On entend plus parler d’Israël dans l’actualité pour son interminable combat contre la Palestine. On en oublie qu’il y a là-bas des artistes et des pacifistes. Il y a un an, on découvrait le chanteur folk pop Idan Raichel, beau gosse aux longs dreads qui fait penser autant à Jack Johnson qu’à Rachid Taha, dans le magnifique duo avec le guitariste malien Vieux Farka Touré.

Leur album ensemble, lancé en 2012 sous le nom « The Touré-Raichel Collective », était tout simplement magnifique. Musicalement, parce qu’il unissait deux univers musicaux bien distincts, mais qui se rejoignaient dans la beauté, la douceur et l’élégance. Humainement, c’était également une belle réussite puisque juif et musulman collaboraient en toute harmonie. Loin de tomber dans la guimauve d’une autre époque à la Ebony and Ivory chantant l’harmonie parfaite entre Noirs et Blancs, les deux musiciens avaient pondu un très bel album, en combinant leurs bagages musicaux.

Revoici Idan Raichel avec un nouvel album rempli d’invités — lui qui est une grande star en Israël — avec ce 6e album en carrière. Un recueil de seize chansons dans lequel on retrouve avec plaisir toute la douceur « jack-johnsonesque » qu’on avait décelée il y a deux ans. L’album débute d’ailleurs avec une très douce chanson folk, Evening Falls, plus proche de Caetano Veloso et de Damien Rice au niveau du ton, rythmes latins en moins.

Au fur et à mesure que le disque se déploie, on rencontre un homme un peu triste (Closer Now), à la voix magnifique, accompagné par quelques chanteuses Ana Moura (du Portugal), Martha Gomez (de Colombie) et Mira Awad (de Palestine) qui amènent une jolie touche féminine, dans le même esprit que le duo Damien Rice / Lisa Hannigan (Rappelez-vous de la superbe chanson 9 Crimes). Celle qui chante sur Only Him a une voix dans les mêmes cordes que celles d’Axelle Red et de Romane Serda.

Pas tant de traces culturelles sur cet opus, pas tant de klezmer, hormis quelques accents de mandolines sur God Knows, et des mélodies arabisantes (!) sur I Am What I Am, qui me rappellent presque plus les Touargs de Tinariwen qu’autre chose. Ironique comme les musiques traditionnelles se rejoignent parfois dans plusieurs racines à travers le monde… Serions-nous tous frères?

Bref, on a ici un album plus pop que trad ou world, qui nous fait découvrir un pan musical qu’on ne connait que pas assez.

THE IDAN RACHEL PROJECT

THE IDAN RACHEL PROJECT
Quarter to Six
(Helicon Records / Cumbancha, 2013)

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Nicolas Pelletier

Mélomane invétéré et rédacteur agréé, Nicolas pratique la critique en mode olympique: il parle de tout, tout le temps, depuis 1991. Il a publié 6 000 critiques de disques et concerts dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur-en-chef de 2009 à 2014. Il publie “Les perles rares et grands crus de la musique” en 2013, et devient stratège numérique des radios de Bell Média en 2015, participant au lancement de la marque iHeartRadio au Canada en 2016.