Pour une troisième année consécutive, l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) présentait la Virée classique ce vendredi et samedi. Le coup d’envoi était donné jeudi soir, à l’Esplanade du Stade Olympique, avec Carmina Burana, l’OSM, deux solistes, 1500 choristes et plus de 40000 spectateurs! De manière plus modeste, j’ai assisté à trois spectacles en salle samedi. Du Mozart, du Beethoven, du Schumann (à lire ici) et du Lapointe (à lire ici) y étaient présentés.

Le premier concert auquel j’ai assisté avait lieu à la Maison symphonique. Kent Nagano dirigeait tout d’abord son orchestre dans l’ouverture de l’opéra La Flûte enchantée de Wolfgang Amadeus Mozart. Cette ouverture est l’une des dernières œuvres de Mozart (composée en 1791), et l’une de ses plus célèbres. Un sombre Adagio ouvre la pièce, auquel lui succède un flamboyant Allegro fugué. L’OSM a joué cette pièce avec l’aplomb et les nuances nécessaires.

Le plat de résistance de ce court concert était le Concerto pour piano et orchestre no 3 de Ludwig van Beethoven. Composé en 1802, ce troisième concerto a certainement marqué un important pas en avant pour Beethoven, alors âgé de 31 ans et au début de sa période dite « héroïque ». Des sonorités symphoniques sont exigées du piano (dont les sept octaves sont utilisées!) et il y a un constant dialogue entre orchestre et soliste.

C’est le pianiste polonais Rafał Blechacz, 29 ans seulement, qui en était le soliste. Vainqueur en 2005 du Concours international de piano Frédéric-Chopin et doctorant en esthétique et philosophie de la musique, il mène une carrière internationale et détient un contrat d’exclusivité avec la prestigieuse maison de disques Deutsche Grammophon.

rafal blechacz

Rafal Blechacz

Le premier mouvement, Allegro con brio, revêt un caractère militaire et n’est pas sans rappeler la Symphonie Eroica (no 3, complétée en 1804). D’une sonorité riche et pleine à laquelle l’acoustique exceptionnelle de la Maison symphonique rendait justice, une cadence exigeante a été exécutée vers la fin de ce mouvement. Le Largo est tout en douceur, en tendresse, presque angélique : un des plus beaux moments chez Beethoven. Le soliste souligne bien cette délicatesse, s’exprimant avec retenue. Le Rondo, dont le thème est brillamment exposé par le piano, se déploie dans des échanges réguliers entre soliste et orchestre, pour se terminer de manière énergique et grandiose.

Le public en redemandait, mais la Virée classique devait continuer son cours. Et moi je devais me déplacer vers la 5e salle, le temps de manger une petite bouchée.

La suite de cette grande Virée classique ici.

Réagissez à cet article / Comment this article

commentaires / comments

About The Author

Benoit Bergeron
Blogueur - RREVERB
Google+

Curieux de nature, Benoit est un boulimique musical qui consomme de presque tous les genres. Du punk au classique, en passant par le folk, le psychédélique et le rockabilly, il sait apprécier les subtilités propres à chacun de ces courants musicaux. À travers des centaines d’heures d’écoute et de lecture de biographies, il tente de découvrir les motivations et les secrets derrière les plus grands albums et les œuvres grandioses des derniers siècles. Il parcourt aussi les salles de spectacle de Montréal, à la recherche de vibrations directes.