2018 a encore été une année exceptionnelle en musique. Les choix ont été difficiles, mais quelques valeurs sûres ont su se démarquer et s’imposer. Sans plus attendre, voici les 10 albums qui sont, à mon humble avis, les meilleurs parus en 2018. J’ai cru bon aussi choisir 5 autres albums qui sont passés bien près de mon Top 10.

J’ai fait une liste de lecture avec des chansons de ces 10 albums, en plus de pièces provenant de ces 5 autres albums.

Bonne écoute!



10- Odetta Hartman – « Old Rockhounds Never Die »

Violoniste de formation classique, se débrouillant aussi très bien au banjo, Odetta Hartman fait une sorte de folk et d’americana post-modernes, y intégrant des sonorités et textures électroniques. La New-Yorkaise a aussi enregistré des sons notamment dans sa cuisine, et réussit habilement des collages sonores audacieux et expérimentaux. Au centre de cette curieuse courtepointe musicale, réalisée par Jack Inslee, les compostions et la voix d’Odetta Hartman assurent une remarquable cohésion à l’ensemble.

9- Cat Power – « Wanderer »

Le 10e album de Cat Power est tout en douceur, en retenue, avec des arrangements particulièrement dépouillés. Son premier album en six ans est plein d’une émotion brute et d’une émouvante honnêteté certainement marqués par les épreuves qu’elle a vécues dans les dernières années (maladie et naissance de son fils). Lana Del Rey fait une apparition sur la superbe Woman, et le duo est franchement épatant.

8- Ruen Brothers – « All My Shades Of Blue »

Ces deux frères sont originaires du nord de l’Angleterre, mais à écouter leur excellent premier album, on pourrait penser qu’ils ont grandi au Tennessee ou au Mississippi. Les Ruen Brothers ont clairement écouté Johnny Cash, les Everly Brothers et tout le rock ‘n roll et le rockabilly des années 50. Ils se sont alliés au réalisateur de renom Rick Rubin sur cet opus, dominé par la superbe voix de baryton de Henry Stansall, chanteur principal du duo. Les Ruen Brothers excellent autant dans les ballades (Make The World Go Away) que dans des chansons pop-rock accrocheuses (All My Shades Of Blue).

7- Salomé Leclerc – « Les choses extérieures »

Très automnal dans ses textures et ses ambiances, ce troisième album confirme la place de choix qu’occupe désormais Salomé Leclerc dans le paysage musical québécois. Son grand talent d’auteure-compositrice-interprète s’affirme encore une fois sur cet opus tout en nuances et en subtilités, et qui s’écoute bien d’un bout à l’autre.

6- Alexandra Stréliski – « Inscape »

Le deuxième album de cette pianiste montréalaise est d’une beauté sans nom. Très évocatrice et cinématographique (plusieurs de ses compositions ont d’ailleurs été utilisées dans des œuvres de Jean-Marc Vallée), sa musique est apaisante et réconfortante. À mi-chemin entre piano romantique et impressionniste, ses compositions sont introspectives et intimistes. La prise de son est merveilleuse, rendant justice à l’art de cette pianiste hors norme.

5- Feu! Chatterton – « L’Oiseleur »

Après un premier album réussi, les Parisiens de Feu! Chatterton ont mis la barre encore plus haute, avec l’excellent  « L’Oiseleur ». Le groupe le plus lettré du rock fait une musique envoûtante,  qui a du muscle et qui est même parfois presque tapageuse. Le groupe joue avec les mots à la manière d’un groupe de hip-hop, comme ici, dans la sublime L’ivresse : « Et ma hargne se dilue dans un océan de qui-es-tude, et de liquide / Toi que je vois dans cet alcool d’agave dis-moi qui es-tu? ».

4- Rolling Blackouts Coastal Fever – « Hope Downs »

Ce quintette australien fait une jangle pop fortement influencée du rock alternatif des années 80, et des groupes comme R.E.M., the Feelies, Real Estate et Mikal Cronin. Il n’y a rien de spectaculaire ici, aucun solo à la Eric Clapton, mais leur musique est diablement efficace et bien construite. Au son clair, les guitares se mêlent l’une dans l’autre et tissent une toile dans laquelle on est immanquablement pris.

3- Ezra Furman – « Transangelic Exodus »

Sorti en début d’année, le quatrième album solo de ce natif de Chicago est difficile à classer, et même parfois difficile d’approche. « Transangelic Exodus » est une sorte d’album-concept se déroulant dans un monde dystopique où des anges sont déclarés illégaux et pourchassés. De ce narratif, Furman tire une musique complètement brillante, originale, plutôt inclassable, alternant entre indie-rock, lo-fi, psychédélique et noise pop. Sans guitare et propulsée par des violoncelles, Love You So Bad est tout simplement irrésistible!

2- The Lemon Twigs – « Go To School »

Le deuxième album des frères D’Addario rappelle le indie-rock psychédélique de Foxygen : très influencé par les années 60 et 70, mais en même temps très moderne. Les New-Yorkais paient leurs dettes sur cet opus, en invitant à collaborer Todd Rundgren et Jody Stephens, le batteur de Big Star, grosse influence power pop. L’ambiance est aussi parfois à la comédie musicale revisitée à la sauce glam-rock. Bref, voici un album déjanté, certes, mais qui s’assume complètement dans ses extravagances!

1- Lydia Képinski – « Premier Juin »

La gagnante des Francouvertes en 2016 avait piqué notre curiosité avec un premier EP sorti en 2016. Son premier album complet est tout simplement splendide, époustouflant. Sa musique est recherchée, complexe, foisonnante, unique, mais toujours bien balancée et nuancée. De plus, la réalisation de Blaise Borboën-Léonard (anciennement d’Hôtel Morphée) est sans faille, renforçant les textures et les sonorités électro-rock. La qualité des compositions de Lydia Képinski est impressionnante, presque tout est parfait.

Ils ont raté de peu mon Top 10

Arctic Monkeys – « Tranquility Base Hotel & Casino »

Courtney Barnett – « Tell Me How You Really Feel »

Cœur de pirate – « En cas de tempête, ce jardin sera fermé »

Father John Misty – « God’s Favorite Customer »

Hubert Lenoir – « Darlène »

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