Le duo californien Foxygen avait l’audace de présenter les pièces de son nouvel album en spectacle avant la sortie officielle du disque. « …And Star Power » sera en magasin demain, mais le duo composé de Jonathan Rado et de Sam France a joué ce matériel inédit dimanche, lors de son passage dans un National plutôt dégarni (le balcon était fermé afin de condenser la foule au parterre). Les nouvelles chansons se sont malheureusement fait voler la vedette par les frasques et le comportement erratique du chanteur Sam France.

Habillé d’un pantalon de cuir moulant et d’un simple veston qui laissait entrevoir son torse dénudé, France est arrivé sur scène quelques secondes après que les cinq musiciens et les trois choristes aient entamé le premier extrait du nouveau disque, la très bonne How Can You Really. Dès cet instant, il s’est mis à sauter frénétiquement dans tous les sens. Son charisme sautait aux yeux et il était clairement le centre d’attention du spectacle, au détriment souvent de la musique. Il faisait des pirouettes, grimpait sur les équipements de scène et courait dans tous les sens, indistinctement de la musique qui était jouée. Bref, il était complètement défoncé.

foxygen national 3

Photo par Laurence Blais

Mascara autour des yeux et look androgyne, il avait l’air d’un croisement entre Iggy Pop, Jim Morrison et le Mick Jagger des années 70! Quand il a enlevé son veston pour montrer son corps décharné, on aurait vraiment cru voir un jeune Iggy Pop. Peu après, en plein milieu d’une chanson, lorsque le micro que France utilisait a cessé de fonctionner, il a disjoncté et s’est mis à faire des doigts d’honneur au technicien de son, avant de lancer son micro par terre dans une rage qui semblait hors de contrôle. Il a finalement pris un autre micro et après la chanson il a supplié «Please turn the f*cking mic on ». La scène était quelque peu pathétique.

On l’oublie presque, mais il y a aussi eu de la musique, pendant 65 courtes minutes et 11 chansons. Shuggie et On Blue Mountain sont toujours très bonnes et ont été bien rendues. No Destruction, au rappel, a été intense. Le son était cependant souvent trop fort et mal balancé. Il a donc été difficile de se faire une idée précise des nouvelles pièces. Sam France avait aussi beaucoup de difficulté à projeter sa voix. Il manquait de puissance et de nuance et était très souvent enterré lorsque tout le groupe jouait. C’est finalement dommage que la bonne prestation des musiciens ait été gâchée par le comportement peu professionnel de Sam France. Heureusement, le groupe est meilleur sur disque que sur scène. On vous parle d’ailleurs du nouvel album dans quelques jours.

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Benoit Bergeron
Blogueur - RREVERB
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Curieux de nature, Benoit est un boulimique musical qui consomme de presque tous les genres. Du punk au classique, en passant par le folk, le psychédélique et le rockabilly, il sait apprécier les subtilités propres à chacun de ces courants musicaux. À travers des centaines d'heures d'écoute et de lecture de biographies, il tente de découvrir les motivations et les secrets derrière les plus grands albums et les œuvres grandioses des derniers siècles. Il parcourt aussi les salles de spectacle de Montréal, à la recherche de vibrations directes.