-Bateau, Beirut

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Nicolas Pelletier
Fondateur et rédacteur en chef
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Mélomane invétéré et rédacteur agréé, Nicolas pratique la critique en mode olympique: il parle de tout, tout le temps, depuis 1991. Il a publié 4 500 critiques de disques et concerts dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur en chef de 2009 à 2014. Nicolas a publié "Les perles rares et les grands crus de la musique" en janvier 2013, un ouvrage de 1250 pages en deux tomes.