L’année 2017 aura été remplie de bonne musique. Les choix ont été déchirants, mais quelques valeurs sûres ont su se démarquer et se faufiler jusqu’au sommet.

Sans plus attendre, voici les 10 albums qui sont, à mon humble avis, les meilleurs parus en 2017. J’ai cru bon aussi nommer 5 autres albums qui sont passés bien près de mon top 10.

J’ai fait une liste de lecture avec des chansons de ces 10 albums, en plus de pièces provenant des 5 autres albums.

Bonne écoute!

 

 

10- Mara Tremblay – « Cassiopée »

Le 7e disque de Mara Tremblay mise un peu moins sur des sonorités électro que ses derniers albums. Le son est un peu plus lourd, les guitares électriques, pesantes et intenses, créent souvent un mur de son. Mais au cœur de la démarche artistique de cette brillante auteure-compositrice-interprète, il y a cette profonde sensibilité et cette passion pour la vie et l’amour. Ses deux fils, Édouard et Victor, se joignent à elle sur cet album très bien joué, où on sent la liberté et le plaisir d’une artiste épanouie. Il n’y a aucune concession ici, alors que Mara vogue entre la douceur et l’intensité. C’est ainsi qu’on l’aime!

 

9- Dan Auerbach – « Waiting On A Song »

C’est sans aucun doute un album qu’on n’attendait pas cette année : franchement surprenant, mais ô convaincant! Membre des Black Keys, Auerbach sort un album qui rappelle la pop des années 60. Une pop de qualité, accrocheuse et bien ficelée. Auerbach est devenu un réalisateur de talent, et ça s’entend. L’album est bien réalisé, tout est bien balancé, il y a un bel équilibre sonore. En plus d’une pop rétro (et même quelques moments tirant sur le soul), l’album fait la part belle à un americana classique. D’ailleurs, la pochette de « Waiting On A Song » n’est pas sans rappeler celle de « John Wesley Harding », classique de Bob Dylan que plusieurs considèrent comme un des actes fondateurs de l’americana.

 

8- Laura Marling – « Semper Femina »

La grande prêtresse du renouveau folk anglais frappe fort encore une fois. Son 6e album est d’une grande beauté sur la forme comme sur le fond. Explorant différentes facettes de la féminité, la femme de 27 ans enchaîne des splendeurs poétiques avec des beautés musicales. C’est un album peut-être moins accessible et plus musicalement dépouillé que ses derniers, mais qui se dévoile peu à peu à qui prendra le temps de bien l’écouter. La voix de Laura Marling et ses arrangements bien dosés, tout en délicatesse, sont vraiment somptueux et ravissants.

 

7- Pierre Lapointe – « La science du coeur »

Le 7e album de Pierre Lapointe est empreint de la même sensibilité que ses œuvres précédentes. L’auteur-compositeur-interprète de 36 ans se pose en observateur de la nature humaine et des relations amoureuses. Ses analyses s’avèrent encore une fois judicieuses et merveilleusement bien formulées. L’enrobage musical est de grande qualité, riche en cordes et en délicats accords de piano. Sans être avant-gardiste, Pierre Lapointe sait se renouveler afin de ne pas tomber dans la facilité.

 

6- Foxygen – « Hang »

Les mauvais garçons de la mouvance indie-rock psychédélique ont fait paraître un excellent album en début d’année, question de nous faire oublier celui en demi-teinte paru il y a trois ans. On retrouve l’exubérance et la folie du duo, mais de manière plus contrôlée (le groupe est quand même accompagné d’un orchestre de 40 musiciens sur plusieurs chansons du disque!). L’album est un peu court, à 28 minutes, mais on retrouve quelques-unes des meilleures chansons du groupe. Foxygen offre un répertoire plus riche et varié que sur ses précédents albums, et ce, pour notre plus grand plaisir.

 

5- Alvvays – « Antisocialites »

Le groupe indie-pop torontois Alvvays est revenu avec un excellent 2e album, trois ans après leur premier. « Antisocialites » a la même énergie nerveuse et nous accroche de la même façon, mais on sent que le groupe a gagné en confiance et en maturité. La réalisation s’est aussi grandement améliorée, les guitares sont à l’avant-plan, partageant la vedette avec la voix aérienne et planante de Molly Rankin. Le groupe réussit par ailleurs à livrer autant des jolies ballades que des pièces franchement dansantes et entraînantes. C’est donc une belle évolution pour ce groupe qui est à suivre.

