Arcade-Fire-2013

J’avoue en partant que je n’ai jamais été un fan fini d’Arcade Fire: j’ai apprécié leurs précédents albums, je les ai vus en concert (extérieur à Pop Montréal en 2011), je respecte leur succès, mais n’ai jamais écouté « The Suburbs » ni « Neon Bible » en boucle. Je suis bien sûr très fier qu’ils soient les têtes d’affiche du « Montreal Buzz » mondial qui profite aux Patrick Watson, We Are Wolves, Plants & Animals, Leif Vollebekk depuis quelques années. Si la métropole québécoise peut se mettre sur la mappe sur la planète entière, c’est bien plus grâce à ces musiciens d’exception que par quoi que ce soit d’autre. Être cool, ça n’a pas de prix et aucun plan de marketing ni de tourisme ne peut l’inventer.

Je m’éloigne du sujet… Revenons-en à ce nouvel album d’Arcade Fire, ce « Reflektor ». Il serait tentant de lui lancer ses superlatifs simplement pour avoir l’air cool, mais j’avoue que c’est vraiment un excellent album. C’est sans doute l’opus de la bande à Wim Butler et Régine Chassagne qui va vraiment me rendre fan invétéré du groupe. Et, oh joie, ce disque est d’une durée de 75 minutes – un double!

« Reflektor » comporte plusieurs excellents morceaux qui font taper du pied et pas seulement au refrain. We Exist est un morceau aussi puissant que dansant. Plusieurs titres rappellent le David Bowie des années 76-80, de l’époque « Scary Monsters ». Le Thin White Duke participe d’ailleurs aux chœurs sur l’album! Des chansons très typées (le reggae futuriste de Flashbulb Eyes), assez complexes lorsqu’on se met à les écouter attentivement, mais qui ne perdent jamais un moment de pertinence.

http://www.youtube.com/watch?v=3SrK3tDSs5A

Plusieurs chansons sont aussi assez longues pour qu’on puisse y plonger, se familiariser avec un groove unique, les apprécier à leur pleine mesure. Ma première impression était qu’Arcade Fire avait pondu un album « mou » et relax, comparativement à la densité sonore à laquelle ils nous avaient habitués (à la Ready to Start, pièce emblématique dans leurs concerts, ou Rebellion (Lies)). Lorsqu’on écoute Here Comes The Night Time, on se demande s’ils ont succombé au confort, étant donné leur célébrité et succès mondial. Mais non, les mélodies, le piano, le clavier new wave lointain, le groove vaguement reggae, jusqu’à la grande montée antillaise en finale, tout cela est génial et parfaitement dosé.

Le genre d’album qu’on aime à la première écoute pour des raisons différentes de celles de la dixième écoute… Et par le temps qu’on en est là, on est complètement dépendants, anticipant plusieurs passages hallucinants.

Les revoici en 2005, avec Bowie.

Arcade Fire existe depuis 2000 et regroupe sept musiciens permanents autour desquels gravitent plusieurs amis et anciens membres du groupe. « Reflektor » est le 4e album du groupe. Leur tout premier, « Funeral », avait attiré l’attention de David Bowie qui en avait parlé en bons mots, propulsant une grande vague d’intérêt envers les Montréalais, en 2004. « Funeral » et « The Suburbs » (2010) ont été élus meilleur album de leur année respective par Acclaimed Music. Le plus récent a été classé #1 dans plusieurs pays à travers le monde et remporté le Grammy Award de l’album de l’année devant plusieurs grandes vedettes pop américaines – à la surprise générale!

 

Arcade-Fire-Reflektor

Artiste: Arcade Fire
Album: Reflektor
Étiquette: Merge

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Mélomane invétéré plongeant dans tous les genres et époques, Nicolas Pelletier a publié 6 000 critiques de disques et concerts depuis 1991, dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur en chef de 2009 à 2014. Il publie "Les perles rares et grands crus de la musique" en 2013, lance le site RREVERB en 2014, et devient stratège numérique des radios de Bell Média en 2015, participant au lancement de la marque iHeartRadio au Canada en 2016. Il dirige maintenant la stratégie numérique d'ICI Musique, la radio musicale de Radio-Canada.