Le groupe reggae de Queens, NY, The Frightnrs était voué à une belle carrière dans l’univers reggae, avec un premier album paru en 2016 sur étiquette Deftone. Mais la vie en décida autrement.

Leur tout premier disque “Nothing More to Say” parait en septembre 2016, trois mois après le décès de leur chanteur Dan Klein, foudroyé par la maladie de Lou Gerig, la sclérose latérale amyotrophique (SLA). Diagnostiqué en novembre 2015, Klein se savait condamné lors de l’enregistrement de l’album, alourdissant l’ambiance. Les musiciens savaient que ce serait le seul disque des Frghtnrs. Soucieux de sonner le plus près possible des musiciens jamaïcains des années 70 sans pour autant plagier qui que ce soit, les Fightnrs avaient embauché Victor Axelrod comme réalisateur. Autour de Klein, on entend Rich Terrana (batterie) et les frères Preet et Chuck Patel (á la basse et aux claviers, respectivement).

frightnrs dan klein

 

Pour continuer á célébrer la musique reggae dancehall de ces quatre Américains dévoués, le 20 octobre dernier, Daftone Records lançait une version dub des pièces de l’album, question de savourer une nouvelle fois l’art et le savoir-faire de ces musiciens.

Des morceaux dub sont toujours des versions étendues, étirées et truffées d’écho des pièces originales. C’est le principe même du dub. Le reggae étant un style musical basé sur un groove répété de multiples fois, on ne s’attendait pas à un disque extrêmement original avec “More to Say Versions”. Mais pour les fans de reggae et particulièrement ceux des Frightnrs, la parution de versions dub est une façon d’étirer le plaisir.

 

Certains morceaux, comme Dispute, sont vraiment devenus des explorations presque psychédéliques tellement la musique devient spatiale en dub. D’autres, comme All My Tears demeurent assez “ramassées” pour demeurer intéressantes sous leur nouvelle forme. Nothing More to Say permet d’apprécier encore davantage les phrasés de guitare électrique puisque davantage mis de l’avant.

Le tour de force des Frightnrs est également d’avoir fait créer de la musique épousant parfaitement le style reggae roots, puis dub, avec ces deux disques, respectant et honorant des décennies de traditions musicales jamaïcaines. On dirait que ces albums ont été réalisés en 1977, à la glorieuse époque de Kingston. Les Fightnrs avaient aussi fait paraitre trois EP depuis leur formation en 2012.

Et pour cela, ces musiciens du quartier Queens à New York méritent l’attention des fans de reggae d’à travers le monde. On souhaite une bonne continuation aux membres survivants du groupe.

frightnrs

THE FRIGHTNRS
More to Say Versions
(Daftone Records, 2017)

-Genre: reggae dub

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Nicolas Pelletier

Mélomane invétéré et rédacteur agréé, Nicolas pratique la critique en mode olympique: il parle de tout, tout le temps, depuis 1991. Il a publié 6 000 critiques de disques et concerts dont 1100 chez emoragei magazine et 600 sur enMusique.ca, dont il a également été le rédacteur-en-chef de 2009 à 2014. Il publie “Les perles rares et grands crus de la musique” en 2013, et devient stratège numérique des radios de Bell Média en 2015, participant au lancement de la marque iHeartRadio au Canada en 2016.