Quel exercice ingrat et périlleux. Vraiment. J’aurai tenté d’être sincère.

10 – Fontarabie

Fontarabie, projet solo ultra-ambitieux de Julien Mineau, se situe quelque part entre la musique de film et l’indie-rock plus commun au chanteur de Malajube. C’est orchestral, instrumental, se situant entre classique et rock. C’est étrange, un peu atmosphérique et franchement réussi. On souhaite plus de Julien Mineau dans l’univers musical québécois.

9 – Damon Albarn – Everyday Robots

Damon Albarn l’admet lui-même: sa voix est limitée et il ne se considère pas réellement comme un chanteur. Pourquoi ne pas composer des pièces qui la mettent en valeur, alors? C’est exactement ce qu’il a fait avec “Everyday Robots”. Un album électro pop gospel, avec une touche de sensibilité et de vulnérabilité venant du premier album solo de ce frontman de Blur et de Gorillaz.

Top chansons: la catchy Mr Tembo, la superbe Photographs (You Are Taking Now)

8 – Alden Penner – Exegesis

Cet ex-Unicorns et ex-Clues à la voix angélique et aux mélodies supra-accrocheuses a lancé un album en février dernier, “Exegeris”. Minimalistes et intimes, les chansons de Penner sont drôles et vraiment représentatives du personnage absurde vu sur scène au début de sa carrière. Lisez ma critique de son spectacle à Pop Montréal.

En prime, Penner lance un mini-album de trois chansons le 16 décembre, “June 04”.

7 – Beck – Morning Phase

Sorti en février, “Morning Phase” était l’album parfait pour nous faire rêver au printemps. Lumineux, doux, mélodique: le meilleur de Beck dans un mélange de folk, de rock de mandoline, de montées qui nous donnent le goût de nous lever le matin.

Pis les chansons Blue Moon et Waking Light sont simplement de pures merveilles.

6 – Moonface – City Wrecker

Spencer Krug, alias Moonface, est sûrement l’auteur-compositeur interprète qui me touche le plus. J’aime tout ce qu’il fait, et son mini-album “City Wrecker” de cinq chansons (d’environ 10 minutes chaque), sorti cette année, n’avait pas le choix de faire partie de mon palmarès.

C’est probablement l’album le plus doux de mon top (ça en prend, quand même), bien qu’il soit sûrement le plus rude à écouter. Ça met pas de bonne humeur, mettons. Mais c’est beau, beau, bien que froid et un peu triste.

Et c’est rendu à la fin de cet album lors de la sublime Daughter Of A Dove, le coeur un peu gros, après une magnifique montée de solo piano, qu’on finit par déceler une note d’espoir et une parcelle de lumière avec la toute-toute dernière note de “City Wrecker”. Et on comprend que le futur sera bon.

5 – Caribou – Our Love

“Danse, man. Fais juste danser.” est une phrase qui s’applique assez bien à l’album haut en couleur et en rythme “Our Love”, d’un des compositeurs électro les plus brillants des dernières années.

Lisez ma critique complète de l’album ici.

4 – Death From Above 1979 – The Physical World

J’ai mis de côté cet album environ une semaine après sa parution. J’avais pas accroché. Puis, deux semaines avant le spectacle au Métropolis, je l’ai remis sur ma table tournante et c’est là que la magie a opéré, enfin.

La quantité de chansons accrocheuses sur ce disque-là est hallucinante. La finale de Right On, Frankenstein! me donne envie de faire un mosh-pit dans mon salon. La voix puissante de Sebastien Grainger sur Virgins et White is Red donne des envies de crier avec lui. Trainwreck 1979 est le résultat parfait entre le bon vieux DFA1979 et MSTRKRFT. Et que dire de la finale de l’album avec la pièce titre, full métal, qui nous rappelle qu’on s’était tellement ennuyé de ce duo ô fucking particulièrement bon.

I keep searchin’ and searchin’…” Nope. Je ne cherche plus, j’ai trouvé. Merci DFA.

3 – Solids – Blame Confusion

Ce duo de Châteauguay vu par hasard au TRH-bar est probablement ma surprise de l’année. Qui sont-ils? De qu’est-cé que c’est bon de même? Une recherche rapide sur Google m’indique qu’il n’existe pas grand information au sujet de ces deux gars-là, à part qu’ils semblent avoir passé leur année à donner des shows un peu partout en Amérique du Nord.

“Blame Confusion” c’est comme un gros tas de rock pur tellement bien ficellé qu’il pourrait même plaire à ta grand-mère. C’est de la grosse ouate pour les oreilles, un baume pour le coeur pis un motivateur à headbang. Y a de la distorsion pis de la mélodie en même temps, ça a tout pour plaire à la Nadine Mathurin toujours en manque de rock sale.

2 – Julian Casablancas + The Voidz – Tyranny

J’aime quand ça rock. Julian m’a donnée l’album dont j’avais besoin pour affronter ce début d’hiver beaucoup trop précoce. Ça gueule, ça tape, ça défonce des tympans, pis en plus, c’est catchy. C’est le meilleur du punk-rock qui rencontre le meilleur de Casablancas. Ce gars a du talent pour écrire de bonnes chansons, qu’elles soient pop ou hard-rock, et c’est un plaisir même pas coupable d’écouter ça fort un dimanche matin à en réveiller ses voisins.

Lisez ma critique du spectacle de Julian Casablancas + The Voidz ici.

1 – Ought – More Than Any Other Day

Ce band a peut-être le pire nom de band au monde, et pourtant, il se classe haut la main au top de mon palmarès de l’année. Jeunes, conscients, engagés, les membres de Ought font du rock complexe et intelligent. “More Than Any Other Day” est plus ou moins né du Printemps Érable et ça paraît dans le ton et dans l’énergie revendicatrice.

L’intensité des performances du chanteur et guitariste Tim Beeler est presque troublante. En spectacle, c’est impossible de regarder ailleurs. Je me souviendrai longtemps de son interprétation de la finale de Gemini, alors qu’il s’époumone à crier “WANTED!” pendant plusieurs secondes (si ça ne se compte pas en minutes, défonçant largement la vraie durée de la chanson).

Ils viennent tout juste de sortir un EP, tout aussi bon, “Once More With Feelings”.

Je vous laisse sur leur Concert pour Emporter de la gang de la Blogothèque, parce que c’est ça, Ought.

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Nadine Mathurin
Blogueuse - RREVERB
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Depuis qu’elle a vécu son premier mosh-pit au Edgefest 97 à l’âge de 14 ans, Nadine n’a jamais cessé d’agrandir et d’approfondir sa culture musicale. Fervente passionnée d’indie rock, elle parcourt souvent plusieurs centaines de kilomètres pour voir LE band en spectacle.

Bien qu’elle soit toujours à la recherche des dernières nouveautés musicales, il ne lui est pas rare de remettre un bon vieux classique sur sa table tournante le dimanche après-midi. C’est peut-être pourquoi, ironiquement ou sérieusement, Nadine porte fièrement un coat Sgt. Pepper sur sa photo de bio.