C’est un habile mélange de rock, de reggae et de musique africaine que nous sert le groupe congolais Jupiter & Okwess. Dès les premières notes de Hello, pièce d’ouverture de leur deuxième album, les grosses voix des chanteurs s’élancent sur une lourde basse fuzz. C’est à la fois moderne et authentique! Jupiter Bokondji, le leader de la bande, appelle ça du “Bofenia Rock”.

Puis, sur Musonsu, les guitares redeviennent “africaines” et lancent ces motifs en boucles alors que l’énergie globale est plus festive et le rythme, plus entraînant! Plus loin, Bonanga est un puissant morceau (avec quelques phrases en français!) qui fera danser le plus timide tellement le rythme est contagieux, presque furieux! Les choses se calment sur Pondjo, plus proche des chansons épiques de Youssou N’Dour. Un violon s’invite, élément très rare dans le Continent Noir.

 

Jupiter & Okwess reprennent vite le collier avec Emikele, un autre morceau entraînant et original par ses arrangements. Nzele comporte de bons éléments de funk, combinés à des sons particuliers émanant des claviers.

Un album solide et riche, d’un bout à l’autre, qui fascinera les adeptes de musique world comme tous ceux qui s’intéressent aux fusions culturelles.

 

Jupiter Bonkondji est un musicien congolais dans la jeune cinquantaine fort connu dans son coin de planète. Son père diplomate lui fait voir du pays et la famille passe un certain temps en Allemagne. De retour dans son Congo natal dans les années 80, il sillonne le pays en puisant ses influences dans les diverses variations de musiques congolaises. Il lance le groupe Bongofolk en 1984, puis Okwess International en 1990. Il tourne en Afrique mais la guerre civile qui frappe le Congo disperse ses musiciens et ralentit ses activités. Bonkondji demeure à Kinshasa durant le conflit. Ses textes seront empreints de critiques du gouvernement et de mots d’encouragements à ses concitoyens.

C’est en 2006 qu’il devient davantage connu en Occident. Les cinéastes français Renaud Barret et Florent de la Tullaye en font le sujet de leur film “Jupiter’s Dance”, ce qui le propulse sur la scène internationale. Sa participation à la tournée African Express en 2012 lui fait croiser la route de Damon Albarn (Blur, Gorillaz). Le groupe jouera aux festivals UK Womad et Glastonbury.

Un artiste à découvrir!

jupiter and okwess

JUPITER & OKWESS
Kin Sonic
(Glitterbeat Records, 2017)

-Genre: world reggae rock
-Dans le même genre que Tiken Jah Fakoly (en moins reggae), Youssou N’Dour

Achat sur la page BandCamp du groupe (CD seulement et limité à certains pays)
Lien vers la page Facebook du groupe
Lien vers la chaîne YouTube du groupe

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Nicolas Pelletier

Mélomane invétéré et rédacteur agréé, Nicolas pratique la critique en mode olympique: il parle de tout, tout le temps, depuis 1991. Il a publié 6 000 critiques de disques et concerts dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur-en-chef de 2009 à 2014. Il publie “Les perles rares et grands crus de la musique” en 2013, et devient stratège numérique des radios de Bell Média en 2015, participant au lancement de la marque iHeartRadio au Canada en 2016.