 

4- Philippe B – « La grande nuit vidéo »

Avec son 5e album, Philippe B consolide sa position au sein des meilleurs auteurs-compositeurs du Québec (sinon LE meilleur). L’ambiance nocturne et apaisante de sa musique est un peu plus marquée sur cet album que sur ses précédents. La voix de Laurence Lafond-Beaulne, du duo Milk & Bone, apporte une belle touche de féminité et de douceur. Les arrangements sont sobres, mais superbes, et s’agencent parfaitement avec les paroles. D’une redoutable efficacité, un passage comme celui-ci fait de Philippe B un grand parolier : « Mais quand t’as l’cœur tout étourdi / Comment faire pour décider / Entre rire ou pleurer? »

 

3- Thierry Bruyère – « Rêver plus fort »

Paru six ans après « Le sommeil en continu », le deuxième album complet de Thierry Bruyère montre une très belle progression. Navet Confit, à la réalisation, et Ghyslain-Luc Lavigne, au mixage, ont fait un travail impeccable : c’est le genre d’album qui doit être écouté avec de bons écouteurs, afin de saisir toutes les subtilités. Alors que « Le sommeil en continu » était surtout marqué par une urbanité contemplative, « Rêver plus fort » est empreint d’une certaine mélancolie. On retrouve tout de même le côté rêveur, engagé et indigné du jeune homme de 32 ans. La diversité des arrangements et des thèmes est aussi frappante, alternant entre d’irrésistibles chansons pop-rock à la Indochine et d’autres qui rappellent The Cure. L’influence de Navet Confit se fait par ailleurs sentir dans les guitares grunge qu’on entend à plusieurs reprises. Bref, c’est un excellent album de la part d’un artiste qui mérite d’être davantage connu!

 

2- Ariel Pink – « Dedicated To Bobby Jameson »

Cet album est tour à tour étrange, excentrique, envoûtant et accrocheur. Pink s’est fait connaître avec son projet Ariel Pink’s Haunted Graffiti, mais « Dedicated To Bobby Jameson » est le deuxième album paru à son nom (Bobby Jameson est un musicien de la scène rock-psyché californienne des années 60, qui a finalement disparu après des problèmes de santé mentale). Clairement influencé par Syd Barrett, Ariel Pink explore plusieurs styles musicaux sur cet album, un rock néo-psychédélique décomplexé étant la constante. Certaines pièces ont des influences glam-rock, d’autres sont plus funk, alors que certaines tirent plutôt vers une ensorcelante pop bonbon. « Dedicated To Bobby Jameson » est donc plutôt éclectique, mais on ne s’ennuie pas une seconde!

 

1- The War On Drugs – « A Deeper Understanding »

Paru le 25 août dernier, le quatrième album de la formation de Philadelphie est, à mon humble avis, le meilleur album paru en 2017. On connaissait déjà les talents d’auteur-compositeur-interprète d’Adam Granduciel, mais sur cet opus, il s’est surpassé. La qualité des chansons est phénoménale, quelque part entre Springsteen, Dylan, Petty et Neil Young. Ces grandes influences se rencontrent dans une musique forte aux arrangements créatifs et inspirés, sans compromis. Les années 80 sont bien présentes, avec un americana à saveur heartland rock. Voici un album grandiose, que je recommande à tous.

 

 

Ils ont raté de peu mon Top 10

 

Elbow – « Little Fictions »

Molly Burch – « Please Be Mine »

Father John Misty – « Pure Comedy »

Tire le Coyote – « Désherbage »

Fleet Foxes – « Crack-Up »

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Benoit Bergeron
Blogueur - RREVERB
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Curieux de nature, Benoit est un boulimique musical qui consomme de presque tous les genres. Du punk au classique, en passant par le folk, le psychédélique et le rockabilly, il sait apprécier les subtilités propres à chacun de ces courants musicaux. À travers des centaines d'heures d'écoute et de lecture de biographies, il tente de découvrir les motivations et les secrets derrière les plus grands albums et les œuvres grandioses des derniers siècles. Il parcourt aussi les salles de spectacle de Montréal, à la recherche de vibrations directes.