On vous parlait de leur album la semaine dernière. Et jeudi soir on allait les voir en spectacle. Des Ébauches présentait donc son premier album, « Le prisme des éclats », jeudi soir à La Vitrola. Les cinq gars du groupe ont visiblement eu beaucoup de plaisir à jouer dans l’intégralité – et dans l’ordre – leur tout nouvel album, sur lequel ils ont travaillé intensément pendant plus d’une année. Les chansons étaient rodées et jouées de manière convaincante.

Le spectacle nous a donc confirmé nos impressions à l’écoute de l’album : au propos réfléchi, les chansons sont bien construites et forment un tout cohérent. Qui plus est, l’interprétation a été solide tout au long de la soirée. Occupant le centre de la scène, le chanteur et guitariste solo Raphaël Hubert a une très bonne présence scénique. Son chant est assuré, senti et convaincant, entre autres sur les excellentes Dominique, Boire à moi et Chanson de glace. À quelques reprises cependant, notamment sur Les pieds sur terre, Rentrer dedans et Attenter, sa voix est poussée au maximum et montre ses limites, mais en général son débit et ses inflexions vocales sont impeccables.

Arno Bramann est à la guitare rythmique et a chanté deux pièces (il joue aussi de l’omnichord sur l’instrumentale Garnison). Il en a également interprété une troisième en rappel : avec une ligne de basse dansante, il sera intéressant de l’entendre en version studio sur le prochain album du groupe. Bramann a livré une excellente prestation sur Retour à la civilisation, mais il est moins convaincant avec S’élever. Le claviériste Maxime Guay (il a par ailleurs joué de la batterie et de la guitare) a été très bon, et on a pu entendre son envoûtant motif sur Retour à la civilisation. Constituée du batteur Gyslain Gaudet (guitare sur Garnison) et du bassiste Dominique Mathieu, la section rythmique a été constante et efficace. Gaudet est décidément le boute-en-train du groupe, y allant d’interventions destinées souvent à gagner du temps, et sûrement à détendre ses camarades pendant que ces derniers accordent leur instrument.

« Le prisme des éclats » s’est donc très bien transposé sur scène. Le son indie-rock aux influences grunge était très bien balancé. On entendait bien les paroles, et, durant les passages instrumentaux, chaque instrument avait sa place, avec les guitares quelque peu à l’avant. Ouverte en avril dernier, La Vitrola est une sympathique petite salle de spectacle sur St-Laurent, près de Mont-Royal, qu’on découvrait hier pour la première fois.

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Curieux de nature, Benoit est un boulimique musical qui consomme de presque tous les genres. Du punk au classique, en passant par le folk, le psychédélique et le rockabilly, il sait apprécier les subtilités propres à chacun de ces courants musicaux. À travers des centaines d'heures d'écoute et de lecture de biographies, il tente de découvrir les motivations et les secrets derrière les plus grands albums et les œuvres grandioses des derniers siècles. Il parcourt aussi les salles de spectacle de Montréal, à la recherche de vibrations directes.