Sans que je me le sois donné objectif, il en ressort que le Top 10 de mes albums de 2015 montre une grande diversité. Quatre Québécois (dont un pianiste classique), trois Américains, un Français avec un Malien, une Anglaise et un Canadien figurent sur cette liste, somme toute représentative de mon année en musique. Plusieurs genres musicaux s’y retrouvent, du classique à la musique malienne, en passant par la chanson, l’indie-rock et le soul. Ces artistes ont ceci en commun qu’ils ont offert de la musique de qualité, qui peut être appréciée par qui osera y tendre l’oreille. J’ai évidemment mes préférences, qui se reflètent dans cette liste. En espérant que celle-ci vous plaise, ou sinon suscite un débat!
J’ai finalement inclus cinq autres albums en fin de liste, qui ont passé tout près de se retrouver dans mon Top 10.

10-LEON BRIDGES – « Coming Home »
Sam Cooke, 1963, une voix pleine d’âme : le cocktail est parfait, assumé et fait avec goût et classe. Avec un peu plus de constance, « Coming Home » se serait retrouvé beaucoup plus haut dans ma liste, puisqu’il contient quelques perles, comme la chanson-titre, Better Man et The River.

 

9-CHARLES RICHARD-HAMELIN – « Chopin »
Le pianiste québécois a véritablement lancé sa carrière internationale en gagnant une médaille d’argent au prestigieux Concours international de piano Frédéric-Chopin de Varsovie (il a aussi remporté le prix Krystian-Zimerman pour la meilleure interprétation d’une sonate, avec celle qui se retrouve sur le disque). Peu avant de prendre l’avion, Richard-Hamelin avait laissé une superbe carte de visite. Ce disque tout Chopin donne une très bonne idée de l’étendue de son talent.

 

8-TOBIAS JESSO JR. – « Goon »
Tobias Jesso Jr. semble tout droit sorti d’une autre époque, celle des singer-songwriter du début des années 70. Sa musique évoque celle de Randy Newman, Elton John, Harry Nilsson et Emmitt Rhodes, mais reste tout de même originale. On retiendra de cet album sa vulnérabilité, son don mélodique et son côté attachant.

 

7-PIERRE FLYNN – « Sur la terre »
Ça faisait 14 ans que Pierre Flynn n’avait pas fait paraître de nouvel album, mais l’attente en valait la peine! « Sur la terre » est actuel, bien écrit et bien enregistré. Toujours en voix, Pierre Flynn livre un de ses bons albums en carrière, touchant, intelligent, qui porte une réflexion sur notre place dans le monde et notre rapport au temps qui passe.

 

6-PHILÉMON CIMON – « Les femmes comme des montagnes »
Avec Philémon Cimon, on aime ou on n’aime pas. Sa poésie naïve et sa voix haut perchée peuvent rebuter certains, mais je ne fais pas partie de ce groupe. Pour une deuxième année de suite, Philémon se retrouve dans mon Top 10 avec un autre très bon album, qui marque cette fois la fin d’un cycle créatif.

 

5-BALLAKÉ SISSOKO & VINCENT SEGAL – « Musique de nuit »
Ce disque prenant et viscéral a été enregistré en pleine nuit sur le toit de la maison de Ballaké Sissoko à Bamako, au Mali. Au loin, on y entend une ambulance, une chèvre, le bruit d’une ville au repos. On y entend surtout la complicité entre deux grands musiciens issus de cultures musicales différentes, mais qui se rencontrent sur ce disque.

 

4-LAURA MARLING – « Short Movie »
Voilà certes un album de transition, sinon de rupture, pour l’Anglaise de 25 ans. Elle délaisse ses instruments acoustiques pour un son plus rock et mordant. Sur « Short Movie », on retrouve l’aplomb de Marling, avec ses textes toujours intelligents et sa superbe voix. Plutôt vaste et moins accessible que ses autres albums, ce disque est tout de même une autre perle dans son répertoire.

 

3-JULIA HOLTER – « Have You In My Wilderness »
Ses trois premiers albums contenaient de bons moments, mais demeuraient trop expérimentaux pour être classés en musique « pop ». Son quatrième opus demande plusieurs écoutes afin d’être apprécié à sa juste valeur, mais on y découvre une pop avant-gardiste avec une bonne dose d’expérimentation, d’originalité et d’ingéniosité. Holter a fait le pari de l’accessibilité dans un cadre à la fois intimiste et grandiose, et elle le relève haut la main.

 

2-JEAN LELOUP – « À Paradis City »
Immense succès populaire, sur disque et sur scène, « À Paradis City » est également une franche réussite sur le plan artistique. Le huitième album de Jean Leloup est son meilleur depuis longtemps. Leloup chasse plusieurs de ses démons, mais y parvient souvent en nous faisant taper du pied. Il a aussi proposé plusieurs arrangements de cordes intéressants, sur des textes sombres mais sereins. Jean Leloup est vraiment de retour, plus en forme que jamais, avec ce grand album.

 

1-FATHER JOHN MISTY – « I Love You, Honeybear »
Josh Tillman, alias Father John Misty, a une forte personnalité, et son deuxième album est simplement le meilleur de 2015! Avec les histoires d’amour et de cynisme qu’il raconte, on est transportés dans un univers complexe et désabusé. La voix de Tillman et les orchestrations grandioses apportent une luminosité et une beauté à cet album. « I Love You, Honeybear » est presque parfait et on ne s’en lasse pas.

 

Ces cinq albums ont raté de très peu mon Top 10 :

Tire le coyote – « Panorama »

Mikal Cronin – « MCIII »

Django Django – « Born Under Saturn »

Jacco Gardner – « Hypnophobia »

Ólafur Arnalds et Alice Sara Ott – « The Chopin Project »

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Benoit Bergeron
Blogueur - RREVERB
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Curieux de nature, Benoit est un boulimique musical qui consomme de presque tous les genres. Du punk au classique, en passant par le folk, le psychédélique et le rockabilly, il sait apprécier les subtilités propres à chacun de ces courants musicaux. À travers des centaines d’heures d’écoute et de lecture de biographies, il tente de découvrir les motivations et les secrets derrière les plus grands albums et les œuvres grandioses des derniers siècles. Il parcourt aussi les salles de spectacle de Montréal, à la recherche de vibrations directes.