La musique de l’Islandais Jóhann Jóhansson (rien à voir avec JJ) est imposante. Presque plus proche du classique que de n’importe quel autre genre, il utilise l’orgue de façon majestueuse (They Being Dead Yet Speaketh) en plus de différents instruments à vent comme les trompettes et la caisse claire.

Le résultat est saisissant ! Cette musique instrumentale est hors du temps, inclassable et enivrante. Par moments, on a l’impression que Jóhansson se dirige vers l’ambiant, mais à d’autres, qu’il va nous interpréter un Choral de Bach à l’orgue ! Chaque note est soigneusement choisie et l’orchestration est subtile et juste, amenant un côté à la fois sombre et insaisissable tout en demeurant extrêmement académique et… classique (An Injury to One is a Concern to All). Vous aurez remarqué que les titres ajoutent au mystère… De longs morceaux de 10 à 14 minutes transportent l’auditeur graduellement dans différents univers, du calme océanique aux gouffres inquiétants. Même si Jóhansson utilise parfois des claviers pour peindre la toile de fond, jamais il ne tombe dans la musak, la musique d’ambiance ni l’electro.

 

Beaucoup plus proche de la musique classique ambiante que de quoi que ce soit de rock, Jóhansson juxtapose judicieusement airs de trompettes répétant un motif hanté aux ondes de fond, subtilement stridentes, comme le faisait Bernard Parmegiani il y a 30 ans sur « De Natura Sonora » (Freedom From Want and Fear). Sur There is No Safe Side but a Side of Truth, le ton est carrément classique, axé sur de belles envolées étincelantes de cuivres. Une discrète caisse claire vient à peine insister à certains moments du morceau. Un titre magnifique et majestueux qui se prend à plein volume au petit matin, lorsque frappé par les premiers rayons de soleil. Jóhansson a une belle plume instrumentale, tant avec les cuivres qu’à l’orgue traditionnel (Industrial and Provident, We All Assist…) et la capacité rare de créer de l’élégance et du mysticisme tout en économisant le nombre de notes jouées. Un très bel album. Une musique puissante dans sa simplicité.

En plus d’être musicien, Jóhansson est l’un des cofondateurs du collectif artistique Kitchen Motors à Reykjavík. Cette organisation a pour but de provoquer des rencontres entre différents artistes, issus de différentes disciplines, et les promouvoir. On y mélange expositions, concerts, performances musicales, orchestres de chambre, films, livres et émissions de radio dans le but de créer de nouvelles formes d’art.

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JÓHANN JÓHANSSON
The Miners’ Hymn
(Fat Cat, 2011)

-Genre: Ambiant atmosphérique classique
-Dans le même esprit que Parmegiani, Sigur Ros, Stars of the Lid

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Cet article est initialement par sur emoragei magazine

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Nicolas Pelletier
Fondateur et rédacteur en chef
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Mélomane invétéré et rédacteur agréé, Nicolas pratique la critique en mode olympique: il parle de tout, tout le temps, depuis 1991. Il a publié 4 500 critiques de disques et concerts dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur en chef de 2009 à 2014. Nicolas a publié "Les perles rares et les grands crus de la musique" en janvier 2013, un ouvrage de 1250 pages en deux tomes.