Comme plusieurs artistes québécois qui ont débuté leur carrière sur les chapeaux de roues (on pense à Daniel Boucher, Urbain Desbois, Elisapie Isaac…), l’auteure-compositrice-interprète originaire de Cap-Rouge et ayant grandi à Lac-Beauport, en périphérie de la ville de Québec, Pascale Picard doit redoubler d’efforts pour continuer à se faire remarquer, élément essentiel à toute carrière artistique. Rien de pire que de tomber dans l’oubli.

Picard, qui avait frappé fort en 2007 avec son album de caractère « Me, Myself and Us » où l’on faisait connaissance avec une auteure-compositrice-interprète avec du mordant, une Ani DiFranco d’ici, une francophone de la vieille capitale chantant dans un anglais parfait.

Son petit look tomboy et son insistance (très honorable) à inclure tous les membres de son groupe sous les projecteurs en faisaient la saveur du mois. Mathieu Cantin à la guitare, Philippe Morissette à la guitare basse et Stéphane Rancourt aux percussions (ensuite remplacé par Serge Poulin puis Marc Chartrain depuis peu). 100 000 copies sont vendues, puis une vaste tournée en Europe francophone la tient occupée en 2009.

Voici quelques chansons marquantes de cet album (ainsi que quelques bonnes reprises de Pink Floyd!). Cliquez sur PLAY ALL pour les écouter toutes d’une traite.

En 2011, l’album « A Letter to No One » ne créé aucun engouement. Il passe complètement inaperçu. Elle travaille sur la bande-son de la troisième série de la série télé « Trauma » en 2013.

Qu’en est-il sept ans plus tard?

Avec son troisième album, Pascale Picard a changé, a évolué. Elle est toujours capable d’écrire des airs accrocheurs (comme le premier single Runaway), mais elle a aussi développé son côté personnel (Blame It On Me).

Le principal atout de Pascale Picard est son talent mélodique. Sur des morceaux comme Hey Tim, c’est avant tout l’air qui est bien écrit. Ensuite, la voix intime et touchante de la souriante brunette charme. C’est criant de sincérité. Picard se dévoile encore plus sur Haunted States où elle chante de façon inspirée, d’abord accompagnée par sa guitare, puis par un rock sombre et dense, qui transmet bien l’angoisse de cette chanson. On n’avait jamais entendu la fille de Québec aussi intense! Comme pour désamorcer le tout, le titre suivant, A Dog in the House, est plus léger, plus folk rock. Son accent de francophone ressort davantage et la sauce prend moins bien.

Plusieurs chansons donnent cette impression de déjà-vu positif. Ce « ah c’est bon ça, je connais cet air » qui nous méduse puisque Sleepwalker – par exemple – n’est pas une reprise même si on pourrait le penser. Une autre très belle chanson, fort réussie.

« All Things Pass » est probablement l’album qui contient les moments les plus sombres de la carrière musicale de Pascale Picard. Elle se montre en peine d’amour, triste, en plein laisser-aller (Without You), tout en confirmant la force de sa voix. Qu’on l’aime ou non, Pascale Picard fait maintenant partie du décor avec son oeuvre bien à elle, avec son chemin bien à elle. Le chemin assez peu fréquenté des francophones québécois qui réussissent à faire de la musique de qualité en anglais.

On pourra aller vérifier le tout sur scène, le jeudi 30 octobre au Club Soda. On clique ici pour se procurer des billets,  puis le 28 novembre au Théâtre Petit Champlain, à Québec.

Pascale-Picard-All-Things-Pass

PASCALE PICARD
All Things Pass
(Simone Records, 2014)

-Genre: folk pop
-Dans le même genre qu’Aimee Mann, Ani DiFranco

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Nicolas Pelletier

Mélomane invétéré et rédacteur agréé, Nicolas pratique la critique en mode olympique: il parle de tout, tout le temps, depuis 1991. Il a publié 6 000 critiques de disques et concerts dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur-en-chef de 2009 à 2014. Il publie “Les perles rares et grands crus de la musique” en 2013, et devient stratège numérique des radios de Bell Média en 2015, participant au lancement de la marque iHeartRadio au Canada en 2016.