Les soul men ont toujours la cote. L’authenticité est toujours payante. Dans les dernières années, des chanteurs comme Lee Fields, des chanteuses comme Mavis Staples, dans la force de l’âge, ont connu des regains de carrière grâce à des performances remarquées et de solides albums. Staples a pu bénéficier d’un coup de pouce de Jeff Tweedy (de Wilco) qui a réalisé ses deux derniers opus, tellement il croyait en sa résurrection artistique. Et ça a marché!

Des plus jeunes ont aussi épousé la carte du soul: Michael Kiwanuka, Leon Bridges, Curtis Harding, kelis et même Adele et Rihanna (sur certains titres de son nouvel album) font tous du soul, à merveille.

Charles Bradley est le plus récent de la liste des souls men ressuscités. L’homme qui a 67 ans aujourd’hui est né à Gainsville en Floride, mais a vite déménagé à Brooklyn avec sa grand-mère lorsqu’il était bébé, sa mère l’ayant abandonné. Bradley a commencé à chanter en 1965, après que sa sœur l’ait amené voir un concert de James Brown, trois ans plus tôt, au fameux Apollo Theatre. Il n’en fallait pas plus pour que le jeune ado n’imite son idole.

 

Il ne l’a pas eue facile, ce Charles Bradley. Il a vécu dans une très grande pauvreté, a été itinérant, a occupé plusieurs petits boulots, dont chef dans le Maine où il a commencé à chanter en public. Il s’installe en Californie après des passages à New York, Seattle, au Canada et en Alaska et s’exécute dans des petites salles pendant 20 ans. Il prendra le nom « Black Velvet » et imitera James Brown sur scène. Son premier album paraîtra enfin en 2011, « No Time For Dreaming ». Il a déjà 62 ans.

C’est ce documentaire sur sa vie, réalisé par Poull Brien et présenté à SXSW en 2012 qui fait de lui un personnage attachant, étant donné son parcours difficile.

 

C’est une reprise inspirée de Black Sabbath (oui, vous avez bien lu), qui a donné le titre de son 3e album en carrière, et qui l’a remis sur la carte. Bradley est un vrai et « Changes » n’est pas une version moderne ni édulcorée du soul qu’il faisait il y a depuis des années, it’s the same thing! Les cuivres, la voix éraillée, l’énergie dans la livraison de chacune de ses chansons… Tout y est!

Ne vous attendez pas à aucune originalité sur aucune des onze chansons sur « Changes », il n’y en a pas. Mais ce n’est pas grave du tout: Charles Bradley joue la carte du soul d’origine sur Good to be Back Home (à la James Brown), comme sur Crazy For Your Love. C’est presque cliché, mais ce n’est jamais quétaine. C’est juste la bonne vieille recette du soul reprise par un maître du genre.

Un must si vous aimez le genre!

CHARLES BRADLEY
Changes
(Daptone Records, 2016)

-Genre: soul
-Dans le même esprit que Lee Fields, James Brown, Ray Charles, Mavis Staples

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Nicolas Pelletier

Mélomane invétéré et rédacteur agréé, Nicolas pratique la critique en mode olympique: il parle de tout, tout le temps, depuis 1991. Il a publié 6 000 critiques de disques et concerts dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur-en-chef de 2009 à 2014. Il publie “Les perles rares et grands crus de la musique” en 2013, et devient stratège numérique des radios de Bell Média en 2015, participant au lancement de la marque iHeartRadio au Canada en 2016.