Quel festival incroyablement délicieux (et essoufflant) que Pop Montréal. Quelle offre de talent inimaginable s’y trouve, au cube et partout! Je n’ai pu prendre part qu’à une minorité de concerts cette année, mais, j’ai eu l’opportunité d’être à plusieurs prestations mémorables, les voici:

 

The Kills au Métropolis

Après une plutôt fade et monochrome performance de L.A. Witch, les Kills n’ont perdu aucun temps; le duo percutant a vivement pris d’assaut les planches du Métropolis. C’est ainsi, avec une abondante énergie, qui n’a pas flanché de la soirée, qu’Alison Mosshart et Jamie Hince, adossés d’une jolie murale de volcans et de palmiers, nous ont martelés de leur rock affriolant. Mosshart a fait tournoyer vivement sa chevelure “bleachée” et a arpenté la scène sans cesse, d’un bout à l’autre, tout en déhanchements, avec attitude et style.

Et si le nouvel album “Ash & Ice” a été solidement incarné, nous avons eu aussi droit à une chouette sélection de morceaux étalés sur la discographie complète des cinq albums du groupe. Il était ainsi difficile de ne pas être assouvi par cette séance. De l’ouverture décidée et énergique avec Heart of a Dog, jusqu’au dernier morceau du rappel, avec Fried My Little Brains. Pas de pyrotechnique; tout l’accent était mis sur l’excellente musique et la vigueur infatigable des deux artistes, ici flanqués d’un batteur et d’un claviériste, en fond de scène. Soirée hautement réussie et géniale début de festival ce fut!

 

La Bronze au BBQ des Quartiers POP

Bravant la forte brise fraîche d’automne, dans un environnement extérieur (un BBQ d’après midi) ne se prêtant pas parfaitement à ce genre d’electro; La Bronze a su mettre beaucoup de chaleur et d’aplomb à l’ouvrage malgré tout, accompagnée du brillant Clément Leduc (aussi membre fondateur du groupe Hologramme) aux claviers.

Je n’avais pas encore eu la chance d’assister à l’une de ses maintes prestations cet été (elle était pourtant partout). Ainsi, je voulais absolument aller la voir, cette fois, coûte que coûte. Ce fut un court, mais intense “set” qui ne m’a pas déçu une seule seconde. Je vous parlais récemment de cette talentueuse et inspirée artiste ici, elle mérite tout votre intérêt. Elle donnera un concert-bénéfice, mercredi prochain, sur le Toit d’Ubisoft.

 

Beyries et Kandle sur le Toit d’Ubisoft

Et parlant du Toit d’Ubisoft, je suis stupéfait à chaque fois! Quel site magique, avec vue envoûtante sur le Mont-Royal et l’étendue foisonnante de la ville, au couchant, pour assister à des prestations musicales à Montréal. Et samedi, c’est dans le cadre d’un concert que j’attendais depuis un bon moment que j’y ai pris place, médusé.

Il y a des artistes qui nous happent dès le premier contact. Ainsi, les titres Soldier et, The Pursuit of Happiness, de l’album à paraître, ont généré énormément de “buzz”, d’admiration et d’émotions fortes chez moi. Elles ont joué, assez en boucle merci, dans mes oreilles, ces derniers mois. Amélie Beyries nous a livré une authentique, chaude et extrêmement intime performance, dans le silence le plus total des spectateurs conquis. Avec plusieurs intenses pièces comme You Are, J’aurai cent ans (collabo. avec Louis-Jean Cormier) et Wondering, le futur disque s’annonce déjà magnifique.

L’ambiance féerique du pittoresque concert donnait l’impression privilégiée d’assister à un moment hautement singulier. L’inestimable début d’une artiste qui va, selon moi, prendre place de choix et ne cessera de nous chavirer de ses admirables compositions. C’est ce genre de soirées qui me rappelle pourquoi la musique arrive à me bouleverser autant. Mon impatience vis-à-vis du disque est désormais à son comble! Allez la bande de Bonsound, sortez nous ça rapidement ce bijou-là!

 

 

Après un épisode d’alarme d’incendie, entre les deux “sets”, ayant forcé la foule, les employés et les artistes présents à quitter le bâtiment pour une vingtaine de minutes; la nuit est tombée sur la ville et, aussitôt le chaleureux public remonté, c’était au tour de Kandle d’illuminer la céleste scène, sur la terrasse. La voir ainsi, sous la pénombre étoilée, urbaine et enveloppante de Montréal, nous servir sa sirupeuse voix, sous “riffs” chauds et “bluesy”, avec son groupe les Krooks c’était, dans un autre registre, merveilleusement incomparable. Quelle soirée!

 

Emilie & Ogden à La Chapelle St-Louis

Assister à un concert dans une salle traditionnelle c’est bien, mais, comme mentionné précédemment, j’adore les lieux qui rendent l’expérience du spectateur mémorable et distincte. Quelle salle ce fut, en effet, parfaitement adaptée à la musique intimiste d’Émilie & Ogden. J’ai été transi, à nouveau confronté à cette voix sublime, tour à tour doux murmure puis, intense et chaude sensualité incarnée. Et que dire des réverbérations enchantées de sa harpe virevoltante sous la coupole de La Chapelle St-Louis.

La talentueuse artiste y a effectivement élu résidence, pour deux soirs, afin d’y faire résonner divinement cet art unique et cette splendide voix. Un autre spectacle magique, secret et renversant d’une langoureuse et intime douceur, devant salle comble. Emilie qui offre déjà un style de pop assez singulier; la voir en ce lieu, c’était pur délice. Nous avons pu entendre de nouvelles pièces et, aussi, une reprise inattendue du This Is What You Came For (de Rihanna et Calvin Harris). Moi qui ne me lasse déjà pas de son premier album “10 000”, elle sort cette semaine un EP, “10 000 (solo)” avec de nouvelles versions d’excellents titres tels Blame.

 

Solids à La Vitrola

Forts de la sortie, plus tôt cette année, d’un EP, du succès de leur premier album “Blame Confusion” et de l’engouement des admirateurs présents (moi inclus). Les Solids, composés de Louis Guillemette, Xavier Germain-Poitras et, maintenant trio avec Guillaume Chiasson, sont venus livrer une dernière performance locale avant de retourner en studio concocter un nouvel album. Ils ont su, avec brio, sans surprise, brasser bruyamment la foule de leur dissonant punk à l’aide d’un mur de bruit incessant.

L’avant-scène de La Vitrola se mouvait dans un “Thrash” continu et vigoureux, sous les cascades de distorsion sévère; changements de tempo et rythmes toujours joyeusement cinglants. Je leur souhaite de garder ce son n’ayant rien à envier aux groupes du genre. Pour moi, Solids c’est un band qui, avec sa touche perso, sans non plus être redondant; rivalise avec les groupes phares des grandes heures d’étiquettes comme Matador et Merge records, par exemple, dans les années ’90. Ne changez SVP pas votre approche surtout, bonne compo. et à bientôt!

 

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Martin Curadeau
Blogueur - RREVERB

L'écoute d'un disque est un instant privilégié de rencontre avec l'essence même d'un créateur. Maelstrom de sons, myriades d'émotions et petits morceaux d'âmes à l'état brut. Bien que la musique dite émergente (tel le rock indé.) est au centre de ses intérêts, sa curiosité n'a pas de bornes et il ne résiste, pour ainsi dire, à aucun style. Être transporté, chaviré, surpris et envouté par des albums est un rendez-vous quotidien.