J’avoue que je ne connaissais pas Patty Griffin avant d’avoir fait un peu de recherche sur Robert Plant à la sortie de son album « Lullaby and… The Ceaseless Roar » l’an dernier. J’ai dû me préparer pour un appel conférence qu’il avait organisé avec certains médias dont j’ai eu l’honneur de faire partie (à lire ici). Quel est le lien entre le chanteur de Led Zep et cette vétérane de la scène country folk américaine me demandez-vous? Eh bien ces deux-là ont été un couple dans les années 2013-2014. La rumeur voulait même qu’ils se soient mariés.

Patty-Griffin-and-Robert-Plant

Plant et Griffin le 13 octobre 2011 à Nashville, Tennessee.

C’est donc avec un intérêt décuplé par la curiosité mondaine (et ma passion pour Led Zep inassouvie depuis la fin de leur règne) que j’écoutai le nouvel album de Patty Griffin, dont je ne connais rien des 8 albums qu’elle a fait paraître depuis 1996.

C’est une voix unique et captivante qu’a Patty Griffin: un brin nasillarde comme les grands artistes folk des années 60 (sur Good and Gone, elle sonne comme Dylan ou Baez) mais avec un aspect hanté qui donne une couleur particulière à ses œuvres. Une voix qui arrête le trafic, qui tranche le silence.

La musicienne de 51 ans offre une belle variété musicale sur « Servant of Love ». Sur There Isn’t One Way, Patty Griffin semble autant influencée par la musique de Tom Waits époque Marc Ribot, alors que sur Noble Ground, elle devient une langoureuse (mais quand même inquiétante) chanteuse jazz directement inspirée par Nina Simone. Elle repart dans une direction plus chanson classique sur You Never Asked, une pièce livrée simplement en format piano/voix, dans le style de Tori Amos.

La chanson clé de cet album est l’énergique, mais mystérieuse Snake Charmer, un morceau de blues folk qui pourrait épouser des moments allumés dans des films de Tarantino (je sais; je prends souvent cet exemple; probablement que 1000 autres cinéastes seraient aussi pertinents, mais c’est parlant). On tape du pied, on voit les images… et on se met à penser que le guitariste qui l’accompagne, David Pulkingham, est fortement influencé par les chansons folk blues du Zeppelin! Le riff ressemble à ce qu’on entendait sur le 3e album du groupe, ne trouvez-vous pas?

 

Enfin, ce n’est pas pour ses références à Led Zep ou Plant que « Servant of Love » est un très bon album. C’est surtout parce qu’il expose le talent de cette grande dame du folk, qu’on aurait dû connaître il y a bien plus longtemps. Ça donne le goût de creuser son répertoire encore plus loin.

Non seulement la native de Old Town dans le Maine a-t-elle remporté le prix de l’artiste de l’année à l’édition 2007 des American Music Association, mais son disque « Children Running Through » fut l’album de l’année également. En 2011, elle remportait le prix Grammy du meilleur album traditionnel ou gospel. Plusieurs grandes artistes country comme Linda Rondstadt et Emmylou Harris et pop comme les Dixie Chicks, Joan Osborne et Kelly Clarkson ont interprété ses compositions. « Servant of Love » a été publié sur son propre label, Thirty Tigers Records.

PATTY GRIFFIN
Servant of Love
(Thirty Tigers, 2015)

-Genre: country folk
-Dans le même genre qu’Emmylou Harris, Katie Moore, Rosanne Cash

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Nicolas Pelletier

Mélomane invétéré et rédacteur agréé, Nicolas pratique la critique en mode olympique: il parle de tout, tout le temps, depuis 1991. Il a publié 6 000 critiques de disques et concerts dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur-en-chef de 2009 à 2014. Il publie “Les perles rares et grands crus de la musique” en 2013, et devient stratège numérique des radios de Bell Média en 2015, participant au lancement de la marque iHeartRadio au Canada en 2016.