Le concert du groupe créole de la Réunion, Ziskakan, mené par Gilbert Pounia, représente exactement ce que sont les Nuits d’Afrique pour moi: des soirées sympas, où on retrouve des amis, ceux et celles qui sont importants comme la famille, dans une ambiance décontractée, comme si on se retrouvait pour une fête chez l’un ou chez l’autre.

Près de moi, au Balattou, deux couples sont ravis de se retrouver et jasent ensemble de façon animée avant que le concert ne commence. Ils sont rejoints par un, puis par une, puis par deux autres dont une qui semble plus proche du premier…. Le groupe qui s’agglutine doucement ensemble accueille chaque arrivant avec un large sourire, s’embrasse, échangent quelques mots rapidement, car le concert est maintenant commencé. Les jolies robes côtoient les vêtements de tous les jours: tous se sont mis à l’aise selon leur propre définition du mot.

Tout ce beau monde danse doucement ou avec entrain selon le morceau (ou l’âge) et mine de rien, il y a une belle ambiance dans ce bon vieux Balattou (qui est probablement un mot créole qui veut dire “là où l’on passe du bon temps”, tellement j’y ai vu des artistes cool au fil des ans).

Et Ziskakan dans tout ça? Eh bien, ils étaient eux aussi en famille: Gilbert Pounia a présenté son fils Wazis Loy à la basse et sa fille Maya Kamaty aux chœurs (qu’on avait déjà vue en 2014 aux Francos en solo), ainsi que son complice de longue date Daniel Riesser aux guitares et son frère Frédéric à la batterie. Le charismatique leader du groupe est venu jaser avec tous ceux et celles qu’il croisait lors de l’entracte.

 

Tel un vieux routier habitué d’animer une soirée entre amis, Pounia expliquant quelques expressions en créole entre les chansons, blaguant avec l’une ou l’autre des habituées de ses spectacles (car ils/elles connaissaient les chansons par coeur), le tout sans prétention aucune, comme si on écoutait un copain chanter quelques morceaux lors d’un BBQ. Mais ne nous y trompons pas, Ziskakan roule sa bosse depuis 1979 et dispose d’un vaste répertoire, que je découvre en direct, grâce au Festival International Nuits d’Afrique.

Et, encore une fois, c’est ça qui est sympa aux Nuits d’Afrique. Cette sensation d’appartenir à une grande bande cool, de laquelle il se dégage que du positif, de la générosité. Les esprits sont ouverts, détendus, les mains se serrent, les jouent s’embrassent, les yeux sont souriants à travers la salle entière!

Le festival le plus cool de Montréal est commencé!

 

ZISKAKAN jouait au Balattou, le mercredi 12 juillet 2017 dans le cadre du Festival International Nuits d’Afrique.

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Nicolas Pelletier

Mélomane invétéré et rédacteur agréé, Nicolas pratique la critique en mode olympique: il parle de tout, tout le temps, depuis 1991. Il a publié 6 000 critiques de disques et concerts dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur-en-chef de 2009 à 2014. Il publie “Les perles rares et grands crus de la musique” en 2013, et devient stratège numérique des radios de Bell Média en 2015, participant au lancement de la marque iHeartRadio au Canada en 2016.