Le chef d’orchestre québécois Yannick Nézet-Séguin est aujourd’hui l’un des maestros les plus en demande dans le monde. Il est directeur musical de l’Orchestre Métropolitain, de l’Orchestre de Philadelphie (un des cinq plus importants aux États-Unis!) et du Philharmonique de Rotterdam, en plus d’être le principal chef invité du Philharmonique de Londres. C’est toutefois avec l’Orchestre de Chambre d’Europe qu’il est paru sur disque en avril dernier. Au programme: les quatre symphonies de Robert Schumann.

Né en 1810 dans un royaume qui deviendra l’Allemagne, Schumann a d’abord été un compositeur de pièces miniatures pour piano qui se voulaient des représentations subjectives d’œuvres littéraires. Il constituait en cela l’archétype même du compositeur romantique. Puis il s’est finalement tourné vers l’écriture symphonique en 1841, encouragé par sa femme, la pianiste virtuose Clara Wieck. Il a terminé ses deux premières symphonies cette année-là, mais il n’a pas publié la deuxième, peu satisfait du résultat. Il l’a finalement révisée en 1851, et elle est parue en portant le numéro quatre. Celle qui est aujourd’hui connue comme la deuxième symphonie a été composée en 1846, et la troisième l’a été en 1850. Il mourra en 1856, après deux années passées dans un asile.

Voilà qui nous mène à ce disque, enregistré en spectacle en novembre 2012 à la Cité de la musique de Paris. La prise de son est plus que satisfaisante, ce qui n’est pas toujours le cas avec les captations en concert. Nézet-Séguin dirige les musiciens de main de maître, faisant ressortir toutes les nuances et les changements d’ambiance entre les mouvements, et parfois même à l’intérieur de ceux-ci.

Comme très souvent avec Schumann, les mouvements lents sont d’une beauté introspective saisissante, voire émouvante, et semblent habités par l’âme tourmentée du compositeur. Ses symphonies ne sont toutefois pas dénuées de morceaux de bravoure, notamment avec les cuivres qui sonnent à pleine capacité (peut-être trop, diront certains) à plusieurs occasions. La quatrième symphonie est particulièrement réussie, avec son magnifique mouvement lent, Romance, qui enchaîne directement sur un Scherzo dynamique et une Finale héroïque.

En bout de ligne, ce sont les symphonies de Schumann, longtemps sous-estimées et diminuées, qui en ressortent gagnantes. Et l’auditeur aussi.

YNS Schumann

L’ORCHESTRE DE CHAMBRE D’EUROPE, DIRIGÉ PAR YANNICK NÉZET-SÉGUIN

Schumann: The Symphonies

(Deutsche Grammophon, 2014)

-Genre: classique, période romantique

-Dans le même genre que Mozart, Beethoven, Schubert

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NÉZET-SÉGUIN : Du Schumann de premier ordre
Originalité80%
Authenticité90%
Accessibilité80%
Direction artistique90%
Qualité musicale90%
86%Overall Score
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Benoit Bergeron
Blogueur - RREVERB
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Curieux de nature, Benoit est un boulimique musical qui consomme de presque tous les genres. Du punk au classique, en passant par le folk, le psychédélique et le rockabilly, il sait apprécier les subtilités propres à chacun de ces courants musicaux. À travers des centaines d'heures d'écoute et de lecture de biographies, il tente de découvrir les motivations et les secrets derrière les plus grands albums et les œuvres grandioses des derniers siècles. Il parcourt aussi les salles de spectacle de Montréal, à la recherche de vibrations directes.