Chaque nouvel album d’Harry Manx est comme une nouvelle rencontre avec un vieil ami. Il y a une constance dans le personnage, mais il apporte toujours quelque chose d’intéressant et on passe des moments de pur plaisir ensemble.

“Faith Lift” n’a rien d’étonnant venant du guitariste sexagénaire: on retrouve sa voix douce et graveleuse, son habile jeu de guitare et ses morceaux bien choisis à travers le vaste répertoire du blues traditionnel ou populaire. Il nous sert Working on the Railroad, en faisant écho aux efforts quotidiens des travailleurs, et, en fin de disque, Crazy Love, le classique de Van Morrison qu’il fait depuis des lunes en concert, mais n’avait jamais enregistré dans sa version “classique”. Seule une version aux couleurs indiennes existait (sur « Wise and Otherwise » paru en 2002).

Sur “Faith Lift”, on retrouve ce sympathique musicien dans son élément naturel, avec la guitare acoustique 6-cordes bien en avant-plan. Beaucoup moins d’expérimentation ou de saveurs exotiques, comparativement à “20 Strings and The Truth” qui mettait en valeur son étrange et unique guitare/sitar ou “Bread and Buddah” qui transposait son blues en musique indienne (quoiqu’il en reste des traces sur Point of Purchase).

Seuls des arrangements très classiques de cordes (par le Sydney Opera String Quartet) viennent s’ajouter à la guitare et la voix de Manx, ce qui ajoute beaucoup d’élégance à sa musique (Coat of Mail). Une rare, mais efficace harmonica ajoute une belle touche sur le classique Baby Please Don’t Go, originalement de Big Joe Williams, que tous ont interprétée, de Muddy Waters à AC/DC en passant par Big Bill Broonzy, John Lee Hooker, Ludwig von 88, Aerosmith, Bob Dylan, Tom Petty ou B. B. King.

L’homme né à l’Isle de Mann qui a grandi en Colombie-Britannique ne “pleure” pas son blues. Il le livre avec douceur et sérénité. Pas de grands débordements émotifs pour Manx. Il a l’émotion sobre.

manx with esca

Harry Manx jouera au Festival International de Jazz de Montréal le 7 juillet prochain avec le Quatuor Esca au Monument-National. Vous trouverez des billets ici.

Une excellente soirée garantie, autant sur le plan musical qu’humain.

harry manx faith lift

HARRY MANX
Faith Lift
(Dog My Cat Records, 2017)

-Genre: blues acoustique
-Dans le même style qu’Eric Clapton (acoustique), Colin James, Ben Harper

Écoute et achat sur la page Google Play de l’artiste
Lien vers la page Facebook de l’artiste
Lien vers la chaîne YouTube de l’artiste

Réagissez à cet article / Comment this article

commentaires / comments

About The Author

Nicolas Pelletier
Fondateur et rédacteur en chef
Google+

Mélomane invétéré et rédacteur agréé, Nicolas pratique la critique en mode olympique: il parle de tout, tout le temps, depuis 1991. Il a publié 4 500 critiques de disques et concerts dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur en chef de 2009 à 2014. Nicolas a publié "Les perles rares et les grands crus de la musique" en janvier 2013, un ouvrage de 1250 pages en deux tomes.